Rejoignez nous !

Professionnels

Décryptage tactique : face à Angers et Nîmes, une attaque lilloise stérile

Rédacteur Ponctuel

Publié

le

Crédit photo : Imago

Défaits à domicile face à Angers (1-2) avant de battre Nîmes à l’extérieur (1-0), Lille a perdu sa place de co-leader de Ligue 1. Mais a surtout montré un visage assez pâle, face à deux adversaires à sa portée. Analyse.

Semaine mitigée pour le LOSC. Défaite face à Angers 2-1, en concédant deux buts bien trop tôt dans le match, et victoire 1-0 loin d’être écrasante face à la lanterne rouge nîmoise. Le contenu, surtout, est loin d’être convaincant. Dominant face à Angers dans la possession (65%), Lille n’a pourtant tiré que 7 fois au but, pour 2 tirs cadrés. Et face à Nîmes, seulement 52% de possession de balle, et également 2 tirs cadrés.

La première demi-heure face à Angers coûte définitivement la défaite. Les Dogues manquaient de tout : d’intensité, de précision technique, d’agressivité. Et si on y ajoute à cela la spécialité maison, concéder des buts sur corner, on entrevoit un LOSC très terne. Les ressorties de balle furent difficiles, et les Lillois ne réussissaient pas à lancer leurs transitions tant redoutées. La faute à des passes mal assurées, et surtout des joueurs statiques, apportant peu de solutions au porteur du ballon.

Menant au score 2-0, les Angevins ne se sont pas fait prier pour se positionner en bloc bas et attendre les Lillois dans leur camp. Face à cela, Lille a encore une fois peiné à mettre en place un bon jeu de position pour mettre à mal une défense regroupée. L’animation des couloirs fut très mauvaise. Tiago Djalo, une nouvelle fois positionné à droite, a montré toutes ses limites en tant que latéral, ne se projetant que peu et accumulant les erreurs techniques. De l’autre côté, Reinildo était un peu mieux en seconde période face à Angers, sans faire de grosse différence, tout comme Bradaric face à Nîmes, qui a encore raté l’occasion de montrer ses qualités offensives, et a frôle avec le carton rouge.

 

Des individualités en dents de scie

La capacité de Jonathan Ikoné à occuper ce rôle d’ailier droit avec un latéral aussi peu offensif que Djalo pose problème. On a très souvent vu l’international français au cœur du jeu face à Angers, marchant quasiment sur les zones de David et Yilmaz. Mais si Djalo ne monte que peu, qu’Ikoné est dans l’axe du terrain, qui apporte le danger sur le couloir droit ? Personne. En étant autant axial, le LOSC en devenait beaucoup trop prévisible. Sans oublier la grande imprécision technique dans les transmissions : face aux Angevins, Lille n’a réussi que 5 passes dans la surface de réparation adverse, et une de moins contre Nîmes. Un chiffre famélique, qui témoigne des difficultés offensives lilloises de cette semaine.

On a aussi vu un jeu de profondeur assez pauvre, la plupart des joueurs demandant le ballon dans les pieds, arrêtés, et ne profitant pas d’une avalanche d’appels pour les aider, loin de là. On peut toutefois souligner quelques prises d’initiative individuelles. Les appels en profondeur de Benjamin André dans le dos des défenseurs, notamment, ont plusieurs fois décontenancé les défenses adverses. On a pu voir un Jonathan Ikoné tentant et remuant, pas toujours avec succès. Jonathan David a en revanche réalisé un match très décevant face à Angers. Se proposant trop peu dans la circulation du ballon, ce qui semble le plus surprenant au fil des matchs semble être le fait qu’il ne joue jamais tourné dans le sens du jeu. Son jeu de remise peut être intéressant, certes. Mais pourquoi ce profil de « neuf et demi », comme on le présentait à son arrivée, n’est qu’aussi rarement en situation de créer le jeu ? Même si Burak Yilmaz est un aimant à ballon, on aimerait forcément observer plus de variété dans les circuits de jeu lillois, en passant peut-être par un Jonathan David décrochant encore plus pour alimenter les côtés, plutôt que de le voir collé à son défenseur.

A lire aussi :  Que penser du début de saison de Jonathan David ?

Les Dogues ont finalement marqué leurs deux buts sur des situations qu’ils maitrisent à la perfection : récupération de balle, jeu rapide vers l’avant. Et finition clinique de Burak Yilmaz. Deux nouveaux buts pour le vétéran turc, le premier plein d’abnégation, le second d’opportunisme. On sent également son leadership, et sa volonté de faire remuer ses coéquipiers lorsque ça ne va pas. En dézonant sur les ailes, décrochant bas sur le terrain, il veut toucher le ballon et faire jouer. Mais insuffisant pour créer beaucoup de danger, car peu suivi. Surtout, les Lillois se sont très peu retrouvés en situation de frappe, alors qu’ils sont l’équipe de Ligue 1 tirant le plus de loin. Un manque de prise d’initiative lié à la lenteur et la prévisibilité des mouvements offensifs, ne permettant que rarement de créer des décalages.

Le seul problème offensif ne venait pas seulement des 30 derniers mètres. L’équipe a souvent semblé coupé en deux, et a eu du mal à se relancer. On sait que le LOSC aime jouer des longues ouvertures depuis les défenseurs vers les attaquants, et être agressif sur les seconds ballons. Cependant, lorsque l’intensité mise n’est pas suffisante, ces ouvertures ressemblent plus à des cadeaux qu’à des situations pour être dangereux. On retrouvait souvent un bloc lillois très étendu, avec des joueurs éloignés des autres, et mis en danger par le pressing adverse. Et, si Nîmes s’est montré particulièrement improductif, ce ne sera pas le cas d’autres adversaires.

Certains profils ont clairement manqué dans ces deux rencontres. Mais pour se rassurer, ils semblent exactement correspondre aux joueurs absents. Tout d’abord, Renato Sanches, forcément. Ce système est bâti autour de ses qualités : résistance à la pression, interprétation des espaces, qualité technique. On pense aussi forcément à Zeki Celik, latéral droit offensif se projetant beaucoup dans son couloir, Yusuf Yazici et sa créativité dans les 30 derniers mètres, Luiz Araujo et sa capacité d’élimination en un contre un, et son vrai profil d’ailier. Pas d’inquiétude donc pour le LOSC, dont l’effectif est garni, en quantité et en qualité. Mais il faudra faire bien mieux dans les matchs à venir pour s’imposer. Pour cela, Christophe Galtier pourra se satisfaire de la première semaine complète d’entraînement, sans match en milieu de semaine ni trêve, depuis bien longtemps. Le moyen de retravailler certains circuits de passes, l’animation des couloirs, les synergies en triangle. Car pour suivre le rythme de Lyon et Paris, Lille devra se donner les moyens de ses ambitions.

Timothée Barnaud

Cliquez pour commenter

Laissez une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Sondage de la semaine

Faire confiance à la formation du LOSC, est-ce une bonne stratégie ?

View Results

Populaires

Le Petit Lillois

GRATUIT
VOIR