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Décryptage tactique du rôle des défenseurs latéraux lillois

Rédacteur Ponctuel

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Crédit photo : Imago

Poste souvent vu comme le point faible de l’effectif lillois, les latéraux ont pourtant une influence prépondérante dans le projet de jeu de Christophe Galtier.

Lorsque vient la revue d’effectif lilloise, les commentaires sont souvent élogieux. Un gardien international français, une charnière centrale très solide, un milieu de terrain combatif et créateur, de nombreux joueurs offensifs capables de faire les différences et de marquer. Un poste reste toutefois souvent le point d’interrogation : les défenseurs latéraux. Il faut dire que certaines de leurs performances restent dans les mémoires, et pas forcément pour les bonnes raisons. L’année dernière, dans le naufrage lillois à Valence (1-4), en Ligue des Champions, les performances médiocres et les errements défensifs des latéraux avaient entraîné tout le LOSC dans une fin de match catastrophique. Depuis, à gauche, ni Bradaric ou Reinildo n’ont gagné une place de titulaire indiscutable, et alternent le bon et parfois le (très) mauvais. A droite, Celik est solidement installé, mais ses remplaçants sont loin d’apporter son assurance.

Si tous ces joueurs ont des profils différents, dans l’animation de Christophe Galtier, les latéraux ont tous un rôle proactif similaire. Dans ce système en 4-4-2, comme on l’a déjà évoqué plusieurs fois ici, on retrouve souvent en phase de construction un milieu axial lillois qui coulisse avec la défense centrale pour faciliter la relance. Cela permet surtout aux latéraux lillois de jouer très haut, et d’occuper les couloirs, alors que les ailiers du LOSC apprécient venir dans l’axe du terrain faire des différences. En revanche, si le LOSC est davantage mis en danger, que ce soit face à un adversaire plus menaçant offensivement, ou qui décide de presser plus haut, c’est au contraire l’un des latéraux qui vient s’intercaler avec la défense centrale pour organiser la première relance (très souvent Celik). On peut ainsi souvent retrouver une animation asymétrique, avec un latéral très haut, tandis que l’autre est quasiment au niveau de la défense centrale. Cela est particulièrement visible lorsque Bradaric est titulaire sur le côté gauche, permettant au Croate d’évoluer plus haut et de montrer ses qualités offensives. Les latéraux lillois sont ainsi très importants dans la possession de balle lilloise. On les retrouve très souvent parmi les joueurs touchant le plus de ballons à chaque match, et doivent permettre de garder le cuir en attendant de porter l’estocade.

Parmi les latéraux lillois, il y a des profils différents. A gauche, entre Bradaric et Reinildo, on semble avoir affaire aux deux extrêmes. Christophe Galtier résumait en conférence de presse « On a un Bradaric qui est très intéressant sur un plan offensif. Et avec Reinildo, on a quelqu’un qui assure une sécurité et un bon équilibre sur un plan défensif. Il y a une saine concurrence qui permet d’élever le niveau des joueurs. Mais les deux doivent être plus complets dans les deux secteurs. ».

A lire aussi :  Bradaric ou Reinildo ? Christophe Galtier les juge

Ainsi, Bradaric est un meilleur attaquant. Son rôle est souvent assez simple : prendre son couloir et trouver un joueur dans l’axe. Ainsi, il est le joueur lillois qui a le plus centré depuis le début de saison. Son entente avec Jonathan Bamba s’est déjà prouvée plus dangereuse. Le but face à Metz est le parfait exemple de ce que Bradaric peut apporter. Quand Bamba a le ballon aux 30 mètres adverses, Bradaric fait un très bon appel dans le dos du latéral messin pour arriver lancé dans la surface, et trouver Araujo, qui conclut le mouvement collectif. Ces appels de l’extérieur vers l’intérieur des latéraux sont une des consignes tactiques demandées et qui peuvent apporter plus de variété aux attaques des Dogues. Le but de Yazici face à Dijon vient d’ailleurs d’une action très similaire, mais celle-ci quant à elle menée par Celik.

Le latéral turc se projette d’ailleurs beaucoup, frappe au but, tente des percées par le dribble dans la surface adverse. Sa palette technique est large, et il dispose d’une certaine liberté sur le terrain. Multiplier les appels, arriver lancé, proposer d’autres solutions au porteur du ballon : des choses évidentes, mais qui demandent un gros investissement physique et une capacité à répéter les efforts. Et surtout, un collectif parfaitement rodé et prêt à faire les efforts les uns pour les autres. Car défensivement, la tâche des latéraux lillois n’est pas évidente. Souvent placés très haut sur le terrain, si jamais Lille venait à perdre le ballon et concéder une transition, cela entraîne vite des grands déséquilibres défensifs. Ils doivent très vite revenir défendre, et ne pas commettre de fautes évitables. Le travail de Benjamin André, notamment, est essentiel à la tactique lilloise. Sa capacité à interrompre les contre-attaques adverses, souvent par son sens de l’anticipation, parfois par la faute, explique les prises de risques des défenseurs latéraux lillois. Reinildo s’est également montré bien plus rassurant que son homologue croate sur la partie défensive : solide dans les airs et les duels, d’une présence athlétique impressionnante, il a peut-être moins de qualités techniques, mais semble aujourd’hui privilégié pour sa plus grande régularité.

Les axes de progression des latéraux lillois reste toutefois nombreux. Lille est la deuxième équipe de Ligue 1 qui centre le moins (142, soit 8,35 par match), et avec une précision inférieure à la moyenne (23%). Bien que l’accumulation de longs ballons dans la surface soient loin d’être une garantie de marquer des buts, on peut s’étonner du manque de danger apporté par les Lillois dans cette phase de jeu. Les matchs où le LOSC a cumulé le plus de centres sont d’ailleurs loin de rappeler des grandes prestations offensives : Lyon (1-1), et une seconde mi-temps à 11 contre 10 d’une stérilité enrageante, où le LOSC ; le match aller face au Celtic (2-2), où les Dogues s’empalent longtemps sur le gardien adverse, la seconde victoire face au Sparta Prague (2-1), où Yilmaz vient, par son doublé, enfin marquer ce but qui refusait de venir.

On semble toujours en revenir au même point : Lille doit progresser dans sa façon d’attaquer les blocs regroupés. Et cela passera par une utilisation encore plus juste de ses défenseurs latéraux, par leurs centres, leurs appels de balle et les solutions qu’ils peuvent apporter pour pouvoir être dangereux sur toute la largeur du terrain. Avec le break hivernal et moins de matchs à disputer en janvier que durant les infernaux mois de novembre et décembre, cela sera un axe de progression à scruter de près, si les Dogues veulent viser toujours plus haut.

Timothée Barnaud

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