Rejoignez nous !

Professionnels

Décryptage tactique : semaine compliquée, changements imposés ?

Rédacteur Ponctuel

Publié

le

Crédit photo : Imago

Une élimination de l’Europa League, deux points perdus à domicile face à Strasbourg : semaine difficile pour les Dogues. Entre certains motifs d’espoirs mais aussi des gros axes d’amélioration, des changements sont peut-être à imaginer.

Le problème avec les saisons exceptionnelles, c’est que la moindre contre-performance est tellement rare qu’elle semble tout remettre en question. Problème de riche ? Sûrement. Le LOSC est leader de Ligue 1, et ce depuis maintenant six journées consécutives. Personne n’a d’ailleurs été davantage en tête du classement que le LOSC cette saison (10 journées, contre 8 pour le PSG et 4 pour Lyon). Il y avait bien sûr l’espoir d’aller loin en Europa League, mais se faire éliminer par l’Ajax Amsterdam, reversé de Champions League, n’a rien de honteux. Pourtant, cette sensation de surplace, surtout dans le jeu, est présente.

Le match retour face à l’Ajax, malgré la défaite, fut encourageant. Beaucoup de choses furent améliorées en comparaison de la démonstration subie au match aller. Tout d’abord, le pressing fut bien plus agressif. Le surnombre à la relance imposé par l’Ajax fut compensé par des montées agressives de l’un des deux milieux axiaux, souvent Xeka. Gravenberch, plaque tournante des Ajacides, fut également pris en marquage quasi individuel, ce qui limita son influence.

Cela n’empêcha pas l’Ajax de se procurer des très grosses occasions, souvent liées à des redoublements de passes très rapides mettant en difficulté le bloc lillois. Mais Lille a cette fois-ci eu la possession du ballon (52%), a beaucoup plus tiré (17 fois contre 4 à l’aller), et a globalement bien plus mis la pression dans le camp adverse (165 ballons touchés dans le tiers de terrain de l’Ajax, contre 82 à l’aller). Il aurait fallu plus de précision dans les choix offensifs, problème récurrent pour ce LOSC édition 2021. Mais de manière générale, Lille a effectué un bon match, et il n’aurait pas fallu grand-chose en plus pour accrocher une prolongation.

 

Des difficultés à se créer des occasions

Ce souci offensif s’est encore plus manifesté lors du match face à Strasbourg. Seulement deux centres réussis, des joueurs offensifs statiques, et une incapacité à faire bouger le bloc défensif strasbourgeois très axial. Il y a un problème dans l’animation offensive actuelle. Cela requiert peut-être des changements tactiques. Ce 4-4-2 est-il viable sans Burak Yilmaz ? Cette sensation de voir les attaquants lillois se piétiner dessus, tous dans le cœur du jeu, est frustrante. Les couloirs, comme depuis plusieurs semaines, sont mal animés. Le LOSC n’amène quasiment aucun danger via ses centres, hormis quand le capitaine José Fonte se décide à devenir le danger offensif principal comme face à Strasbourg.

A lire aussi :  Burak Yilmaz ne veut pas parler du titre tout de suite

Le vétéran turc était pour beaucoup dans la réussite de ce système en début de saison. Il pouvait conclure des actions d’à peu près n’importe où, décrocher quand il fallait, et surtout être une menace de poids dans la surface de réparation adverse. Au contraire, Jonathan David a toujours beaucoup de mal à être cet attaquant de surface dont Lille aurait besoin.

Certains signes encourageants ont toutefois pu être aperçus. Xeka, notamment, a fait beaucoup de bien par ses courses vers l’avant et ses projections offensives. Renato Sanches retrouve également sa forme physique. On connait désormais son jeu fait de très nombreuses prises de risques, que ce soit par le dribble ou la passe. Ne tenons-nous là pas une idée ? Un 4-3-3, qui permettrait de libérer Sanches et Xeka dans leurs prises de risques offensives, ne pourrait-il pas être viable ? Le coach lillois en avait d’ailleurs déjà parlé en conférence de presse avant le match retour face à l’Ajax : « On a mené une longue réflexion par rapport à un changement tactique (un passage en 4-3-3), même si cela fait presque trois ans qu’on est dans notre schéma classique. […] C’est difficile, avec deux fois 45 minutes de séance, de passer d’une organisation à l’autre. Par rapport à notre plan de jeu habituel, il peut y avoir une modification. »

Une animation offensive en 4-3-3 permettrait de fixer quelques soucis lillois. Tout d’abord, l’accumulation de joueurs dans l’axe. Face aux blocs bas, Lille dispose de quatre joueurs très offensifs attirés par l’axe : ses deux ailiers intérieurs, et ses deux buteurs. Ici, en enlevant un joueur de cette zone, cela libérerait peut-être cet espace d’influence pour des joueurs comme David, Ikoné ou Bamba. Ce joueur serait remplacé par un milieu supplémentaire, capable d’apporter du surnombre dans des zones différentes. Par des appels en profondeur depuis l’axe, mais aussi sur les côtés : le but face à Strasbourg vient d’un centre d’André, tandis que les courses de Xeka ont fait de vraies différences. Enfin, cela permettrait peut-être aussi aux latéraux de davantage encore se projeter, en sachant qu’André mais aussi les deux autres milieux s’occuperont de ralentir la progression adverse en cas de contre-attaque.

A lire aussi :  Reinildo évoque son regain de confiance et sa volonté d'enchaîner les matchs

 

Trop tard pour tout changer ?

Il y a bien sûr l’impératif temporel. Changer totalement son schéma tactique en fin de saison, alors que les rencontres s’enchainent, cela serait une vraie prise de risque. Surtout quand on est leader de Ligue 1. Mais les problèmes offensifs lillois ne datent pas que de cette semaine : les victoires en 2021 face à Dijon (1-0), Reims (2-1), Rennes (1-0) ou encore Nîmes (1-0) ne furent pas des masterclass de production offensive, loin de là. Les contre-performances face à Angers (1-2) ou Brest (0-0), encore moins. En conférence de presse, coach Galtier a lui-même concédé que des changements étaient nécessaires dans ces matchs : « J’ai une réflexion (sur les récents résultats à domicile) et j’ai demandé à mon staff de mener une large réflexion face à ce genre d’adversaires. On ne peut pas jouer de la même manière contre Brest ou Strasbourg, on doit apporter des variantes. »

Reste que le plan de jeu lillois actuel semble bien mieux correspondre aux rencontres face aux plus grosses équipes, plus ambitieuses dans le match. Quand Lille a moins la balle, et moins à faire le jeu, ce 4-4-2 a fait ses preuves. Même lors du match aller face à l’Ajax, malgré la domination extrême des Néerlandais, le LOSC n’a pas concédé beaucoup de grosses occasions. Comme face à Paris plus tôt dans la saison, cette capacité à faire dos rond et piquer en contre dans les espaces est l’une des forces de Lille, et il ne faudrait peut-être pas remettre en question tout le plan tactique pour des rencontres pas très abouties face à des mal-classés. Surtout lorsqu’on sait que Lille, dans sa phase retour, doit encore affronter toutes les formations du top 10 actuel (hormis Rennes et Angers). A défaut de le voir comme un calendrier dantesque, on peut aussi l’imaginer comme des rencontres où Lille pourra au mieux exploiter son plan de jeu. Les déplacements à Monaco (14 mars), Paris (4 avril) puis Lyon (25 avril) détermineront certainement l’issue de la saison. Et avec un Mike Maignan en feu en ce moment, les Dogues peuvent croire en leurs rêves.

Timothée Barnaud

Cliquez pour commenter

Laissez une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Sondage de la semaine

Le LOSC doit-il prolonger Reinildo ?

View Results

Populaires

Le Petit Lillois

GRATUIT
VOIR