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Saison 2022-2023

Le rachat du LOSC, un sujet récurrent depuis plus de 10 ans

Joseph Da Rocha

Publié

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Crédit photo : IconSport

Depuis son arrivée dans le Grand-Stade, le LOSC n’a cessé de voir sa gouvernance menacée par des changements d’actionnariats. Zoom sur une décennie marquée par des rumeurs de rachats parfois fondées, souvent avortées.

Les investisseurs locaux en ligne de mire

Retour en 2010. Michel Seydoux a réussi son pari : après avoir racheté le LOSC, un club peu structuré et l’un des moins riches de Ligue 1, en 2002, l’homme d’affaires a réussi à faire de Lille une place forte du football français. Le Grand-Stade arrive, le Domaine de Luchin est flambant neuf, et l’équipe rayonne en championnat. Mais Seydoux est conscient que le club lillois a besoin d’un investisseur capable de faire passer un cap au LOSC. La banque d’affaires Amilton Partners est alors missionnée pour trouver un investisseur. Mais malgré le doublé de 2011, Michel Seydoux ne trouve pas preneur. « Aujourd’hui, (l’avancé d’un éventuel rachat) c’est comme hier, c’est-à-dire nulle part. J’ai eu des saltimbanques, des hurluberlus, des allumés, mais rien de sérieux. Je ne veux pas perdre mon temps à chercher. Il faut trier et j’ai pris quelqu’un qui trie. Pour l’instant, il en met beaucoup à la poubelle » lance le président lillois à La Voix du Nord fin 2012. Le coût élevé des infrastructures du club nordiste semble peser dans l’équation.

Le bassin lillois peut pourtant se vanter de la richesse de son tissu économique local. La métropole regroupe certaines des plus grandes richesses de France. En 2014, quatre ans après avoir démarré les recherches d’un successeur à Michel Seydoux, le temps presse, et le club, bien que sportivement performant, est en très grande difficulté financière. Mais les supporters du LOSC semblent apercevoir le bout du tunnel lorsque l’investisseur Marc Coucke rejoint l’actionnariat lillois. Ce n’est alors plus un secret pour personne : le propriétaire d’Etixx devient le favori au rachat tant attendu du club lillois depuis plusieurs saisons. Mais Michel Seydoux, pas encore décidé, rétorque que Marc Coucke n’est pas la seule solution pour sa succession, et qu’il dispose « d’autres possibilités ».

Le Parisien va dans le sens de ces propos et affirme qu’un collectif d’entrepreneurs nordistes, mené par Pascal Boulanger, s’est positionné pour racheter le LOSC. Le projet, emmené par Pierre Dréossi, compte donner une part plus importante aux supporters, sur le modèle des “socios” espagnols. Daniel Percheron, président de la région à l’époque, étudie la faisabilité d’un potentiel apport public. La Voix du Nord évoque même une possible fusion des projets de rachat de Patrice Boulanger et de Marc Coucke, qui permettrait une plus grande manne financière pour la potentielle future gouvernance du club. Alors que la vente du club semble se profiler d’ici au début de la nouvelle saison 2014-2015, L’Équipe annonce à son tour, en plus des deux candidatures précédentes, qu’un projet émanant d’un « investisseur européen » est la piste la plus probable d’aboutir. Finalement, ni Marc Coucke, ni le consortium de Pascal Boulanger, ni ce mystérieux investisseur ne deviennent les nouveaux propriétaires du LOSC. En revanche, deux ans plus tard, c’est bien un investisseur européen qui mettra la main sur le club lillois.

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Quand Lille change de pavillon

A l’été 2016, la situation financière du club nordiste est au plus mal. Pourtant fort de sa qualification au troisième tour de qualification en Europa League et malgré les ventes de ses meilleurs éléments à prix fort, le LOSC est obligé de passer par un club ami, Ostende (détenu par… Marc Coucke) pour mener à bien son mercato. Frédéric Antonetti, comme ses prédécesseurs, est las de la mauvaise condition financière de l’entité lilloise. Toutes les planètes semblent alignées pour assister à une longue et pénible saison à Lille.

Dès le mois d’août, le LOSC est piètrement sorti par Qabala en Europe, battu par Metz pour la première journée, humilié par Monaco dans la foulée et dernier de Ligue 1 au mois d’octobre. Gérard Lopez arrive alors sur son terrain de jeu préféré : un club en mauvaises conditions financière et sportive, qu’il veut remonter au meilleur niveau. Très vite, les discussions entre Lopez et Seydoux sont entamées, et aboutissent fin janvier 2017. Les grandes annonces de l’hispano-luxembourgeois à son arrivée séduisent vite les supporters lillois. Les actes suivent rapidement avec un premier mercato mené par le réputé Luis Campos, et qui voit les arrivées de 7 nouvelles têtes au club. Un mois plus tard, la signature de Marcelo Bielsa pour l’été 2017 est annoncée par la direction. Pour financer son arrivée au club, Gérard Lopez emprunte au fonds américain Elliott Management, dont l’influence grandissante menacera plusieurs fois la place de l’hispano-luxembourgeois à la tête du LOSC.

Tout au long du règne de Lopez à Lille, les médias ne cessent d’évoquer des possibles mouvements à la présidence du club nordiste. Un an après son arrivée, France Football évoque déjà l’intérêt d’investisseurs thaïlandais et biélorusse. A l’été 2018, après Elliott, c’est la banque JP-Morgan qui investit dans le club lillois à son tour, à hauteur de 80 millions d’euros. Le business plan de Lopez du côté du LOSC échouera finalement en décembre 2020, avec la prise en main du club par Elliott suite à des dettes non remboursées. En effet, Elliott fait main basse sur le club avant de le confier au fonds d’investissement Merlyn Partners. Rien ne filtre, ou presque, sur les nouveaux propriétaires des Dogues. Quand on voit ce que les fonds d’investissement américains King Street et GACP ont pu faire à Bordeaux, la tendance n’est pas à l’optimisme… Mais contrairement aux propriétaires du club aquitain, Merlyn Partners compte dans ses rangs des connaisseurs du football européen. Alessandro Barnaba, ancien conseiller de Dan Friedkin à l’AS Roma et membre du CA du club romain est l’associé de Peterman, le détenteur de Merlyn. Olivier Létang, ancien du PSG et de Rennes, est nommé en tant que président-salarié et permet d’écarter un peu plus l’hypothèse d’un échec à la bordelaise. Le projet de rachat, prévu depuis la fin de l’été 2020, se matérialise en plein milieu de saison.

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Des investisseurs asiatiques à l’affût ?

Le LOSC aurait-il pu être racheté plus tôt par des investisseurs venus d’Asie ? C’est en tout cas ce que certains médias ont régulièrement laissé croire depuis plus de 10 ans, sans jamais que la rumeur puisse se vérifier dans le temps. En 2012, le 10 Sport évoque ainsi un intérêt d’Abu Dhabi pour le rachat du club lillois. Une « info » rapidement démentie par la direction lilloise, Frédéric Paquet en tête, au micro de France 3. Entre 2014 et 2015, le club lillois entretient par ailleurs une bonne relation avec Manchester City. Les jeunes Citizens viennent à Luchin en match amical, tandis que Rony Lopes et Yaw Yeboah sont prêtés au club lillois lors des mercatos estivaux. Pour rappel, le club mancunien est détenu par un fonds… d’Abu Dhabi. Lorsque l’on connait les envies d’expansion du City Group depuis quelques années, la question aurait pu se poser d’un rapprochement entre les deux clubs.

Certains tabloïds londoniens évoquent de leur côté en 2012 un intérêt de Tony Fernandes, le Malaisien propriétaire de QPR, pour le rachat du club lillois. Encore une fois, on en reste au stade de la simple rumeur. L’Équipe évoque par la suite des contacts avec un milliardaire chinois en mars 2014. Le quotidien sportif précise dans les jours qui suivent que la piste prend de l’ampleur, avant que la rumeur ne disparaisse aussi vite qu’elle était arrivée.

Bien plus tard, en avril 2022, la Twittosphère lilloise s’enflamme à la vue d’un article de L’Équipe, qui annonce le rachat imminent de l’AC Milan… et du LOSC par InvestCorp, un fonds venu du Bahreïn. Mais le projet n’aboutit finalement pas. Le média sportif se pose par ailleurs la question de la relation qu’entretient Merlyn Partners avec Elliott. Le fonds américain tire-t-il les ficelles à la tête du club nordiste ? Négatif, à en croire Martyn Peterman, le propriétaire de Merlyn Partners.

L’instabilité chronique du club lillois ces dernières années devrait par ailleurs continuer ces prochaines années. Mis en vente sans trouver preneur pendant plus de 7 ans, théâtre d’un coup financier d’Elliott à la fin 2020, le LOSC sera sans nul doute une nouvelle fois revendu sur le moyen-terme par Merlyn Partners. Cette instabilité chronique est unique, ou presque, chez les meilleurs clubs français : Lyon, Rennes, Marseille, Paris ou encore Monaco n’ont pas changé de gouvernance depuis au moins 6 ans. Seuls Nice et Bordeaux ont connu pareille situation, avec trois propriétaires différents depuis 2017. Reste à savoir si le prochain détenteur du club nordiste saura tenir sur le long terme ou non.

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