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Interview

Exclu – Mickaël Landreau : « Je pense qu’ils peuvent clairement être champions »

Rédacteur Ponctuel

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Crédit photo : Imago

Pour célébrer les dix ans du doublé, Le Petit Lillois vous propose de remonter dans le temps à travers une série d’articles et d’entretiens avec les anciens joueurs de cette saison historique. Premier épisode avec le gardien le plus capé de l’histoire du Championnat de France : Mickaël Landreau.

Le gardien du temple

A l’aube de la saison 2010-2011, la hiérarchie au poste de gardien de but est claire. Mickaël Landreau, arrivé un an auparavant en provenance du PSG, part logiquement avec une place de titulaire au sein des cages nordistes. Du haut de ses 477 matchs de championnat, l’international français apporte toute son expérience et sa sérénité à une défense lilloise qui se retrouve régulièrement exposée aux attaques adverses. En effet, le style de jeu de Rudi Garcia, résolument porté vers l’attaque, crée des brèches qui peuvent permettre aux équipes adverses de trouver des espaces plus facilement en contre-attaque. L’ancien nantais est suppléé par Alexandre Oukidja, jeune gardien du centre de formation, et par Barel Mouko, vieille connaissance du coach Garcia.

Le début de saison 2010-2011 ressemble à celui de la saison précédente : le LOSC balbutie son football, ne parvient pas à retrouver ses fondamentaux et termine le mois d’août avec quatre matchs nuls, deux petits buts marqués et une bien triste onzième place. Satisfaction notable : le LOSC reste très solide, n’encaissant que deux buts. Il le doit en partie à son gardien Mickaël Landreau, auteur de deux belles prestations face au PSG et Rennes notamment. Doté d’un très bon jeu au pied, doué sur sa ligne et très bon dans l’anticipation, l’ancien parisien montre toute l’étendue de son talent. Cette solidité défensive va se poursuivre jusqu’à la fin de la saison, le LOSC terminant deuxième meilleure défense avec 36 buts encaissés.

 

Un grand gardien pour une grande équipe

Après ce début de saison en demi-teinte, le LOSC retrouve son niveau de jeu de la fin de saison passée, et enchaîne les victoires. Les Dogues peuvent compter sur une attaque de feu, composée de Gervinho, Eden Hazard et Moussa Sow. Mais résumer cette équipe à ses seules qualités offensives serait trompeur : le succès de cette saison 2010-2011 tient aussi en grande partie à la défense lilloise. Le LOSC est désormais attendu par ses adversaires, qui profitent de la moindre ouverture pour se projeter en contre et prendre à défaut la défense lilloise. Mais c’est sans compter sur les performances de haute volée du gardien des Dogues. En décembre, le LOSC échappe au piège tendu par une valeureuse équipe d’Arles-Avignon. Landreau sauve les meubles à plusieurs reprises avec des arrêts de grande classe. Le LOSC termine l’année 2010 avec un titre honorifique de champion d’automne, et le gardien lillois n’y est pas étranger. Plus encore, c’est pendant la deuxième partie de saison que Mickaël Landreau endosse le rôle de sauveur à plusieurs reprises. Dans le derby face à Valenciennes, l’ancien nantais sort le grand jeu avec plusieurs arrêts décisifs dans les pieds de Nam ou repoussant une frappe aux vingt mètres de Renaud Cohade. Le LOSC s’impose finalement 2-1 face à de valeureux valenciennois. Lors de la 32e journée, le LOSC se déplace à Lorient. Dans un match ultra-dominé par des Merlus survoltés, le portier sort un match de grande classe. En première période, Mickaël Landreau repousse un à un les assauts lorientais. Il arrête une frappe surpuissante de Mvuemba, sort parfaitement dans les pieds de Gameiro et dévie la tête croisée d’Amalfitano du bout des doigts. Repliés dans leur camp durant toute la seconde période, les Dogues ne pourront faire mieux qu’un match nul, mais peuvent remercier leur dernier rempart, héroïque tout au long de la rencontre. Le LOSC perd sa place de leader et doit réaliser un sans faute pour continuer de rêver à un titre de champion de France.

 

Un sprint final parfait

A l’entame du mois de mai, le LOSC n’a pas le droit à l’erreur. L’écart s’est resserré avec son dauphin, l’Olympique de Marseille. La semaine du 14 mai est cruciale pour les Dogues, qui commence par un déplacement important en milieu de semaine à Geoffroy-Guichard pour conserver une place de leader, avant la finale de la Coupe de France tant attendue par les supporters. Et (comme souvent), lorsqu’il faut sortir le grand jeu, Mickaël Landreau répond présent. Dans un chaudron chaud bouillant, le LOSC est rapidement mené au score par des verts survoltés grâce à une réalisation d’Emmanuel Rivière. Au quart d’heure de jeu, l’inévitable Tulio de Melo égalise d’un superbe but de l’extérieur du pied. Mais à peine cinq minutes plus tard, sur une nouvelle incursion d’Emmanuel Rivière, l’arbitre du match siffle un pénalty, inexistant, qui peut permettre aux Verts de repasser devant au score. Bakary Sako s’élance… et bute sur la main ferme de Mickaël Landreau ! Entraînés par un certain Christophe Galtier, les stéphanois voient une à une leurs tentatives être repoussées par le portier des Dogues. A la demi-heure de jeu, l’ancien nantais sort une nouvelle fois une parade exceptionnelle, à bout portant, face à Sako. En deuxième période, l’incroyable se produit : alors que le rythme est retombé d’un cran, le capitaine Rio Mavuba, sans solution aux trente mètres, décide de frapper. Légèrement contrée, sa frappe termine dans le petit filet d’un Jérémie Janot impuissant. Le LOSC gère la fin de match, Hazard sort sous les applaudissements d’un chaudron admiratif : les lillois sont lancés vers le titre. Score final : deux buts à un dans ce qui est assurément l’un des matchs clés de cette saison historique. Trois jours plus tard, le LOSC a rendez-vous avec l’histoire, pour affronter un PSG qui s’apprête à passer sous pavillon qatari. 25 000 supporters lillois font le déplacement jusqu’à Saint-Denis et espèrent voir le LOSC soulever sa sixième Coupe de France. Dans un match crispé, les Dogues dominent le premier acte de la rencontre, sans toutefois se procurer de réelles occasions. Mais en deuxième mi-temps, les parisiens se montrent plus dangereux. Le corner rentrant de Nene est proche de tromper la défense lilloise… mais Landreau sauve sur sa ligne. Dix minutes plus tard, Chantôme tire aux vingt-mètres mais le gardien lillois repousse encore et rassure sa défense au meilleur des moments. À deux minutes de la fin, le LOSC est délivré par l’entrant Ludovic Obraniak d’un magnifique coup-franc du gauche. Les lillois exultent, et malgré quelques frayeurs dans les dernières minutes, finissent par s’imposer par la plus petite des marges face au club francilien. Une semaine plus tard, face à ce même PSG, le LOSC fait match nul et est sacré champion de France. Comme en 1946, les Dogues réalisent le doublé.

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Le LOSC version 2010-2011 peut se reposer sur des valeurs sûres, et son gardien Mickaël Landreau en fait assurément partie. Auteur de parades déterminantes tout au long de la saison, le portier lillois participe grandement à la conquête de trophées attendus depuis plus de 56 ans. Malgré une saison plus qu’aboutie et une nomination pour le titre de meilleur gardien du championnat, l’international français est devancé par Steve Mandanda aux trophées UNFP. Qu’importe, dans le cœur des lillois, le gardien de la saison 2010-2011, c’est bien Mickaël Landreau.

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L’entretien avec… Mickaël Landreau

L’ancien gardien du doublé du LOSC a accepté de répondre aux questions du Petit Lillois !

Mickaël, lors de l’été 2009, à peine arrivé au LOSC vous êtes victime d’une grave blessure au genou. Quel est votre sentiment à ce moment-là ?

Ce n’est pas évident. Dès la première semaine, je suis victime d’une grave blessure, mais ça ne change rien à mon état d’esprit. Je suis tout de suite hyper positif, et je souhaite être opéré le plus vite possible, pour pouvoir revenir du mieux possible. J’ai eu la chance de faire une super rééducation. Je pense que, sur le court terme, ça a été plus difficile pour le club que pour moi. Ils étaient venus me chercher, ça devait être difficile pour eux d’apprendre que je ne débuterai pas le championnat. Ça fait partie des aléas d’une carrière, mais ce que je retiens c’est que j’ai pu bien revenir, et ça ne m’a pas empêché de découvrir le club et le groupe.

Comment s’est passé votre adaptation dans le Nord ?

Déjà, il y avait réciproquement beaucoup d’humilité et de simplicité, avec les supporters d’un côté et moi de l’autre. En arrivant dans le Nord, j’ai découvert des gens agréables, conviviaux… Ce fut une très, très belle expérience.

Finalement, vous revenez vite dans les cages lilloises et participez grandement à la bonne saison du LOSC, qui échoue au pied du podium. Ça a été dur à avaler ? Avec le recul, ce n’était pas « reculer pour mieux sauter » ?

Je me dis que peut être que sans cette grosse désillusion, on n’aurait pas été champions derrière, c’est vrai. Le début de saison avait été difficile sur le plan collectif. Personnellement, je joue mon premier match de championnat à Grenoble, et à cette époque-là, on est en bas du tableau.

C’était vraiment un début de saison difficile, mais ça s’est décanté par la suite et on a fini par faire quelque chose d’extraordinaire. C’était incroyable, on gagnait tous nos matchs 4 ou 3 à 0, c’était une série incroyable. On s’est probablement construit cette année-là. Le groupe se sentait concerné, le fait de ne pas avoir à jouer la Ligue des Champions a pu certainement jouer.

« On était dans de bonnes dispositions pour faire de grosses performances »

A l’aube de la saison 2010-2011, le LOSC est considéré comme un simple outsider pour le titre. A ce moment-là, comment voyez-vous les choses ?

On avait cette étiquette d’outsider dans les médias. Mais on n’avait pas perdu de joueurs, on avait gardé un certain équilibre. On avait déjà une année de partage, de vie commune. On se connaissait bien. On était dans de bonnes dispositions pour faire de grosses performances.

Petit à petit les Dogues montent en puissance. L’équipe est adoubée pour son jeu offensif, quitte parfois à oublier que le LOSC est aussi solide derrière avec à l’arrivée la deuxième meilleure défense de Ligue 1. Comment viviez-vous cela ?

Franchement, on ne s’est jamais posé la question. On avait un jeu offensif, et la défense participait elle aussi à l’élaboration du jeu. Personnellement, je jouais haut, je jouais beaucoup au pied. J’adorais ça. On prenait entièrement part au jeu de l’équipe, on se régalait, et franchement on était hyper heureux. C’était un tout : tout le monde se sentait bien dans le groupe. Cet état d’esprit nous a permis de faire basculer des matchs, grâce à des remplaçants. Eux aussi étaient très important.

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Du haut de vos 500 matchs (à l’époque) en championnat, vous êtes le joueur en activité le plus expérimenté de Ligue 1. Comment vous viviez ce statut ?

Je pensais avant tout au groupe, apporter peut-être une certaine cohésion. A mon arrivée, il n’y avait pas de cohésion. Puis au fur et à mesure on s’est soudé, on a fait des soirées, des fêtes à Lille. Au-delà du terrain, cette période lilloise est inoubliable. Sur et en dehors du terrain, avec le groupe ou les supporters, j’ai beaucoup de bons souvenirs.

La relation entre un entraineur des gardiens et son joueur est souvent spéciale. Quel relation aviez-vous avec Jean-Pierre Mottet ? Et avec Rudi Garcia ? Vous faisiez partie de ce fameux « conseil des sages »…

Par rapport à Jean-Pierre, c’était sympa. Finalement, j’avais une telle connaissance que quelque part il devait « juste » m’entretenir. Je donnais beaucoup d’importance sur le physique. On avait un super staff à ce niveau-là, avec Greg’ Dupont ou Benjamin Degryse qui m’ont beaucoup apporté au niveau athlétique et physique. On a beaucoup partagé avec le staff, ce qui nous a logiquement permis de faire de bonnes performances. On a beaucoup partagé, échangé, bref : il y avait une réelle complicité.

« On s’est créé une vie en dehors du terrain »

Le LOSC déjoue les pronostics et remporte un magnifique doublé coupe-championnat. Vous auriez une anecdote sur cette saison historique ?

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Personnellement je n’ai pas un moment spécialement en tête. C’est un ensemble de souvenirs, pour moi c’est le plaisir qu’on avait à partager des moments ensemble. Un jour, on est tous allé chercher des V’Lille et on s’est promené en vélo pour finir dans un bar à Lille, c’était magique. C’est ce qui résume ce qu’on a vécu. Je pense qu’au début, certains joueurs n’avaient pas été habitués à ça, à cette façon de vivre en dehors des terrains. La première soirée de la saison, j’ai invité tout le staff et tous les joueurs, et puis petit à petit, tout le monde a fait pareil. On s’est créé une vie en dehors du terrain. On avait une belle complémentarité. Il y avait des leaders qui portaient l’équipe dans le travail. L’effectif était super bien équilibré avec des joueurs formés au club, des joueurs talentueux au pic de leur carrière, des gens d’expérience… Il y avait plein de choses. Je peux citer également des Aurel’ Chedjou ou Adil qui se chargeaient d’ambiancer le vestiaire. C’était… (il marque un temps d’arrêt) il y avait vraiment du niveau. Tous les remplaçants, tous les joueurs, tout le groupe travaillait. Toutes les séances étaient dures, très athlétiques, tout le monde travaillait.

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Et s’il n’y avait qu’un match à retenir ? Un arrêt ?

Je retiendrais bien deux matchs : le premier à Marseille, et le deuxième au Chaudron face à Sainté. Rio y marque un but exceptionnel. Ce sont deux matchs clés, des tournants de toute évidence. Mais il y a eu tellement de bons moments… En plus, on n’a pas volé notre titre, on était un beau champion, avec une qualité de jeu exceptionnelle, une grosse maîtrise du ballon, c’était impressionnant. Parfois, tout le monde touchait la balle avant de marquer. On ne ronronnait pas, on mettait du rythme, on prenait du plaisir. Je pense qu’on en a donné beaucoup aussi. Il n’y a rien qu’à voir le monde qui était à la mairie le lendemain de la finale, c’était magique. On a beaucoup partagé.

Le Grand Stade (désormais Stade Pierre-Mauroy) espéré depuis des années ne voit le jour qu’à l’été 2012, un an après le doublé. Le LOSC n’a-t-il pas grandi trop vite ?

Je ne me dis pas ça, c’était nécessaire d’avoir un nouveau stade. En revanche, peut-être qu’une ambition de cette grandeur, de la grandeur du Grand Stade, était peut être un peu trop grande, certainement. L’histoire récente du club se déroulait à Grimonprez-Jooris ou au Stadium Nord, c’était à guichets fermés mais on était autour de 25 000. 50 000, c’était, je pense, un peu trop grand. Par ailleurs ça ne change rien au Stade Pierre-Mauroy qui est incroyable. En plus dès la première année, on y amène la Ligue des Champions. Alors on n’a pas réussi notre phase de groupes (rires). Mais je garde un très bon souvenir du match d’ouverture face à Nancy, du match retour de tour préliminaire (face à Copenhague), les prolongations, la tête de Tulio… c’était magique.

« C’est avec Frédéric Paquet que ça a été le plus loin »

Trois mois plus tard, vous êtes libéré du LOSC en pleine saison, à la surprise générale. Quel a été votre sentiment ?

Personnellement, j’essaye toujours de ne retenir que les bonnes choses. Le club est venu me chercher pour que je fournisse une certaine expérience, pour ma mentalité, exigeante et intègre, pour participer à une vie de groupe. La confiance a été rompue. C’est avec Frédéric Paquet que ça a été le plus loin. De Rudi, je ne retiens que les magnifiques souvenirs. Assurément, on arrivait en fin de cycle, que ce soit le coach ou les joueurs. Ce sont des choix à faire. Humainement, je ne retiens que ce qu’on a vécu de bien.

Ce que vous avez vécu à Lille vous a-t-il influencé dans votre façon d’entrainer ?

En fait, je me suis nourri de toutes mes expériences. J’ai eu la chance d’avoir Coco’ Suaudeau, Domenech, Deschamps, Garcia, Hantz, Lemerre, Santini… En 18 ans de carrière, j’ai pratiquement pu côtoyer tout le « gotha » du foot français. Tu prends plein de choses de chacune de ces expériences. Le plus important c’est que tu aies ta personnalité, le message doit passer avec le vestiaire. Il faut être honnête, se sentir de bien.

Désormais consultant, quel regard portez-vous sur le LOSC aujourd’hui ? Les lillois peuvent-ils être champion ?

Il est clair que ce n’est plus du tout le même LOSC. Je pense qu’il y avait un équilibre entre la formation et l’expérience. Aujourd’hui, ce n’est plus le projet du club, c’est beaucoup plus basé sur la compétence du recrutement et moins sur le travail d’un club entier. Je pense qu’ils ont un groupe bien étoffé, ils peuvent clairement être champions. Ils sont solides, et ils ont les joueurs qu’il faut sur le banc. Ils peuvent ne pas perdre contre n’importe qui. Il y a une vraie homogénéité, il n’y a pas de trous, ou à la limite au poste d’arrière gauche, mais sinon ça répond présent à toutes les lignes. Il y a un grand gardien, puis il y a le retour de Yilmaz devant, qui revient très clairement au bon moment. Il est capable de faire déjouer les blocs bas, il a ce profil, un peu du même style que Tulio de Melo. Son jeu de tête, sa présence, ça peut rappeler Tulio. A l’époque, on faisait entrer Ludo et Tulio, et ils nous ont mis quelques buts qui nous ont fait du bien. Pour gagner le titre, chaque match est important.

Quels sont vos projets pour la suite ? On parle de vous concernant le rachat d’un FC Nantes en grande difficulté…

(rires) Je suis tranquille. Je n’ai parlé de rien, je suis vraiment bien dans ce que je fais. Après, le foot me manque, j’ai envie d’un projet de club. Nantes sera toujours mon club de coeur, mais aujourd’hui, au moment où on se parle il n’y a rien.

Joseph Da Rocha

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