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Entre jeunesse et expérience, le LOSC doit trouver son équilibre

Joseph Da Rocha

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Crédit photo : IconSport

Depuis plus de 15 ans, le LOSC n’a cessé de devoir se réinventer pour exister au plus haut niveau sur la scène nationale. Avec, à chaque nouveau projet, plus ou moins de succès.

Roulez jeunesse !

Dans son histoire récente, le LOSC a souvent dû, par obligation financière, s’obliger à donner la part belle aux jeunes, de la formation ou venus d’ailleurs. Le projet mené par Claude Puel dans les années 2000 en est le meilleur exemple : chaque saison, nombre de jeunes inconnus débarquent dans l’équipe première, avant de se faire une place plus importante dans l’équipe les années suivantes.

Stratégiquement, le projet de « construction » voulu par Claude Puel et Michel Seydoux aurait dû progressivement laisser place au recrutement de joueurs plus onéreux. Mais les échecs du LOSC en championnat et les erreurs de castings des derniers mercatos de l’ère Garcia entraîneront les finances du club lillois dans le rouge, l’obligeant à se tourner de nouveau vers des jeunes à fort potentiel. A l’été 2015, cette nouvelle stratégie est pleinement assumée par la direction. Après l’arrivée de Sofiane Boufal, Michel Seydoux glisse à Jean-Michel Vandamme : « On passe à autre chose : maintenant, je vais recruter des espoirs ».

Pour mettre en place ce nouveau projet, Hervé Renard rallie le Nord, et le LOSC recrute à tour de rôle Sehrou Guirassy, Mike Maignan, Yassine Benzia, Junior Tallo ou encore Ibrahim Amadou. A l’inverse, les gros salaires (Nolan Roux, Simon Kjaer) s’en vont. En équipe réserve, le club lillois donne sa chance à Adriel d’Avila Ba Loua, Patrick N’Goma et un certain Patson Daka, devenu depuis un attaquant reconnu en Premier League.

Cette nouvelle stratégie mène vite le LOSC à une impasse : les jeunes découvrent quasiment tous la Ligue 1, et ne s’adaptent ni à l’intensité demandée par le championnat, ni à la tactique du coach Renard, remercié après 13 journées. A l’hiver, le projet de rajeunissement de l’effectif prend déjà fin : « Lorsque je pars, un mois et demi plus tard, Lille recrute trois joueurs plus ou moins confirmés : Rony Lopes, Eder et Morgan Amalfitano. Ce n’était plus le même projet » remarque l’actuel sélectionneur de l’Arabie Saoudite pour RMC Sport.

L’ère Seydoux terminée, c’est sous Gérard Lopez que le LOSC va revenir à un projet principalement axé sur la jeunesse. Encore une fois, ce choix est essentiellement lié aux difficultés du club nordiste sur le plan financier, avec un déficit structurel qui ne cesse de se creuser chaque saison. La revente de jeunes joueurs en plein développement doit permettre à Lille de combler ce manque à chaque fin de saison, tout en réinvestissant sur d’autres joueurs supervisés par Luis Campos. Le « Loco » Marcelo Bielsa accepte de son côté de mener un groupe extrêmement jeune (le moins âgé d’Europe) vers le top 5, en développant un jeu attrayant porté vers l’attaque.

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Mais comme avec Hervé Renard plus tôt avant lui, la mayonnaise ne prend pas et le LOSC coule vers les bas-fonds de la Ligue 1. N’ayant aucun cadre dans l’équipe, les jeunes Dogues sont sans solution face à des équipes habituées aux joutes du plus haut niveau français. En parallèle, la situation financière du club lillois inquiète, et le club se retrouve privé de recrutement au mercato. Les dirigeants du club nordiste finissent par apprendre de leurs erreurs, et ne laisseront plus jamais lors des saisons suivantes un groupe aussi inexpérimenté être aligné en Ligue 1.

Par deux fois sur les dix dernières années, le championnat français a donc ramené les dirigeants lillois à la dure réalité : lancer des jeunes est une chose, mais priver -ou presque- son équipe de cadre en est une autre.

L’expérience avant tout ?

A l’inverse, le LOSC a parfois souhaité s’appuyer sur des joueurs plus expérimentés plutôt que sur des jeunes joueurs en devenir. Sous Rudi Garcia, les jeunes formés au club ou repérés par la cellule de recrutement lilloise doivent se contenter de miettes, au profit de joueurs expérimentés et habitués de la Ligue 1. Cette stratégie, bien que réussie sur le plan sportif (quatre qualifications de suite en coupe d’Europe et un doublé resté dans les mémoires) n’en reste pas moins un terrible échec sur le plan financier.

En effet, les joueurs d’expérience coûtent plus chers au club, en terme de salaire comme en indemnité de recrutement. La stratégie de Garcia condamne le club à l’échec lorsque ce dernier ne se qualifie pas pour une coupe d’Europe. En 2013, le coach lillois rejoint la Roma, laissant derrière lui un club en difficulté financièrement. Plusieurs années durant, le LOSC doit se serrer la ceinture suite à ce projet beaucoup trop coûteux pour ses finances de l’époque.

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Quelques saisons plus tard, à l’hiver 2015, Frédéric Antonetti débarque en toute hâte à Lille pour sauver un club au bord du précipice. L’équipe, bien trop jeune pour rivaliser en Ligue 1 (voir plus haut), doit se renforcer au mercato hivernal. Les dirigeants comprennent bien que leur projet de rajeunissement de l’effectif ne fonctionne pas. Changement de cap donc, avec les arrivées de joueurs confirmés comme Morgan Amalfitano et Eder. « Coaching » gagnant pour les dirigeants et pour l’équipe lilloise, qui retrouvent le top 5 et la Ligue Europa en fin de saison.

Dans la lignée de cette saison réussie, le LOSC poursuit dans la direction sportive qu’il vient d’adopter avec l’arrivée de Frédéric Antonetti. Désormais, la moyenne d’âge des recrues lilloises s’élève environ à 26 ans et demi. La plupart sont des connaisseurs de la Ligue 1, avec Sankharé, Palmieri et de Préville comptant chacun plus de 110 matchs en Ligue 1 avant d’arriver dans le Nord. Bien loin donc des nombreuses recrues inexpérimentées du mercato d’été précédent.

Cette nouvelle politique sportive semble presque « sacrifier » l’avenir de certains jeunes joueurs, comme Benjamin Pavard (non retenu par son coach) et Sehrou Guirassy, qui se voient finalement guidés vers la sortie. Sofiane Boufal (22 ans en 2016) et Djibril Sidibé (23 ans à l’époque) sont vendus pour des raisons financières, tandis que les jeunes non performants s’envolent en prêt aux quatre coins de la France.

Le nouvel effectif du LOSC est donc à l’opposé de celui de la saison précédente. Beaucoup plus expérimenté, le groupe lillois ne va pourtant pas réussir son début de saison. Comme l’année précédente, le club nordiste est en grande difficulté en championnat et est éliminé dès le mois d’août de la Coupe d’Europe. L’arrivée de Gérard Lopez sonne le glas de ce projet qui n’aura duré que quelques mois.

Finalement, le constat est sans appel : le LOSC réalise les plus belles saisons de son histoire récente lorsqu’il arrive à construire un groupe « brassé », composé à la fois de joueurs d’expérience et de jeunes joueurs en devenir. Favoriser un surplus d’expérience ou de jeunesse conduit à peu près toujours au même résultat : à un échec sportif, voire financier. Aux dirigeants lillois de conserver cet équilibre dans les prochaines années.

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