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Interview

Exclu – José Saez revient sur sa formation au LOSC et sa carrière

Emile Simon

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Crédit photo : Le Petit Lillois

Formé au LOSC à la fin des années 90’, José SAEZ aura finalement passé l’essentiel de sa carrière chez le voisin Valenciennois du VAFC, dont il est aujourd’hui coordinateur sportif. Pour Le Petit Lillois, il revient sur son parcours.

La formation au LOSC

Bien que né à Menin, du côté Belge de la frontière, c’est à Halluin que vous grandissez et commencez à taper le ballon. Cette passion pour le football, ça a commencé quand ?

J’ai toujours joué dans la rue avec les copains. A l’époque tu avais pas mal d’espaces verts. Dès l’école terminée, on prenait un ballon, on se créait des buts de fortune, et on se faisait un match. Le football n’était pas une fin en soit, plus un amusement. C’est sûrement ça qui fait que ma première licence est assez tardive… vers 13 ans.

Oui, vous arrivez relativement tard au centre de formation du LOSC : à 15 ans, en provenance de Wasquehal.

C’est ça, j’ai commencé à jouer à Halluin, puis à l’ES Wasquehal. A l’époque l’équipe première de l’E.S.W. est en D2, ses sections jeunes disputent les championnats nationaux. Sur la région tu as Lens bientôt champion de France, Lille et Wasquehal en D2. La différence entre les infrastructures et les moyens n’étaient pas encore celle d’aujourd’hui. Le RC Lens n’avait pas encore ouvert La Gaillette, Lille n’avait pas son Domaine de Luchin…

Au LOSC, vous faites effectivement partie de la génération « Système D », celle qui n’a pas connu le confort de Camphin-en-Pévèle. Pour vous c’était plutôt le terrain rouge à proximité de Grimonprez ?

Le fameux Stade Max’, ainsi qu’un petit terrain synthétique carré, au sein de la Citadelle. Ce dernier n’était même pas aux dimensions d’un terrain honneur. Tu avais quelques chambres aussi pour les jeunes du centre de formation, sous une tribune de Grimonprez-Jooris. Elles étaient uniquement réservées aux parisiens, ou joueurs venant du littoral. Pour ceux qui habitaient la métropole, le club avait mis en place deux navettes quotidiennes. Dans la mienne, il y avait Yohan Cabaye, Stéphane Dumont, Seb Pennacchio… c’est un chauffeur du club qui « ramassait » tous les jeunes logeant dans le secteur de Roubaix/Tourcoing, puis les ramenait après les entrainements.

Vous participez aux épopées en Gambardella. Demie finale en 1999, puis finale en 2000. A chaque fois c’est l’AJ Auxerre qui l’emporte.

L’AJA c’était l’ogre des centres de formation. Une majorité de leur équipe était surclassée en équipe de France jeunes (Philippe Mexès, Lionel Mathis, Djibril Cissé NDLR). La première saison, en 1998/99, on tombe sur eux en demi-finale. Notre équipe n’était pas ridicule non plus, puisque nous comptions Benoit Cheyrou, Mathieu Maton ou Mathieu Delpierre dans nos rangs, mais ça n’a pas suffi pour atteindre la finale.

On retrouve Auxerre l’année suivante, pour prendre notre revanche. La finale n’a pas été très belle à voir, mais nous sommes restés fidèles à nos valeurs. Tout donner, ne rien regretter. Ils ouvrent le score juste avant la mi-temps et dans une finale c’est souvent celui qui trouve la solution en premier qui l’emporte. Nous n’avons pas à rougir, nous avions défendu les couleurs du LOSC, jusqu’au Stade de France. En étant d’ailleurs la première équipe lilloise à y jouer (avant les pros en 2005, NDLR).

« Vivre de telles épopées, ça forge des amitiés »

Au sein de l’équipe finaliste, vous n’êtes que 4 à avoir signé pro à Lille (Stéphane Dumont expulsé en demi-finale, Matt Moussilou, Serge Djamba et vous-même). Vous étiez capitaine au Stade de France.

Je crois que j’étais capitaine toute la saison (rires).

Vous qui êtes né un 7 mai. Vous n’êtes pas passé loin du week-end parfait : entre cette finale (le jour même, en lever de rideau de Calais-Nantes), et le voyage à DisneyLand organisé par le club, pour fêter l’événement.

Ce sont de superbes souvenirs. Fouler la pelouse du Stade de France, avoir quelques amis et la famille dans les tribunes. Puis ensuite profiter entre potes d’un moment convivial dans le parc d’attractions, oui c’était cool. C’est dommage que le LOSC galvaude un peu cette compétition ces dernières années (deux participations en quarts seulement sur les 20 dernières éditions, NDLR). Vivre de telles épopées, ça forge des amitiés aussi. Encore aujourd’hui on évoque régulièrement ces souvenirs. Nous sommes restés en contact.

En réserve vous êtes intercalé entre les générations Benoit Cheyrou (né en 1981), et Mathieu Debuchy (1985). Vous avez aussi croisé Franck Ribéry (1983) avant qu’il ne soit contraint de quitter le centre. Du beau monde.

C’est clair que le centre de formation hébergeait de nombreux joueurs qui feraient carrière. Tout le mérite est à attribuer aux dirigeants de l’époque. D’abord Jean-Michel Vandamme le directeur du centre, ou des éducateurs comme Rachid Chihab ou Pascal Plancque. Quand ils étaient aux commandes, l’équipe professionnelle a pu s’appuyer sur un vivier conséquent de joueurs régionaux. Je pense que c’est une erreur de ne pas avoir poursuivi plus longtemps avec eux. Finalement, depuis l’inauguration de Luchin, l’apport vers l’équipe première est plus réduit.

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NB : Entre 2000 et l’inauguration de Luchin, la réserve a significativement alimenté l’équipe première (Cheyrou, Landrin, Delpierre, Dernis, Makoun, Moussilou, Cabaye, Debuchy, Dumont, Franquart, Mirallas, Fauvergue… étant les plus connus)

Deux préparations estivales sous Puel

A l’été 2002, à 20 ans, vous faites quelques apparitions dans le groupe pro de Claude Puel. Vous êtes notamment sur la feuille de match contre Bistrita, puis en finale d’Intertoto contre Stuttgart.

Je me souviens même être entré en jeu en toute fin de match en coupe Intertoto. Remplaçant Fernando D’Amico qui me fait alors une bise, mais c’est vrai qu’aucune feuille de match ne relate ça. Pourtant j’ai bien porté le maillot des pros une fois. Ou alors je confonds avec un amical !? (rires). Nous étions très proches avec Fernando, il me surnommait « Pépé », le diminutif de José en espagnol. Je passais pas mal de temps chez lui, car il parlait la langue de mes parents. Nous avions quelques coutumes en commun… la même mentalité.

En parallèle de votre contrat professionnel, vous apparaissez sur le poster de l’effectif 2002/03 (entre Jean II Makoun et Adekamni Olufadé), le club semble vous faire confiance, vous prenez le maillot N°2. Pourtant vous êtes prêté à Angers en National. Pourquoi ?

Le LOSC sort de deux saisons magnifiques avec Vahid, ils viennent de jouer la Champions League. Moi je n’ai que 20 ans, et je sens que je ne vais pas avoir énormément de temps de jeu. Sauf que quand tu es jeune, il faut jouer, te montrer. Donc je choisis de suivre Éric Guérit, qui était l’entraineur de la réserve lilloise (entre 1999 et 2002 NDLR), et qui viens d’être nommé à Angers. Avec le SCO ça se passe très bien, je dispute une vingtaine de matchs de National et on accroche la montée. Le LOSC et Angers se mettent d’accord pour prolonger mon prêt d’une saison et ainsi m’aguerrir en Ligue 2. Je rejoue une trentaine de matchs en 2003/04.

Nous sommes donc à l’été 2004, quand vous réapparaissez du coté de Lille. Vous faites la préparation avec le groupe pro, désormais porteur du N°27 vous participez notamment à plusieurs matchs amicaux.

Quand je reviens de deux ans de prêts, le LOSC joue de nouveau la coupe Intertoto. Serge Djamba mon collègue de Gambard’ fait la préparation aussi. Mais alors qu’il me reste un an de contrat, on se met d’accord avec Lille pour que je sois libéré en septembre, et transféré libre chez le voisin Valenciennois. En fait Daniel Leclercq avait repris l’équipe du VAFC en 2003, et il me relançait régulièrement depuis sa prise de poste.

Un destin en Nord… mais à Valenciennes

A Valenciennes, ce sera une très belle histoire. Deux montées successives, champions de N1 en 2005, puis champion de L2 en 2006. 245 matchs en dix ans dans le Hainaut, dont 8 saisons parmi l’élite.

C’est clair que Valenciennes m’a tout apporté. J’ai adoré, le public, la ville, les gens. Forcément, on reste dans le Nord, ce sont les mêmes valeurs qui me plaisaient à Lille, la convivialité, l’effort, le travail. Le fait que j’arrive alors que le club est en troisième division, m’a permis de gravir les échelons progressivement. La première année, je m’installe dans le onze, je marque 8 buts en National, on termine champion et on monte en Ligue 2. Ensuite, Antoine Kombouaré succède à Daniel Leclercq, on termine de nouveau Champions, synonyme d’accession en L1. En deux ans, je passe du National à la Ligue 1, c’est beau !

Crédit photo : Imago

Vous avez stabilisé le club près de 10 ans au sein de l’élite.

Entre 2006 et 2011, on trouvait toujours un équilibre entre joueurs expérimentés et jeunes talents. Par la suite, il y a eu une perte simultanée de nombreux cadres. La saison 2013-2014 a fait très mal. D’autant que derrière, la descente place le club dans une situation financière délicate. Le club a failli repartir en CFA (sur décision de la DNCG en juin 2014).

Fin de carrière à Caen

Vous n’avez pas vécu cette descente aux enfers de VA. Vous étiez parti du côté de la Normandie quelques mois plus tôt ?

C’est ça, j’ai tenté un dernier pari au SM Caen après dix ans comme joueur du VAFC. J’ai quitté Valenciennes lors du mercato d’hiver en janvier 2014. Mes adieux au micro du stade ont été émouvants (vidéo depuis les tribunes ici, voir 2’14).

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Après vos débuts à Angers, Caen n’est que votre deuxième expérience loin du Nord.

Je suis très attaché à la famille. Mes parents vivent dans la métropole lilloise, donc je me suis très peu éloigné au cours de ma carrière. Au départ, je pars d’un club de L1 pour la L2. Mais à Caen je trouve des mecs qui seront champions du monde quatre ans plus tard comme N’Golo Kanté, Thomas Lemar. L’équipe tourne bien, et six mois plus tard je retrouve donc la L1 avec le Stade Malherbe, alors que VA fait le chemin inverse. J’étais triste pour mes ex-coéquipiers et les supporters de « Véha ». Lors de la saison suivante, je fais peu de rencontres (5 matchs TCC en 2014/15, NDLR), et prends ma retraite sans avoir connu de descentes dans mes clubs respectifs, contre quatre montées : une à Angers, deux à Valenciennes et une à Caen. Pas mal non ? (rires).

Reconversion express

Et ensuite, retour au VAFC ?

Avant même mon départ, j’avais signé une reconversion avec le club, qui me donnait la garantie de pouvoir revenir en CDI dans la cellule de recrutement. Je me suis donc occupé des transferts entre 2016 et 2018, j’ai par exemple obtenu le prêt de Lebo Mothiba, qui a tant fait parler. Ensuite à l’été 2018, je suis passé coordinateur sportif. De sacrés responsabilités. Je continue de m’occuper de la cellule de recrutement, avec un rôle complémentaire d’assurer la liaison entre le centre de formation et le groupe professionnel. Je suis en constante relation avec le président et l’entraineur de l’équipe première.

Il faut savoir évaluer le bon moment pour faire monter un jeune prometteur chez les pros. Depuis cinq ans, on arrive à se stabiliser en L2, même si on cherche avant tout à être compétitifs pour remonter. Nous sommes partis d’assez loin, suite aux difficultés financière de 2014. Ça nous oblige à nous appuyer énormément sur nos jeunes, qui constituent 30 à 40% de l’effectif pro. Et j’aime ça.

« Tout le monde a été perdant dans cette affaire ! »

Revenons sur l’épisode Mothiba, dont le prêt entre Lille et Valenciennes, avait été rompu prématurément en janvier 2018, moyennant une indemnité financière de la part du LOSC.

Tout le monde a été perdant dans cette affaire ! Lebo était en prêt chez nous et devait rester toute la saison, c’était notre meilleur buteur, le perdre le dernier jour du mercato hivernal nous mettait en danger pour la suite de notre saison… Mais le joueur voulait absolument retourner sur Lille, sentant qu’il allait avoir du temps de jeu en L1, donc on a dû trouver cet arrangement, en obtenant une indemnité de la part du LOSC. Les Lillois n’avaient pas trop le choix de toute façon, vu leur classement en championnat et leur interdiction de recrutement, ils ne pouvaient que tenter de rapatrier leurs joueurs prêtés.

Lebo, c’est VA qui a terminé sa formation. Quand j’ai été le chercher à Lille en janvier 2017, il n’avait pas encore joué en pro avec eux (à peine quelques minutes en Coupe de France NDLR). Derrière, il vient chez nous six mois, marque quelques buts. On propose donc de le conserver un an de plus, et là il décolle, en marquant une dizaine de buts sur la phase aller. Clairement l’erreur est lilloise sur ce dossier. Le « ménage » réalisé à l’arrivée de Bielsa n’avait pas eu que du bon. Finalement, ils sont rentrés dans leurs frais, déjà Lebo met pas mal de buts importants pour le maintien du LOSC, puis il est transféré vers Strasbourg, pour une belle somme quelques mois plus tard.

Un joueur comme Lenny Nangis, que vous aviez côtoyé comme joueur à Caen, c’est aussi vous qui l’avez fait venir à Valenciennes ?

Lenny était en équipe de France Espoirs lorsque je l’ai croisé à Caen. Après l’épisode du loft à Lille, il était libre de tout contrat (résiliation le 31 aout 2017 NDLR), donc on a tenté le coup. On l’avait fait signer pour trois ans, il a d’ailleurs eu pas mal de temps de jeu la première année, mais il a rejoint le championnat grec dès l’été suivant.

Vous êtes né en Belgique, vos parents sont espagnols et vous avait vécu toute votre vie en France. Une triple nationalité ça ne doit pas être simple à l’approche du Championnat d’Europe des Nations en juin ?

Mon cœur est mes coutumes ça reste l’Espagne. Ma sœur et mon frère vivent là-bas. Donc je penche plutôt pour la Roja.

Un grand merci à toi José (ou Pépé !)

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