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Interview

Exclu – Corentin Halucha : « Quoi qu’il arrive, je fais partie de la famille LOSC »

Emile Simon

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Crédit photo : Imago

Corentin Halucha, sous licence avec le LOSC entre 2004 et 2017, n’aura porté le maillot de l’équipe première qu’à une seule reprise, sous Girard. Quatre ans après son départ, le défenseur revient sur son aventure lilloise, sans concession…

Formation au LOSC

Pur régional, né à Roubaix puis pensionnaire de l’US Tourcoing, vous intégrez le LOSC dans le cadre des clubs partenaires de la région ?

Oui, c’est ça. A l’époque c’est Michel Vandamme (le père de Jean-Michel, NDLR), et Francis Dubreucq qui sillonnaient les stades de la Métropole. Ils étaient chargés d’observer les jeunes des clubs partenaires. Michel et Francis étaient très connus dans le secteur, et étaient surnommés “les papis”. Malheureusement les deux nous ont quittés depuis.

Dès mes 7 ans, ils ont commencé à s’intéresser à mes prestations, puis se sont mis d’accord avec Tourcoing, pour que j’intègre les U9 du LOSC, en 2004. Ensuite c’est le parcours classique au centre de formation lillois : d’abord le collège Lavoisier, puis le lycée Jean-Perrin de Lambersart. En première, on termine Champions de France UNSS des “sections sport-études”. Puis dès l’obtention de mon Bac STG, j’intègre Luchin. Au même moment Philippe Bergeroo me convoque en Équipe de France U18 (génération Martial, Maignan, Lenglet… NDLR)

Intégrer Luchin ça permet de te concentrer davantage sur ton rêve, tu n’as plus d’excuses, ta chambre individuelle est au deuxième étage, les cours au premier et les vestiaires au rez-de-chaussée face aux plaines d’entrainement. Cependant, je suis content d’avoir connu les deux aspects. Une vie dans un lycée “classique”, avec des camarades des classe qui ne sont pas apprentis footballeurs et la vie en centre de formation. En U19, je signe d’abord un contrat aspirant, puis stagiaire. Qui m’amène à jouer mon premier match en CFA, quelques jours après mes 18 ans.

A Luchin, quel était votre voisin de palier ?

C’était Divock Origi qui occupait la chambre voisine. Même s’il a eu sa chance dès 2012 avec Rudi Garcia, au début ça n’était pas simple pour lui. Il avait démissionné à Genk et ça l’avait empêché d’avoir une licence pendant plusieurs mois (la mutation litigieuse entre le KRC Genk et le LOSC en 2010, a donné lieu à une procédure devant la FIFA puis le Tribunal arbitral du sport NDLR). Parmi les joueurs nés en 1995, il y avait aussi Jean Butez ou Nolan Mbemba. Et dans la promo 1996, Benjamin Pavard, Alexis Araujo ou Pierre Grébaut.

A Luchin, vous avez connu plusieurs entraineurs (Stéphane Adam, Stéphane Dumont, Rachid Chihab ou Patrick Collot). L’un d’eux vous a-t-il apporté plus que les autres ?

Je dirais, que tous m’ont apporté une pièce différente. Par exemple, Stéphane Adam, ou Stéphane Dumont étaient assez proches de leurs joueurs, ils savaient nous mettre en confiance, pour tirer le maximum de nous. On pouvait discuter facilement. Rachid Chihab est réputé pour être plus froid. Avec lui, la confiance, tu dois la chercher tout seul, te faire davantage violence, il ne fait pas de promesses. Ça développe d’autres aspects, notamment le mental. D’une manière générale, la politique du club était certes de former des footballeurs, mais également des hommes. Le comportement vis-à-vis de l’équipe était important dans les choix de nos éducateurs, au moins autant que le talent pur. Patrick Collot était un peu de la même trempe. Si tu ne respectais pas le groupe dans la semaine, il te mettait sur le côté, pour te remettre la tête sur les épaules.

« Je pense que cette méritocratie les a desservis quand Luis Campos a pris la main sur la gestion du centre »

Je pense que cette méritocratie les a desservis quand Luis Campos a pris la main sur la gestion du centre. La nouvelle politique misait davantage sur le trading, et pouvait avoir tendance à valoriser certains jeunes plutôt que d’autres. Empiler les contrats pros ça n’a pas aidé non plus, il y avait une surpopulation à certains postes, ça ne devait pas être facile à gérer pour le coach en place.

 

René Girard et la chance en professionnel

Il y a sept ans, en janvier 2014, René Girard vous convoque pour un stage de reprise à Marbella.

Tout à fait. Le lendemain du réveillon, on part à Marbella, en Andalousie pour trois jours de stage. Le club est sur le podium et prépare la phase retour. René Girard m’explique que la longue blessure de Franck Béria, et le transfert en suspens de Sébastien Corchia l’encourage à m’intégrer, au cas où. J’étais sur un petit nuage. Déjà rien que la destination, ça donne envie, en plein hiver s’entrainer au sud de l’Espagne à 20°C… ça plante le décor.

J’avais la pression forcément, il y a eu un léger bizutage, mais j’en garde de bons souvenirs. Au retour, notre avion atterri à Beauvais, et là deux bus sont sur le tarmac de l’aéroport. L’un rentre directement à Lille, et l’autre se rend à Amiens, pour un 32e de finale de Coupe de France. En moi-même je me voyais rentrer à Lille, déjà content d’avoir pu participer au stage, mais à ma grande surprise je me retrouve dans le bus pour Amiens.

Vous faites d’ailleurs votre première apparition en pro, lors de ce match face à l’Amiens AC.

Toujours prudent, je ne m’enflamme pas, en me disant que je serai peut-être en tribune. Mais non, je suis bien sur le banc. Le match débute… malheureusement on prend rapidement un but (6e minute), donc je me dis que c’est mort, je ne rentrerai jamais. Mais Salomon Kalou nous remet rapidement dans le match, puis on enchaine. Vers la 70e on mène 3-1. A peine le ballon franchi la ligne pour le troisième et Girard se retourne pour me demander d’aller me préparer. Je n’ai pas eu le temps de cogiter. Pendant l’échauffement, je ne sentais que ma tête, plus du tout mon corps ou mes jambes. Je remplace Pape Souaré, sans vraiment réaliser que je joue avec les pros. Ce n’est qu’au coup de sifflet final que je me rends vraiment compte des tribunes pleines, du fait qu’il y avait plus de monde que d’habitude.

Comment se passe l’après-match ?

Déjà les télévisions sautent sur le “petit-nouveau”, j’ai dû me plier à quelques questions. Quand je rentre au vestiaire, les anciens ont été cools. Tout en me faisant comprendre qu’il y avait encore énormément d’étapes à franchir, ils m’ont félicité. Quoi qu’il arrive, je faisais partie de la famille, de ceux qui avait porté au moins une fois le maillot du LOSC sur une pelouse en pro. Juste avant de monter dans le bus, René Girard, avec son coté paternaliste, me tape l’épaule et me remet le CD vidéo du match, en me disant de le garder au chaud. Une attention sympa. Ce n’est qu’une fois assis dans le bus que je rallume mon portable, et là ma boite était pleine. La folie !

« Déjà en tant que supporter du LOSC, j’étais comme un gamin devant ses idoles »

Plusieurs convocations avec l’équipe première, puis la consécration avec la signature d’un contrat pro 

Ces mois de janvier, février 2014 restent inoubliables. Déjà en tant que supporter du LOSC, j’étais comme un gamin devant ses idoles. Trois ans après le doublé de 2011, il restait encore Rio Mavuba, Florent Balmont, Franck Béria, Tulio De Melo ou David Rozehnal…  J’étais encore stagiaire, je fais un banc en L1 (à Nice le 02/02/14), puis face à Caen au Stade Pierre-Mauroy, en seizième de finale de Coupe. Tout ça débouche sur la signature d’un contrat professionnel de trois ans en juin 2014. Trois ans, ce n’est pas rien, ça n’est pas le contrat d’un an pour services rendus. J’étais très fier. Derrière je participe à la préparation estivale en Autriche, puis à un amical contre Mouscron.

Crédit photo : Imago

Malgré un effectif taillé pour jouer l’Europa League, le club vit une saison difficile. René Girard ne sera d’ailleurs pas conservé. Votre statut de titulaire en réserve, ne vous permet pas pour autant de réapparaitre en équipe première. Quel bilan tirez-vous de ces trois ans sous contrat pro ?

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J’étais lucide, je n’ai jamais été la pépite de ma génération, celui dont tout le monde disait “lui finira pro”. J’avais des qualités, et des lacunes sur lesquelles j’ai progressé. Je ne refusais pas le travail, mais ça n’a pas suffi pour voir plus haut. L’une des plus grandes déceptions, est de ne pas avoir pu fouler la pelouse du Stade Pierre-Mauroy. L’avoir vu sortir des terres, puis y jouer aurait été un bel aboutissement. Comme la plupart des supporters, j’ai suivi la saga du Grand Stade avec impatience. Quand j’intègre le LOSC en 2004, on nous parlait de Grimonprez-Jooris II, puis il y a eu le Stadium, le choix entre les différents projets de la Borne de l’Espoir… Je regardais les photos de l’avancement des travaux… Ça n’est pas passé loin, contre Caen en Coupe, je suis sûr que si le score est moins serré (2-2, qualification aux tirs aux buts, NDLR), Girard m’aurait fait rentrer.

Je pense aussi que j’ai débuté trop tôt avec les A, à 18 ans j’étais naïf, un peu trop gentil surement. On va dire que j’ai eu ma chance au mauvais moment. J’étais bien plus armé deux ans plus tard, après ma saison aboutie en CFA2. A 20 ans, j’avais beaucoup travaillé sur le côté physique et j’étais à mon avis plus proche du niveau professionnel. Mais Frédéric Antonetti a préféré signer Carlens Arcus pour assurer le rôle de troisième latéral.

« Le passage d’Antonetti à Lille m’a été défavorable »

Frédéric Antonetti ne croyait pas en vous ?

Avec Antonetti ça s’est mal passé. Comme évoqué plus haut ma saison 2015-2016 fut très bonne en réserve. Après la descente en 2015, nous sommes champions de CFA2, et remontons directement. Je suis titulaire, et très bien physiquement. Si Seydoux choisit le binôme Collot/Dumont pour succéder à Hervé Renard chez les pros, c’est certain que ça n’aurait pas été la même histoire. Antonetti choisit de recruter des latéraux comme Carlen Arcus ou Julian Palmieri, alors que Sébastien Corchia, Franck Béria voire Youssouf Koné ou Hamza Mendyl sont déjà là. A partir de là, les places deviennent encore plus chères. Même en réserve ça posait problème. Je n’ai rien contre Arcus, qui prouve actuellement sa valeur à Auxerre. Mais comme il devait systématiquement jouer en équipe B, Rachid Chihab m’a fait passer milieu droit, pour lui permettre d’avoir du temps de jeu.

Le passage d’Antonetti à Lille m’a été défavorable, voire même influencé négativement certaines opportunités de rebondir ailleurs, quand Chateauroux, Amiens ou un club corse s’étaient renseignés. Pourtant humainement ça allait, j’ai toujours eu une relation respectueuse avec mes coachs. Mais il avait une approche différente avec les jeunes. Regardez avec Benjamin Pavard. D’accord, il avait une manière de jouer un peu nonchalante, mais Antonetti n’a pas vraiment cherché à le faire changer, et il ne lui apportait pas beaucoup de confiance. Exemple, à Montpellier en février 2016, il le fait rentrer puis sortir au cours d’un même match (Pavard remplace Civelli à la 30e avant d’être à son tour remplacé à la 63e, NDLR). Ce n’est pas idéal pour lancer un espoir. Pour autant, ça a surement permis à Ben’ de rebondir en Allemagne et d’avoir la trajectoire qu’on lui connait.

Vous êtes resté proche de Benjamin Pavard ?

Benjamin est un ami. On s’était constitué un solide groupe de potes avec Alexis Araujo, Pierre Grébaut, Benjamin et moi-même.

Oui, la fameuse photo de la Fan zone de l’Euro 2016…

Exactement, quand Benjamin a été champion du Monde 2018, cette photo a fait le tour du web, beaucoup de monde s’étonnait que deux ans auparavant, il regardait les bleus depuis la Fan Zone de Lille. C’est clair que ça été fulgurant pour lui. Pour la petite histoire, nous étions partis en vacances tous les quatre, et en rentrant on est passé par la Fan Zone proche de la gare EuraLille. Il faut savoir qu’en centre de formation, il y a de la jalousie, chacun pense avant tout à sa carrière individuelle c’est normal, mais l’amitié est sincère entre nous quatre, nous étions contents quand ça marchait pour l’un ou l’autre d’entre nous. Même si sa notoriété le rend forcément moins disponible, nous sommes toujours en contact avec Benjamin.

 

La fin de l’aventure lilloise en juin 2017

Vous parliez tout à l’heure d’un changement important lors des arrivées de Gérard Lopez et de son conseiller Luis Campos. Qu’est-ce qui a le plus changé au sein de la formation ?

Pour nous le contrat pro c’était le graal. L’obtenir nécessitait plusieurs étapes. Il fallait d’abord jouer en réserve, puis s’entrainer régulièrement avec les pros avant d’y prétendre. Même en tant que stagiaire, tu pouvais faire comme moi quelques bancs ou entrées en jeu en équipe première, avant d’espérer de passer pro. Là, on voyait des joueurs arriver de nulle part, des U17, U19 qui signaient professionnels pour cinq ans. Ils ne s’étaient pourtant jamais entrainés avec un effectif pro. Il n’y avait plus de logique.

La communication n’était pas excellente non plus par rapport à ce qu’on avait connu. En général chaque saison, tu étais fixé sur ton sort dès le mois d’avril. Mais lors du rachat de Lopez, nous n’avons pas été reçu avant le mois de juin 2017. Il a même fallu que Sébastien Pennacchio râle un peu ; en expliquant que ceux qui ne seraient pas conservés auraient du mal à se retourner si tard.

L’ombre de Marcelo Bielsa planait depuis un moment, l’argentin avait réclamé les données statistiques de tous les jeunes, puis organisé des tests médicaux poussés sur certains. Ceux qui n’étaient pas dans la liste comme moi, avions donc compris que nous devrions laisser notre place.

Qui vous annonce la décision de ne pas vous prolonger ?

C’est Stéphane Adam et Patrick Collot qui me reçoivent, pour me dire que l’aventure au LOSC est terminée. Ils ne me reprochent pas mon état d’esprit, en soulignant d’ailleurs que j’arrive avant et repart après l’heure à l’entrainement, que je continue de progresser sur mes lacunes. Mais qu’à 21 ans, je suis trop vieux pour le projet…

Forcément je suis déçu, pas tant sur le fond, car le tri, on y est préparé, depuis tout petit on sait qu’il n’y a que peu de chances de signer pro et de durer au plus haut niveau, mais j’étais surtout déçu pour la forme. J’ai passé plus de dix ans au sein du club, j’en étais supporter avant même de l’intégrer. J’ai contribué à faire remonter l’équipe B de CFA 2 en CFA, et là on attend le dernier moment, pour m’annoncer que je suis trop vieux.

« J’étais triste pour Vincent Enyeama ou Marko Basa, ce sont des mecs gentils »

Gérard Lopez a quitté le club en décembre 2020, poussé vers la sortie par les fonds d’investissements devenus majoritaires. Son passage à la tête du club restera particulier. Quel est votre avis sur son bilan ?

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L’équipe première est revenue sur le devant de la scène, mais peut-être au détriment de l’identité régionale et de l’histoire du club, qui ont été mises de côté. En 2016, en réserve il y a déjà quelques joueurs étrangers. Notamment venus d’Académies Africaines comme Yves Bissouma, Rominigue Kouamé, Youssouf Koné ou Lebo… Ils nous apportaient leur culture et se sont très bien intégrés, c’était un vrai plus pour le groupe ; qui restait essentiellement composé de joueurs de la région ou formés au club depuis plusieurs années.

Pour le supporter, c’est aussi important de pouvoir s’identifier à quelques joueurs du cru. Comment obtenir ce supplément d’âme, l’amour du maillot, si ton vestiaire, y compris en U19 ou en réserve n’est constitué que d’étrangers ou de joueurs de passage.

Le tri fait partie du football, ceux qui ne sont pas retenus, comme moi, c’est qu’à un moment il manque quelque chose, soit au niveau mental, soit technique, soit physique… Mais entre 2017 et 2020, je n’ai pas apprécié la table rase réalisée sur vingt ans d’histoire. Comme si le club n’avait pas existé avant le rachat. Pourtant les titres ou campagnes européennes n’ont pas attendu Lopez. Je me demande comment Campos aurait pu attirer des joueurs comme Renato Sanches au LOSC, sans l’outil de Luchin, ou le Grand Stade. On parlait même du “Barça du Nord” en 2011… plusieurs joueurs du doublé étaient en Équipe de France… ça n’est pas rien.

Pour les avoir côtoyé j’étais triste pour Vincent Enyeama ou Marko Basa, ce sont des mecs gentils. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas eu un seul communiqué sur leur départ. Marko était stratosphérique, l’un des meilleurs défenseurs du championnat. J’ai eu le bonheur d’entendre un mot sortir de sa bouche, à mon encontre et en français en plus (rires).

Pensez-vous qu’Olivier Létang puisse faire mieux sur ces aspects de la formation, de l’identité et du rapport aux anciens ?

J’ai l’impression que l’arrivée d’Olivier Létang va permettre de revenir à quelque chose de plus classique. Il y aura toujours du trading, mais il semble prendre conseil auprès d’anciens, vouloir valoriser davantage l’ancrage régional. On voit également que les anniversaires d’anciens joueurs sont de nouveau souhaités sur les réseaux sociaux.

Dernièrement, Michel Castelain m’a proposé d’intégrer l’Association des Anciens du LOSC, pour jouer avec eux dans les matchs de charité ou de gala. Il y a quelques temps j’aurai surement refusé, mais la page est tournée, je suis content qu’un club, peut importe son standing, puisse continuer à maintenir ce côté “familial”.

 

Un parcours en amateur

Dix ans au LOSC sur un CV, ça doit ouvrir quelques portes non ?

Je fais quelques tests à Boulogne ou Dunkerque en National, ils étaient intéressés, mais ne pouvaient pas me faire signer de contrat fédéral. Même soucis financier avec la réserve de Lorient, avec laquelle je fais plusieurs amicaux et une ou deux passes décisives. En fait, le contrat pro que j’avais signé à Lille les obligeaient à s’aligner sur un montant conséquent, alors qu’ils avaient déjà quelques solutions derrière. Toutefois, j’ai été agréablement surpris par la philosophie de Lorient. Leur équipe réserve jouait très technique, le beau jeu, il y avait une recherche constante de bien ressortir le ballon. J’y ai croisé Illan Meslier, l’actuel gardien français de Leeds.

« La découverte du monde amateur ça reste une claque »

Finalement vous rebondissez à l’IC Croix 

Oui, c’est un club qu’on croisait régulièrement en réserve, donc je connaissais leur niveau et eux le mien. Croix sortait de plusieurs campagnes intéressantes en Coupe de France, et avait un budget pour être ambitieux. A titre personnel, la découverte du monde amateur ça reste une claque, il a fallu quelques mois pour m’adapter. Et puis j’ai commencé à me blesser régulièrement, j’ai donc été moins visible qu’un joueur qui a envie de rebondir.

S’en suivent plusieurs mutations

J’accepte ensuite un challenge en Belgique, mais une fissure du ménisque oblige une opération chirurgicale et met fin à ma saison. C’est donc à Feignies, où je retrouve le coach Chihab que j’espère cette fois rebondir. Avec ce coach, il fallait batailler pour gagner sa confiance, je l’ai obtenue au fil des années, même hors LOSC, et j’en suis très fier car peu de joueurs en ont été capable.

Malheureusement je subi une nouvelle lésion méniscale, en plus Rachid Chihab ne reste qu’une année, et les joueurs qu’il connaissait comme Lesueur ou moi-même en faisons un peu les frais. Le jour de mes 25 ans, Feignies m’annonce qu’il ne prolonge pas mon contrat fédéral.

Nous sommes en juin 2020, le football c’est terminé ?

Heureusement, on rencontre aussi de belles personnes dans le foot. Messaoud Bouardja un coéquipier de Feignies, avec qui je faisais la route au quotidien, me propose d’envoyer un SMS au coach de l’ES Wasquehal qu’il connait. Le club remonte de DH. La famille Cabaye, Geoffrey et son papa Didier sont aussi à l’ESW, ça permet d’envisager une arrivée. De toute façon, j’ai déjà fait le deuil de mon contrat fédéral et j’accepte naturellement de basculer sur un contrat amateur. La suite vous la connaissez, l’arrêt des championnats en octobre 2020, puis l’annonce récente d’une saison blanche. C’est dommage, nous étions leaders en N3. Pour autant, je m’inscris pleinement dans le projet de faire remonter l’ESW la saison prochaine. Ça reste un club avec une petite histoire sur la métropole lilloise, avec ces saisons de D2 entre 1997 et 2003.

Basculer définitivement en amateur, ça vous donne plus de temps pour réfléchir à la reconversion.

En dehors du COVID, la semaine reste chargée, puisqu’on s’entraine quatre jours sur sept, sans compter le match du week-end. Mais oui, ça laisse du temps par rapport à un agenda de professionnel. Dans un premier temps, j’ai tenté le métier de consultant immobilier indépendant, mais je n’ai pas trop accroché. Puis lors du premier confinement en mars 2020, je me suis mis à réaliser des œuvres d’art, en utilisant notamment l’encaustique (une technique de peinture qui utilise des pigments mélangés à de la cire d’abeille NDLR). C’est venu comme ça.

J’avoue aussi, que ma petite notoriété d’ex footballeur, couplée à ce projet atypique, m’ont permis d’avoir un peu de visibilité. Quelques pages dans la Voix Du Nord, ou dans SoFoot… qui ont débouchés sur des retours positifs de la profession. L’approbation de “véritables” artistes me pousse et ça me motive à persévérer. D’ailleurs, je compte reprendre des études sur le sujet en intégrant l’EFFICOM en septembre.

Je ne me prends pas la tête. De toute façon, avec mon expérience dans le football, j’ai appris à garder les pieds sur terre. L’objectif est d’élargir mon carnet d’adresses, de m’ouvrir quelques portes, et pourquoi pas de pouvoir exposer mes œuvres. Me projeter plus loin, ça reste prématuré, l’art c’est aléatoire, ça peut toucher un public tout comme rester confidentiel toute une vie.

Un grand merci à toi Corentin !

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