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Interview

Exclu – Frédéric Dindeleux : « Roger Lemerre me voyait futur libéro des Bleus »

Emile Simon

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Crédit photo : Imago

Désormais patron du tabac-presse le Totem à Annœullin, Fréderic Dindeleux, ancien défenseur formé au club, a joué près de 150 rencontres avec le LOSC entre 1993 et 1999. Pour Le Petit Lillois, l’ancien Dogue est revenu sur sa carrière.

Un joueur du cru formé au LOSC

Né à Lille en 1974, vous êtes arrivés en poussin au club ?

J’évoluais en débutant pour Saint-André-lez-Lille. A l’âge de 7 ans, mes éducateurs avaient encouragé mon père à m’inscrire à une détection organisée par le LOSC. Walter De Cecco, coach des poussins à l’époque m’a alors sélectionné avec quelques jeunes d’autres clubs partenaires. Monsieur De Cecco était un vrai passionné, la Coupe de France Poussins comptait beaucoup pour lui. D’ailleurs, il l’a remporté en 1985 (génération Antoine Sibierski).

Un certain Olivier habitant votre quartier, disait que votre papa vous faisait faire des tas d’exercices après les entraînements (passes, dribbles, jonglages…). Vous faisiez des heures sup’ ?

Olivier (rires), je vois exactement de qui il s’agit. Il y avait effectivement un petit espace vert devant la maison et on y passait pas mal de temps. A l’époque, mon père bossait à Rhône-Poulenc (groupe chimique et pharmaceutique NDLR), mais c’est sûr que le football le passionnait. Il entraînait les cadets de Saint-André, avec lesquels il avait réussi de bonnes performances. Il était très fier de ça. Malheureusement, il nous a quitté assez tôt, lorsque j’avais 16 ans. Donc il n’a pas pu observer mon évolution de footballeur… C’est ma mère qui a ensuite pris le relai, pour les nombreuses conduites nécessaires.

Vers 16 ans, vous êtes justement Champion de France Cadet…

(Il coupe court). Pas vraiment, c’est plutôt la génération Oumar Dieng, Fabien Leclercq qui remporte cette compétition en 1989. Moi, j’ai dû faire 3 ou 4 matchs cette saison-là, pour faire le nombre, mais j’étais encore en « Cadet B ». Donc je ne m’attribue pas ce titre. Effectivement Jean-Noël Dusé me convoque pour la finale, mais j’étais en tribune contre le Paris FC (victoire 1-0 à Pontivy NDLR).

Parlez-nous de votre formation à Lille. Quels coéquipiers ont percé avec l’équipe première, quels entraîneurs vous ont marqués ?

Parmi les coéquipiers les plus connus, il y a forcément Antoine Sibierski, que j’ai côtoyé dès les Poussins. Sur une équipe de sept joueurs, nous avons tous deux atteint le groupe professionnel ; pas mal comme taux de réussite (rires). Également né en 1974, il y a Cédric Carrez qui nous rejoint en Minimes. Puis des joueurs plus jeunes comme Djezon Boutoille, Alain Raguel ou David Coulibaly, qui arrivent, quand je suis en Cadets ou en Réserve.
Sinon, j’ai côtoyé aussi Johan Gianquinto, le neveu de Tony, célèbre défenseur du LOSC dans les années 70’.

La question sur les entraîneurs est plus complexe. Chacun ayant des compétences différentes, chaque petite touche a sûrement contribué à ma formation. Je pense par exemple à Roland Deraedt (décédé en janvier 2020), que j’ai eu en Pupilles. Malgré notre jeune âge, il développait déjà notre intelligence de jeu. En mettant en place des attaques sur deux buts, où il fallait changer de direction si c’était bouché… J’ai ensuite en tête Régis Bogaert, Christian Kante, Jean-Noël Dusé ou Bernard Deferrez. Qui m’ont permis de franchir différents paliers. Avec une mention spéciale pour Jean-Noël, l’ancien gardien de l’équipe première est sûrement celui qui m’a fait prendre conscience de mes qualités.

A quel poste êtes-vous formé ?

J’ai toujours joué libéro. Même si j’ai parfois dépanné en tant que latéral gauche. Mais la façon de défendre sur un côté est vraiment différente. J’étais moins à l’aise. Pour l’anecdote, lorsque je joue en CFA, un certain Eric Joly arrive en défense central. Ses performances conduisent le coach à me décaler sur un côté. Je ne lui en ai pas tenu rigueur, puisqu’il est devenu mon beau-frère !

La période pro au LOSC (1993-1999)

Dès septembre 1993, à 19 ans, vous profitez de la blessure d’Hervé Rollain, pour faire vos débuts en pro, contre l’AS Monaco à Louis II.

Hervé m’avait prévenu à l’hôtel qu’il n’était pas en grande forme, et qu’il fallait me tenir prêt. Finalement il se blesse à l’échauffement. Pierre Mankowski me fait donc débuter en D1, au poste de latéral. Je fais une prestation correcte malgré la défaite (1-0 sur pénalty rapide de Youri Djorkaeff, NDLR). Ce match à Monaco c’est une fierté, un commencement. Comme tout bizut, je fais quelques interviews radios après le match. Mais j’étais lucide, je savais qu’il faudrait en faire beaucoup d’autres, pour être considéré comme un joueur professionnel.

Ceux qui ont pu apprécier votre passage, évoquent un joueur de « devoir ». Cette étiquette vous dérange ?

Pas du tout. Ce terme reflète la réalité. Si j’ai gravi les étapes des Poussins jusqu’à l’équipe première, je le dois plus à une certaine mentalité, au travail… qu’à un talent inné. Ça reflète aussi le LOSC des années 90’, où nous avions souvent le 17ème, 18ème ou 19ème budget de première division, et tentions de nous maintenir avec les moyens du bord. La combativité, la solidarité.

« Ce but contre Le Havre, c’est la récompense »

Après 5 matchs en 1993/94, vous intégrez réellement le groupe pro à l’arrivée de Jean Fernandez, lors de l’intersaison 1994.

La préparation estivale se passe bien, et le coach me fait rentrer en cours de match dans le derby qui ouvre la saison (29 juillet 1994 NDLR). Je joue le dernier quart d’heure, mais je coûte un but… En effet, après une faute de ma part, Meyrieu égalise sur coup franc direct. Le coach Fernandez me reproche alors d’être « trop gentil », allant jusqu’à dire que je n’ai pas le niveau pour jouer en pro. Derrière, j’ai dû me faire violence pour revenir.

C’est ce qui amène votre premier but en pro, en novembre 1994 ?

Ce but contre Le Havre, c’est la récompense oui. Pendant 6 mois je n’ai plus été appelé par le coach. J’ai dû louper une quinzaine de matchs. Contre le HAC on se retrouve à 10 au bout d’une demi-heure, mais on ne lâche pas… et j’ouvre le score de la tête (sur corner à la 72ème NDLR). C’est le début d’une relation de confiance avec l’entraîneur, je suis devenu plus agressif, et j’ai enchainé les titularisations sur la phase retour.

A l’automne 1995, vous êtes champions du monde militaire, sous la houlette de Roger Lemerre. Parlez-nous de cette expérience en équipe de France.

A l’époque, les joueurs qui avaient déjà joué en D1 (ou D2) pouvaient intégrer une promotion d’une trentaine de joueurs au « Bataillon de Joinville », afin d’assouplir les obligations de service militaire. Tous les deux ans, une Coupe du Monde était organisée par le Conseil international du sport militaire. La promo 1994 s’était donc qualifiée, et nous en 1995, on a la chance de disputer le tournoi final à Rome. Dans l’équipe, tu avais Vikash Dhorasoo, Olivier Dacourt, David Sommeil ou Coco Michel. On joue la finale contre l’Iran devant plus de 9.000 spectateurs au Stade Olympique. Ça reste une superbe aventure.

Roger Lemerre ne tarissait pas d’éloge, en vous promettant même un grand avenir en Bleu

Oui, il m’avait même confié le brassard en amical. Au-delà de l’équipe de France militaire, Roger Lemerre m’avait aussi convoqué pour le Tournoi de Toulon avec les Espoirs. A l’issue de la finale perdue contre le Brésil de Juninho, il me prend par l’épaule et m’affirme que je serai le prochain libéro de l’équipe de France A. Sur le moment, ça fait plaisir c’est certain. Mais je savais prendre du recul. En catégorie de jeunes, tu es uniquement en concurrence avec les joueurs de ton année de naissance, le panel est moins large que pour les A, où tu as des joueurs de 18 à 35 ans. Le vivier est beaucoup plus important. D’autant qu’on tombe dans les années fastes pour l’équipe de France !

Après cette parenthèse militaire vous reprenez votre place dans le onze lillois. Le blog DBC LOSC a d’ailleurs observé qu’en votre absence, la moyenne de point pris était moins bonne. Une coïncidence ?

C’est vrai que lors de mon absence ça s’était mal passé au niveau comptable. Je suivais ça depuis l’Italie, en appelant les copains, car à l’époque il n’y avait pas internet et tout ça. Après dire que j’avais un impact sur la moyenne de point pris, je ne sais pas. C’est peut-être une histoire de système de jeu mis en place…

Ça tournait quand même beaucoup sur le banc lillois à l’époque. Bruno Metsu, Henryk Kasperczak, Pierre Mankowski, Jean Fernandez, Jean-Michel Cavalli, Hervé Gauthier, Thierry Froger puis Vahid entre juin 1992 et septembre 1998.

Les résultats étaient difficiles sur la période. A mes débuts, nous luttions pour le maintien chaque saison, puis pour la montée à partir de 1997. Forcément quand ça ne tourne pas, ce sont les entraîneurs les premiers fusibles.

Quelle était la relation avec les supporters dans cette période de « vaches maigres » ?

Ça se passait très bien avec le public. Je pense qu’ils avaient conscience du niveau général de l’équipe, et des finances aussi. Lorsque nous réalisions quelques exploits face aux cadors du championnat à Grimonprez, ça les rendait fiers. Nous étions aussi costauds dans les derbys (2 défaites seulement en 9 matchs contre Lens entre 1993 et 1997 NDLR). Le moment le plus « chaud », c’est sous Thierry Froger, quand on rate la montée de peu en mai 1998. Là il y avait quelques envahissements de terrain, certains supporters venaient chercher les officiels en tribune. Ça chantait plus souvent « mouillez le maillot » aussi… (Thierry Froger sera également agressé à l’entraînement par un tiers, en août 1998 quelques semaines avant son départ NDLR).

« Vahid a tout changé dans les mentalités »

Finalement le fait de se retrouver deux fois de suite quatrième de D2 (1998 et 1999), n’est-ce pas un mal pour un bien, quand on connaît la suite ?

Ces deux saisons sont différentes. Lors de la première en 1997/98, la montée nous tend les bras, et on se loupe sur la fin de manière inexplicable. Alors qu’en 1998-1999, Vahid Halilhodžić reprend l’équipe en septembre dans une mauvaise posture (17ème), il arrive à redresser la situation et à revenir dans la course à la D1… pour échouer au pied du podium, au goal-average. Mais j’ai vu un déclic.

Vahid Halilhodžić est donc le sauveur ?

Même si l’arrivée de Vahid coïncide avec la baisse de mon temps de jeu, j’en parle positivement. Cet entraîneur a tout changé dans les mentalités. Certains joueurs avaient perdu confiance en eux. Là on souffrait tellement la semaine, le niveau d’exigence était tel, que le week-end nous n’avions peur de personne. En parallèle, il y a l’éclosion de Pascal Cygan en défense, Djezon franchi également un palier… La prise de conscience a vraiment été collective.

Malgré l’échec dans le sprint, je disais à mon entourage que rien n’empêcherait la montée la saison suivante. C’est ce qui s’est passé en 1999/2000, l’équipe réalise un parcours parfait : record de points, et un titre de champion acquis plusieurs journées avant la fin du championnat. On parle souvent du rôle de Vahid, au niveau sportif. Mais je souhaite mettre en lumière le travail exceptionnel du président Bernard Lecomte (président de la SAEM de 1994 à 2000 NDLR). Au-delà d’avoir été chercher l’entraîneur bosniaque à Beauvais, il a mené un travail de fond sur la dette accumulée par le club, qu’il a définitivement comblé en 1998. Cette rigueur a sûrement sauvé le club, et permis la privatisation réussie en 2000.

Malheureusement, vous n’avez pas pu participer à cette épopée avec votre club formateur. Non concerné par Vahid, à l’aube de la renaissance du club.

Je n’ai pas de regrets. J’étais en fin de contrat en mai 1999, je sortais de six saisons avec un certain temps de jeu. J’avais été un joueur important du club. Et là Vahid avait des plans différents : Cygan ou Fahmi s’étaient bien installés, Jonnhy Ecker allait arriver. Le club ne m’a pas abandonné pour autant. En l’occurrence JeanCharles Canonne qui travaillait en coulisse pour le président Lecomte m’avait fait une proposition de contrat avec un rôle d’encadrement des jeunes. Mais j’aurais davantage joué avec l’équipe réserve, qu’avec les pros. À 25 ans, je ne pouvais pas m’en contenter, et j’avais envie d’un nouveau challenge.

Wasquehal alors en D2 comme le LOSC, me fait une proposition concrète que j’ai apprécié. D’autant que les dirigeants de l’ESW m’ont laissé du temps, et notamment un essai à Kilmarnock, avant de me décider. Avoir cette porte de sortie, m’a peut-être libéré pour prouver ma valeur lors de l’essai d’ailleurs. Le test en Ecosse se passe bien, et finalement je décide d’accepter ce défi à l’étranger.

L’Écosse, puis un titre en Belgique

En 1999, vous démarrez une histoire d’amour avec le Kilmarnock FC. Qui conduit en 2018 à une présence dans le « Hall of Fame » du club…

Je passe six ans là-bas, je suis nommé capitaine à partir de ma troisième saison. Il faut croire que les supporters n’ont pas oublié mon passage. Encore la semaine dernière, je faisais une interview pour le site officiel. Ça fait chaud au cœur, d’avoir été intégré dans leur Hall of Fame, j’ai fait le voyage avec mon épouse. La ferveur est importante là-bas. Il faut savoir que Kilmarnock est le plus vieux club professionnel écossais, fondé en 1869.

En 2005, vous rejoignez le SV Zulte Waregem en Belgique, cela vous permet de revenir à proximité de Lille ?

Mon beau-frère (Eric Joly, encore lui), jouait à Ostende. Il était en négociation pour rejoindre Zulte, et avait glissé mon nom aux dirigeants. Finalement je signe à Waregem, mais pas lui (rires). C’est là aussi, une belle histoire qui débute. Le club était semi-pro. Nous n’étions qu’une dizaine de joueurs sous contrat pro dans le groupe, ça nous obligeait à organiser les entraînements collectifs après 17h30 en semaine. Pourtant nous remportons la coupe de Belgique et finissons 6ème en D1. Le rôle de l’entraîneur Francky Dury a été prépondérant, il avait pris le club en D3 en 2001. Je me souviens avoir lu des rumeurs sur son arrivée à Lille au départ de Rudi Garcia, ça aurait pu être intéressant.

Cette coupe de Belgique vous permet de découvrir les joutes européennes.

J’avais déjà fait un tour ou deux en Europe, avec Kilmarnock, contre les Allemands de Kaiserslautern notamment. Mais ce parcours en coupe UEFA 2006/07 est inespéré. Avec Zulte, nous éliminons le Lokomotiv Moscou en barrage, alors que les Russes sont habitués aux joutes européennes. Derrière, nous sortons d’une poule composée de l’Ajax, du Sparta, de l’Espanyol ou de l’Austria Vienne. Nous écrivons donc une belle page de l’histoire du club, avant d’être éliminés par Newcastle en seizièmes.

Frederic Dindeleux – Crédit photo : Imago

Le Newcastle United, d’un certain Sibierski ?

C’est la belle histoire. Commencer en poussin ensemble, puis se retrouver 25 ans plus tard en phase finale d’une coupe européenne. La poignée de main en fin de match est une belle image. La presse en avait parlé… comme j’étais témoin au mariage d’Antoine (rires).

Sa carrière après le football

Quand avez-vous pris votre retraite de joueur ?

Après Zulte, j’ai joué pour Ostende en D2 belge, puis Deinze en D3. Ça m’a permis de continuer à jouer jusqu’en 2012. Même si le rythme des entraînements me permettait de penser à l’après carrière. Déjà lors de mon retour d’Ecosse, mon épouse avait cette idée de tenir un commerce ensemble.

Depuis quelques années, vous tenez en effet un tabac-presse : le Totem, à Annœullin.

C’est ça. En bon lecteur de L’EQUIPE, j’allais de temps en temps acheter mon journal là-bas. J’ai vu qu’il y avait pas mal de monde, le commerce était bien situé, et la propriétaire vendait. Donc nous avons sauté sur l’occasion. C’est sûr que c’est un métier prenant. Nous sommes ouverts 7 jours sur 7, mais nous aimons le contact avec la clientèle, ce rôle social, de proximité…

En travaillant à Annœullin, dans le Nord, vous êtes régulièrement reconnu par des supporters. On vous a d’ailleurs contacté grâce à un client (@Loloval), qui nous expliquait qu’à chaque fois qu’il vous présente sa carte de paiement aux couleurs du club, vous lui faites une petite remarque sympathique.

C’est vrai que ceux qui ont connu le LOSC des années 90’ me reconnaissent. La Voix du Nord est venue faire un article aussi, au début du COVID… ç’a ravivé les mémoires. En étant situé à égale distance entre Lille et Lens, je dois dire que la clientèle est partagée entre les deux clubs. La rivalité existe mais reste bon enfant. Quand Lille fait de bons résultats, comme cette année, le football est un prétexte encore plus présent qu’à l’accoutumée. Quelques-uns s’attardent pour discuter, du bon vieux temps. Nous avons récemment restauré l’intérieur, donc je n’ai pas de maillots ou autres vestiges de ma carrière dans le tabac. Mais j’ai deux livres que je garde derrière le comptoir, quand je dois prouver que j’étais joueur pro. On rigole un peu avec ça…

Vous avez déjà été convoqué pour jouer avec l’Association des ex-dogues ?

Quelques fois oui, c’était plaisant. Mais en 2015, j’ai fait une embolie pulmonaire, qui m’empêche aujourd’hui toute pratique du football. Même pour un match de charité, je dois refuser. Il faut être raisonnable. J’ai dû recevoir un mail aussi, pour les 75 ans du club en 2019. Mais le magasin passe avant tout, je n’ai pas toujours la possibilité de me libérer. Pour autant, je reste un grand supporter.

Le titre de champion 2021

En tant que supporter, comment avez-vous vécu cette fin de saison palpitante ?

J’ai longtemps cru que Paris serait devant à la fin. En décembre ou après la trêve, notre avance était très fine. J’ai commencé à croire au titre lors de la victoire au Parc des Princes. Les deux clubs commencent le match à égalité de points, je pensais que Paris allait se détacher, mais non !

Un peu plus tard, il y a le déplacement à Lyon. A la mi-temps, le LOSC est quatrième, mais tout bascule… c’est indéniablement le tournant de la saison. Pour les derniers matchs, je n’étais pas trop stressé. Et quand tu vois cette frappe d’Yilmaz à Bollaert, tu repenses à Hazard au Vélodrome. Tu te dis que c’est un signe. Que le titre était destiné à cette équipe.

On imagine que ça ne devait parler que de ça dans ton commerce, sur la fin ?

Oui, on discutait plus qu’à l’accoutumé. J’ai vu beaucoup d’optimisme de la part des supporters. Pourtant j’ai de tout au niveau de la clientèle, de 7 à 77 ans. Certains ont connu des époques plus difficiles pour le LOSC, mais la plupart sentait que le titre ne pouvait pas nous échapper.

« Avec l’arrivée du Qatar je ne pensais pas revivre ça »

Soulagé ?

Avec l’arrivée du Qatar je ne pensais pas revivre ça. Montpellier l’avait fait en 2012, mais le PSG n’avait pas encore ses stars actuelles. Terminer devant le finaliste de la Champions League, devant des Neymar, Mbappé… c’est fort !

Avoir porté le maillot du LOSC, défendu son blason à une époque où il aurait pu disparaitre. Ça procure une sensation différente ?

Le club a beaucoup évolué. Je pense qu’il ne reste que quelques salariés déjà présents dans les années 90′. Je me considère donc comme un supporter lambda.

Enfin, quel titre vous a-t-il fait vibré davantage, 2011 ou 2021 ?

Pas facile comme question. Ma réponse spontanée irait au “football champagne” du 4-3-3 de 2011, où notre jeu d’attaque était incroyable. Mais en tant que défenseur, je me suis régalé devant la solidité défensive de cette saison, j’adore José Fonte. L’adversité était sûrement plus forte aussi cette année, avec un PSG dont le budget dépassait largement celui de Lille, et un sprint final ou chaque club du TOP 4 gagnait chaque week-end, ou presque. Je reste sur 2011. Au delà du doublé réussi avec la Coupe, il restait encore de nombreux régionaux dans l’équipe, c’est ce qui fait légèrement pencher la balance.

Un grand merci Frédéric

1 commentaire

1 commentaire

  1. David

    1 juillet 2021 at 03:15

    Grand supporter du Losc, étant à Grimonprez-jooris lors des saisons ou Fréderic joué, il est comme on le dit un joueur de devoir, professionnel, combatif, d’une grande maturité. je suis trés content pour lui d’avoir connu ces clubs qui l’ont apprécier a sa juste valeur et qui aujourd’hui encore lui rende hommage. Habitant a côté de son commerce j’ai la chance de le voir et pouvoir discuter football c’est toujours un plaisir. Bonne continuation Fred.

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