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LOSC Féminines : Agathe Ollivier se livre à certaines confidences lors d’une interview exclusive

Raphael Marcant

Publié

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Crédit Photo : LOSC Médias

Alors que les féminines du LOSC s’illustrent cette saison, nous sommes partis à la rencontre d’Agathe Ollivier qui s’est exprimée sur de nombreux sujets…

Passée par l’Evron FC, l’EA Guingamp puis l’US Saint-Malo avant de rejoindre le LOSC, Agathe Ollivier est un pur produit de la formation bretonne (sa région natale, la Bretagne, qu’elle a quittée en 2019 pour signer à Lille où elle évolue depuis au poste de latérale gauche). Prolongée cet été jusqu’en juin 2023, la native de Saint-Brieuc, âgée de 24 ans, a commencé par évoquer son arrivée au Domaine de Luchin, soit un retour en arrière, avant d’évoquer la saison actuelle et sa double casquette, de joueuse mais aussi de professionnelle en communication.

« Ce sont des sacrifices qui doivent être faits. C’est moi qui l’ai choisi »

Partie 1 : Ses premiers pas à Lille

Vous êtes arrivée au LOSC en 2019 pour une première expérience hors de Bretagne, cela fait déjà 4 ans désormais… Pouvez-vous revenir sur les raisons de ce transfert ?

J’avais envie de voir autre chose, avoir un autre challenge avec des ambitions plus élevées, avec l’objectif de viser la montée. Je savais que c’était un club professionnel qui pouvait suivre derrière si on montait en D1. C’est un club qui a une histoire et je savais qu’en étant ici, je pourrais y rester, m’y inscrire dans la durée. Je ne rejoins pas un club pour repartir un à deux ans après. Je pense que Lille était le meilleur choix pour ça. Je savais aussi qu’il y avait beaucoup d’ambitions malgré la descente, c’est tout ce qui a primé. Après, c’était compliqué pour moi de partir de ma région à laquelle je suis beaucoup attachée mais oui c’était un choix fort que je ne regrette absolument pas, sinon je ne serais pas resté quatre ans.

Vous souvenez-vous de votre acclimatation ? Comment cela s’est-il passé ?

Cela s’est super bien passé. On était plusieurs nouvelles et comme c’était une nouvelle équipe, on était toutes dans une période d’intégration alors au final, on s’est toutes poussées mutuellement. Je connaissais déjà une fille qui était avec moi à Saint-Malo avant, ça m’a aussi aidé. Le staff était super accueillant, tout était vraiment super.

On sait que le mercato est quelque chose de particulier chez les hommes, comment cela se passe chez les féminines ?

Nous, ce qui est particulier par rapport aux hommes, c’est que l’on n’a pas des contrats sur la durée, soit trois ou quatre ans. Nous c’est plutôt du court terme sur une voire deux années pour certaines mais c’est très rare. Du coup, au terme de chaque saison, on se pose la question, on se demande si l’on va être conservées ou non, si des clubs voudront de nous. On se pose beaucoup de questions. Les périodes entre avril, mai et juin sont toujours assez stressantes. Sinon, on est en contact régulier avec nos agents mais aussi avec le staff. On a des entretiens pour connaître les ambitions des différentes parties… C’est vraiment stressant.

« On ne trouvait pas notre place dans le monde du foot »

Vous évoluez désormais au sein d’un complexe important, le Domaine de Luchin. Qu’est-ce que cela apporte ? Cela a été un gros changement ?

Les conditions ont changé avec mon départ de Saint-Malo. Si Guingamp était aussi un club professionnel chez les gars, on n’avait pas de telles infrastructures. On a un superbe cadre de travail et de bonnes conditions, c’est vraiment un plus.

Lorsque vous êtes arrivée, Rachel était déjà à la tête des féminines du LOSC. Vous la côtoyez depuis 4 ans désormais, quelle relation entretenez-vous ? Comment est-elle avec son groupe ?

C’est une coach qui a d’abord été joueuse. Elle a récemment quitté son statut et sait se mettre à notre place. Je trouve que c’est un véritable atout. Elle sait comment réagir mais aussi comment elle aurait aimé que son coach réagisse à l’époque. C’est plutôt positif. Après, c’est une coach très professionnelle, qui sait faire la part des choses, les moments où il faut être sérieux mais aussi ceux où l’on peut déconner un petit peu. C’est vrai que depuis 4 ans j’ai beaucoup progressé avec elle, surtout sur le côté tactique. Je dirais que c’est son gros point fort, tout comme sa connaissance du jeu. Et c’est pour tout ça que c’est une super coach.

Avez-vous vu votre rôle évoluer au fil des saisons ? Malgré vos 24 ans, vous faites partie des plus anciennes du vestiaire (en termes d’années de présence, ndlr)

Cette année un peu moins, sachant qu’il y a eu beaucoup de recrues expérimentées mais oui, elle a toujours compté sur moi. Elle me demande aussi de parler dans le vestiaire. Je ne suis pas une joueuse qui est très extravertie, qui est très dans la communication, mais j’essaie de le faire. En-tout-cas, c’est ce qu’elle me demande, d’apporter un certain leadership au sein du groupe.

Partie 2 : D’outsiders à favorites

Cela fait plusieurs saisons que le LOSC espère pouvoir retrouver la D1 après la relégation de la saison 2018-19. C’est encore votre objectif cette saison. Est-ce devenue une sorte d’obsession ?

Oui, c’est devenu une obsession mais je ne pense pas que cela joue en notre défaveur. Justement, ça montre à quel point on est motivées, et que l’on y croit toujours. On savait que la première année (quand elle est arrivée, ndlr) était plus compliquée parce qu’on était dans une période de renouveau, on avait une toute nouvelle équipe mais finalement on a réussi à faire une belle saison. Après, les deux autres années ont été tronquées par le Covid. On va dire que l’on aurait peut-être pu mais on n’a pas réussi et c’est vraiment cette saison où on se dit que rien ne pourra nous arriver. Enfin, que le destin sera entre nos mains. Je pense que c’est vraiment la saison où on peut se dire que oui, on peut monter sachant qu’il n’y aura pas de gênes extérieures.

« Partir sur un échec était inenvisageable »

Comment avez-vous géré cette période de pandémie ?

La première saison s’est arrêtée au bout de quinze matchs. Je m’en souviens très bien et c’était très frustrant parce qu’on était, comme cette année, dans la course à la montée. Après, c’était quelque chose de nouveau, qu’on ne connaissait pas et on avait un peu peur. On se disait que c’était pour notre bien, qu’il ne fallait pas rejouer. Par contre, lors de la deuxième saison, on a fait que cinq matchs. On savait que ce n’était « qu’un virus » qui, même s’il a fait beaucoup de morts, ne pouvait pas réellement nous atteindre alors c’était très frustrant, d’autant plus que les autres compétitions (Ligue 1 ou Ligue 2, rencontres internationales, ndlr) se sont disputées mais pas la nôtre, même la D1 futsal jouait… On se sentait un peu inférieures à tout ça. On ne trouvait pas notre place dans le monde du foot. C’est ça qui était vraiment très frustrant. Je me souviens que l’on faisait des oppositions internes tous les week-ends et c’était vraiment long parce que nous, on joue pour la compétition et quand il n’y en a pas, ça devient beaucoup plus compliqué. Quand il y avait le confinement, nous n’avions pas entraînement. Après, on avait une dérogation de la part de la fédération, on ne pouvait pas jouer mais on pouvait s’entraîner, d’où les oppositions internes mais ça devenait chiant. On était lassées mais on n’a pas eu d’autres choix que de l’accepter.

Malgré tout vous avez prolongé cet été pour poursuivre votre aventure lilloise. Comment s’est-elle déroulée ? Quels ont été les mots de l’été pour relancer la machine ?

Je pense que la plupart des joueuses qui sont venues ici il y a quatre ans, on est quand même pas mal à être restées, avait la montée comme objectif donc partir sur un échec, en tout cas pour moi, c’était inenvisageable. Je suis venue ici et j’ai fait des sacrifices pour venir à Lille, je suis venue pour monter et comme vous l’avez dit, c’est devenu une obsession. Concernant les mots, Lille est un grand club et les infrastructures que l’on a ici, on ne les retrouvera pas ailleurs ou alors dans des clubs inaccessibles comme Lyon, le PSG ou d’autres. C’est vrai que les clubs plus accessibles en D1, les infrastructures et les conditions n’y sont pas aussi bonnes. Ça joue dans la tête des joueuses parce qu’on est très bien ici quand même. Après, malgré quelques départs, la majorité des joueuses restaient et il y a eu de nombreuses arrivées qui ont comblé les manques des autres années et c’est pour ça que je pense que cette année, nous avons toutes les chances de monter. L’année dernière, je trouve qu’on a manqué d’expérience, notamment sur certains matchs. Aujourd’hui, Rachel a réussi à recruter des joueuses qui avaient cet atout-là donc c’est un peu tout ça qui a fait pencher la balance.

« On pense toutes que oui, que c’est notre année »

Vous parliez d’un certain esprit de groupe qui est né entre toutes celles qui sont arrivées depuis quatre ans. Y-a-t-il des discussions entre vous à ce niveau-là ?

Oui bien sûr, il y a des discussions entre nous. « Est-ce que tu vas partir ? Est-ce que tu vas rester ? » Bien sûr que ça joue. Il y en a quelques-unes qui nous ont quittée, qui sont notamment parties dans des clubs de D1 pour la bonne raison que c’était la D1. Je pense que la plupart d’entre nous ont eu des sollicitations pour aller plus haut mais, comme je vous l’ai dit, les conditions ici sont très bonnes. C’est sûr que lorsque l’on voit plusieurs départs, on se dit « mince, est-ce qu’on va encore repartir de zéro comme il y a quatre ans ? » Tout ça fait aussi partie du stress parce qu’on dépend un peu de tout.

Vous avez retrouvé certaines de vos coéquipières en Coupe de France, lors de laquelle vous avez été opposée au Havre, c’était forcément un moment particulier…

Oui, c’était surtout très cool de les revoir et de voir qu’elles avaient toutes évoluées, qu’elles s’épanouissaient dans leur équipe. C’était un moment vraiment particulier, je pense que ça l’était encore plus pour elles que pour nous d’ailleurs. On a pu discuter un peu même si on reste en contact régulier. On n’a pas réellement attendu ce match pour ça (rires).

Aujourd’hui, alors que la mi-saison a été dépassée, vous êtes en tête. Vous avez dit que vous pensiez que rien ne pouvait désormais vous arrêter. C’est le sentiment global du vestiaire ?

On pense toutes que oui, que c’est notre année. Après, en être persuadées non parce que cela serait hautain de le dire. Mais on a vu plein de choses qui auraient pu nous faire craquer on va dire (suspensions, blessures…, ndlr). Plein de choses auraient pu nous faire craquer à un moment donné mais on a réussi à tenir et c’est pour ça que je pense que si on est à cette place, c’est grâce à nous et que le groupe est vraiment très fort parce que, malgré trois joueuses titulaires absentes, on arrive à enchaîner les bons résultats tout en produisant du beau jeu. A la différence des autres années, l’équipe est vraiment très homogène. Ce n’est pas parce qu’il y a une absente que sa remplaçante n’arrivera pas à faire aussi bien. On va dire que chacune a sa place, chacune a son rôle à jouer et personne n’est plus importante que l’autre. Et c’est ça qui fait qu’il y a une saine concurrence entre nous.

« On a toujours eu cette pression de la part du club, de se dire qu’il fallait finir premières »

Est-ce que tous ces petits grains de sable accumulés censés vous ralentir n’ont pas finalement servi à en ressortir encore plus unies ?

C’est sûr qu’au départ, la concurrence fait toujours peur et on se dit que c’est embêtant mais au final, c’est ce qui nous pousse à nous surpasser tous les jours à l’entraînement et à nous remettre en question sans cesse, à ne jamais rester sur nos acquis. Au final, c’est positif pour tout le monde. C’est aussi ce qui nous fait évoluer et on le voit bien aux entraînements. On se bat chacune pour être dans le groupe, pour être dans le onze, ce qui fait qu’il y a plus d’intensité. Sans concurrence, peut-être que chacune serait plus tranquille en disant « j’ai ma place, c’est bon ». C’est pour ça que c’est important d’avoir de la concurrence, surtout une saine concurrence dans un groupe. Je pense que c’est grâce à ça qu’on arrive à avoir un aussi bon niveau.

L’année dernière, vous étiez championnes d’automne avant d’échouer à la 3ème place. Pensez-vous être capable de déjouer cette « malédiction » cette saison ?

L’année dernière, nous étions championnes d’automne à égalité avec Metz mais là, cette année, nous avons de l’avance, ça ne nous était jamais arrivé. A chaque fois, on devait batailler dans la peau de l’outsider. L’erreur serait de s’arrêter sur ça et de se voir trop belles. Je pense que c’est important de se dire que là, c’est limite un autre championnat qui vient de démarrer et que l’on n’a pas cette avance, qu’on est tous à égalité et qu’il faut se battre comme on l’a fait en première partie de saison. Il y a quand même cette pression de finir en première position. La chance que l’on a cette année, c’est que Nantes a fait un mauvais départ et que nos concurrents directs se sont un peu plus restreints. On a Metz, Lens et Strasbourg, ce qui fait un concurrent en moins même si c’est toujours possible pour elles de finir premières, comptablement parlant.

Justement, pour revenir sur vos concurrents, cette première partie de saison s’est close par un derby éclatant et une large victoire (6-1), quel a été votre sentiment à ce moment-là ?

C’était beaucoup de fierté avant tout. On avait préparé ce match afin de le vivre de cette manière. C’est un scénario que l’on avait vraiment bien préparé, pendant plus de trois semaines. On travaillait avec un préparateur mental qui nous donnait des conseils et des astuces pour gérer nos émotions. On sait que c’est un aspect qui nous a fait défaut sur certains matchs et on sait que c’est quelque chose à corriger donc on a vraiment bien travaillé. Au final, au vu du résultat, je pense que c’était la bonne chose à faire. Je pense que l’on a dominé dans tous les domaines, c’était vraiment une grande fierté, surtout pour celles qui viennent du Nord. On va dire que moi j’ai ressenti beaucoup d’émotions mais je pense que pour celles qui vivent ici depuis toutes petites, c’était encore plus fort.

« On a envie de prouver que l’on est capables de le faire »

Vous passez d’outsiders à favorites, ça change quelque chose ?

Pas vraiment non, on a toujours eu cette pression de la part du club, de se dire qu’il fallait finir premières donc c’est pour ça que notre position ou notre statut ne change rien pour moi.

Pensez-vous que ce derby était un match déclic ?

Ça a été un déclic, oui et non dans le sens où elles étaient à un point de nous et on a quand même largement dominé. Après, ça serait une erreur de croire que ça l’est, croire que l’on est les meilleures. Aujourd’hui, on a d’autres concurrents directs, en plus de Lens, et ça serait une erreur de prendre certains matchs à la légère parce qu’on a gagné 6-1. On garde les pieds sur terre. Le plus important était d’avoir les trois points, on a réussi à les avoir et le contenu était plutôt bon donc on se sert de ça pour avancer, pas pour y rester bloquées.

On a beaucoup parlé de revanche vis-à-vis de cette rencontre mais est-ce que ça ne serait finalement pas le cas de toute la saison pour vous et pour celles qui sont là depuis plusieurs années, avec l’envie de prouver à tout le monde que vous pouvez le faire ?

Oui, c’était clairement une revanche pour celles qui étaient présentes la saison dernière parce qu’on avait laissé s’échapper des points bêtement. On s’était laissées submerger par nos émotions et le match était un peu parti en cacahuète. C’était vraiment une revanche pour nous et je pense que c’était aussi le cas pour celles qui sont arrivées cette année. Finalement, on a vu que l’on avait passé un cap parce qu’on est parvenues à prendre le jeu à notre compte, à ne pas nous laisser submerger par nos émotions. Concernant toute la saison, ça l’est aussi sachant qu’on avait laissé filer des points à Metz, on veut se rattraper de ça. On a envie de prouver au club, à tout le monde, qu’on est capables de monter en D1 et qu’ils n’investissent pas pour rien, qu’on a toutes les capacités de le faire.

« On est beaucoup plus entourées que les autres années »

C’est un moment que vous avez partagé avec vos supporters, qui étaient présents avec vous au Stadium, un terrain que vous retrouvez depuis plusieurs rencontres après avoir été baladées de pelouses en pelouses. Qu’est-ce que ça apporte de nouveau ? Est-ce mieux pour vous ?

Ces derniers mois, on pouvait jouer à Wasquehal, au Domaine de Luchin mais aussi à Camphin. Dans la préparation et dans les têtes, lorsque l’on fait un peu d’imagerie mentale, et bien on ne savait pas où s’imaginer. Là, cette année on sait que c’est un terrain que l’on connaît vraiment très bien parce que l’on s’entraînait déjà dessus mais c’est aussi important dans les têtes. Et même pour les supporters qui sont mis dans de meilleures conditions. Je pense que c’est positif pour toutes les parties, que ce soit les supporters ou même le staff pour préparer la rencontre.

Est-ce que vous sentez qu’il y a un engouement de plus en plus présent autour de vous ?

Oui, on voit que même sur les réseaux il y a beaucoup de monde qui nous suit de plus en plus, et au Stadium aussi. Après, ce qui est un peu dommageable, c’est que les tribunes sont limitées à 500 places. C’est vraiment dommage pour eux mais aussi pour nous, parce que c’est toujours bien de se sentir pousser par les supporters et de pouvoir leur parler surtout que je pense qu’avec ces nouvelles conditions, il y aura de plus en plus de monde qui voudra venir nous voir, d’autant plus que l’on est leaders. Mais bon, je pense qu’ils sont tous derrière nous et ça fait vraiment plaisir.

Vous avez parlé de préparation mentale pour le derby, on sait qu’une équipe masculine est très accompagnée, et ce à tous les niveaux. Comment cela se passe en ce qui vous concerne ?

Comparé aux autres années, aujourd’hui on a plus de staffs que les années précédentes. On a une coach, un adjoint, un préparateur physique qui s’occupe de toute la partie terrain et un autre qui se charge de la partie musculation. On a une analyste vidéo, un kiné, on a un dirigeant qui s’occupe de toute la partie administrative… On est beaucoup plus entourées que les autres années, c’est ça aussi qui peut faire la différence. On voit qu’il y a une très bonne ambiance avec le staff et ça se ressent parce qu’on voit que le travail est bien fait et que tout est en accord avec ce qui se passe sur le terrain. On voit qu’il y a un lien entre tout ça et que le travail est vraiment bien fait. C’est aussi pour ça que l’on est premières aujourd’hui et qu’on avance dans le droit chemin.

« Je n’ai pas envie d’avoir ma tête qu’au football »

Quel est votre lien avec l’équipe professionnelle masculine ?

Il n’y en a pas vraiment parce qu’on ne les voit pas, étant donné que l’on n’est pas sur le Domaine de Luchin. Il n’y a que moi qui les croise parce que je travaille ici mais sinon pas du tout. On a eu la cérémonie des vœux en commun, où on a pu les voir, mais il n’y a pas eu beaucoup d’échanges.

Quelle est l’ambiance au sein du vestiaire à l’entame de cette deuxième partie de saison (débutée par deux succès, contre Orléans (1-2) puis contre Nantes (1-0), ndlr) décisive ?

C’est toujours mieux quand on est premières avec des points d’avance que lorsque l’on est l’outsider qui bataille mais l’ambiance est très bonne. On travaille toujours, on ne s’arrête pas sur nos résultats en essayant de toujours améliorer le contenu, comme après Orléans où ce n’était pas satisfaisant. On fait des vidéos, on cherche toujours à s’améliorer. On ne se repose pas sur nos acquis donc l’ambiance est plutôt bonne. Comme je l’ai dit précédemment, il y a de la concurrence donc chacune se donne à fond l’entraînement.

Partie 3 : Footballeuse mais pas que

En parallèle de votre carrière, vous avez poursuivi vos études avec un Master 2 Management et gestions des Organisations sportives et de loisirs, stratégie du sport, un parcours scolaire que vous avez suivi dès votre arrivée jusqu’à travailler au LOSC. Pouvez-vous nous en dire plus ? C’était un choix pris de longue date ?

Quand j’étais à Guingamp, j’ai fait une licence STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, ndlr) en management du sport et, en arrivant à Lille, j’avais cette envie de continuer. Je ne voulais pas faire que du foot. C’était une opportunité pour moi de pouvoir faire les deux. Les personnes de la fac étaient en lien avec le club, elles ont été compréhensives sur ma situation. Le fait de parfois louper des cours et d’avoir ce suivi, ça a été bénéfique pour moi. C’était un choix de continuer d’allier le sport, mes études et une vie professionnelle parce que moi je suis quelqu’un qui aime bien découvrir plein de choses. Je n’ai pas envie d’avoir ma tête qu’au football. J’ai envie d’avoir des liens sociaux avec d’autres personnes.

Est-ce un peu une manière de décompresser ?

Oui c’est ça. Il faut toujours rester focus sur le football mais c’est bien aussi de s’aérer l’esprit avec autre chose à côté.

Cela n’a-t-il pas été compliqué de faire les deux à la fois ? Comment avez-vous géré la chose au quotidien ? Cela n’empiétait pas trop sur vos performances sportives ou être un frein ?

Ça n’a pas du tout été un frein. C’était aussi leur souhait parce que je pense qu’ils préfèrent toujours nous voir nous épanouir dans notre vie extérieure que de ne faire que du foot. De ce côté-là, ils sont indulgents. Du mien, ça n’a pas non plus été un problème parce que j’ai réussi à organiser mon temps de façon à ce que je puisse être à 100% à l’école comme au foot. Il m’est parfois arrivée de manquer des cours mais jamais d’entraînements. J’ai toujours donné la priorité au football. J’ai aussi eu la chance de rencontrer des gens qui m’ont aidé, qui m’ont envoyé les cours, des profs compréhensifs…

Vous avez débuté comme alternante, aujourd’hui vous travaillez pleinement au LOSC. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? Quel est votre rôle, qu’est ce que vous faites concrètement ?

Oui, j’ai commencé par faire mon alternance ici. Le but était de développer la communication des féminines sur les réseaux sociaux, d’en faire parler un peu plus. C’était vraiment un souhait de ma part de continuer dans le domaine de la communication et, comme je quittais le Master, j’étais en CDD, toujours dans le même secteur. Aujourd’hui, cela a un peu évolué. Je suis en charge de la communication interne du club même si ma mission principale reste le développement de la communication autour des féminines. Au contraire des autres années, aujourd’hui je suis plus proche de l’équipe de communication des professionnels, ce qui me permet d’en apprendre beaucoup.

« Ma priorité restera toujours le football »

Avez-vous toujours eu cette patte graphique ?

En fait, je l’ai découverte pendant mon Master où on devait vraiment apprendre les bases, puis je l’ai travaillé toute seule, de mon côté. J’ai vraiment aimé ce côté-là. Aujourd’hui, je ne sais pas si ce que je fais est vraiment top mais en tout cas, je prends du plaisir et je vois quand même que j’évolue quand je regarde en arrière. C’est très plaisant pour moi de faire ça à côté du foot.

Vous travaillez également pour un partenaire du LOSC aujourd’hui ?

Je travaille pour le partenaire officiel de la section féminine, qui est Pediconfort. J’ai obtenu un contrat de 20h avec eux où je développe la marque sur les réseaux sociaux. On peut dire que je suis community manager de l’entreprise. Le lundi je suis en télétravail et le vendredi je suis en présentiel.

Tout ça doit vous demander beaucoup de travail ?

Oui, en plus de ces trois activités, j’ai aussi développé ma propre entreprise (Digitao, ndlr) pour laquelle j’ai le statut d’auto-entrepreneur. On va dire que mes semaines sont assez chargées avec Pediconfort le lundi, le foot le mardi, toute la journée au LOSC le mercredi puis le jeudi est un jour un peu plus tranquille. Le vendredi je suis à Pediconfort et le soir après l’entraînement je fais mes visuels. C’est comme ça que j’occupe mes journées. A côté, j’arrive aussi à me prendre du temps perso et je suis très contente que mes entreprises me laissent assez libre dans mon organisation.

« Ce sont des sacrifices qui doivent être faits. C’est moi qui l’ai choisi »

Ou prenez-vous le plus de plaisir ? Sur le terrain ou en dehors ?

Ma priorité restera toujours le football, le reste c’est un plus. Tout ce que je fais à côté me permet d’être heureuse et épanouie dans ma vie.

Pour rebondir sur cette question d’épanouissement personnel, vous êtes loin de votre Bretagne et de votre famille. Ce n’est pas trop compliqué ?

Si, c’est dur à vivre. Après, je suis partie très tôt de chez mes parents en étant en section sportive à 14 ans où j’étais en internat. On va dire qu’à chaque étape de ma vie, j’étais assez loin de mes parents. Quand j’étais à Guingamp, j’avais quand même mon appartement. […] J’ai beaucoup d’affinités avec ma famille, avec mes frères. C’est quelque chose de fort pour moi mais je ne peux pas me permettre de faire plus de six heures de trajet. Le plus compliqué, c’est de louper tous les moments de vie, les anniversaires, les naissances… C’est vrai que parfois c’est dur mais je me dis que ce sont des sacrifices qui doivent être faits. C’est moi qui l’ai choisi.

Pour finir, avez-vous un message à faire passer aux nombreux supporters qui vous liront ?

Je voudrais déjà les remercier d’être tout le temps présents même si on peine à monter depuis trois ans. On voit qu’ils le sont de plus en plus, notamment lors du derby. Je pense qu’ils nous font gagner des matchs donc j’espère les voir tout au long de la saison et qu’ils seront encore plus nombreux lorsque nous seront en D1.

Pour en savoir encore un peu plus…

Votre surnom : Ougathe.

Votre plus grand toc avant de rentrer sur un terrain : Je fais tout de la jambe gauche avant la jambe droite. Je vais tout le temps mettre ma chaussette, ma chaussure et je rentre sur le terrain avec le pied gauche. Je le fais depuis très longtemps, je suis superstitieuse.

Votre idole footballistique : J’aimais beaucoup Marcelo pour le fait d’apporter beaucoup offensivement et d’avoir fait une très grande carrière au Real.

Votre péché mignon : Alors je suis très gourmande et je suis plus sucrée que salée, mais on va dire que j’ai du mal à résister aux bonbons et aux gourmandises de ce style. 

Une anecdote un peu honteuse : Quand je jouais à Guingamp, on jouait contre Marseille et c’était la première fois que le match était télévisé. J’étais rentrée sur le terrain et j’avais oublié mes protèges, j’avais dû retourner sur le banc. J’étais jeune et j’avais un peu honte sur le coup (rires)

Ce que la Bretagne a de mieux que le Nord : Les plages (rires).

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