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Interview

Saad Agouzoul : « Le LOSC est un grand club »

Louis Claerebout

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Crédit photo : Imago

Saad Agouzoul, jeune défenseur marocain du LOSC arrivé durant l’été 2019 en provenance du Kawkab Marrakech et prêté cette saison au Royal Excel Mouscron en Belgique, est revenu sur son début de carrière sur Le Petit Lillois.

Alors que son équipe actuelle a connu un début de saison compliqué, Saad Agouzoul a quant à lui très souvent fourni de bonnes prestations. Depuis l’arrivée de Jorge Simao à la tête des Hurlus, l’Excel se porte mieux, avec un Agouzoul toujours en bonne forme. Le défenseur marocain comptabilise un temps de jeu maximum en Pro League, et son équipe aura bien besoin de lui pour l’aider dans la lutte pour le maintien qui fait rage dans le bas de classement. Au lendemain de la rencontre contre Malines, petit retour en tête à tête avec Saad Agouzoul

 

Les premiers pas dans la vie de footballeur pro au Maroc

Saad, tu es originaire de Marrakech et en 2009 tu intègres le centre de formation du Kawkab Marrakech, que tu ne quitteras qu’en 2019. On peut dire que tu es un vrai enfant du club ? Et elle est comment la formation marocaine ?

En effet, je suis un supporter du club avant tout. Le Kawkab c’est mon équipe préférée. J’y suis passé par toutes les catégories. Quand j’étais là-bas, un nouveau directeur sportif est arrivé au club. C’est lui qui m’a fait confiance, qui m’a révélé au public. Il a fait énormément pour moi. Il m’a fait monter en équipe première et puis m’a amené en équipe nationale. Par rapport à la formation, elle n’est pas différente d’ailleurs, c’est à peu près la même chose qu’à d’autres endroits.

Tu effectues ton premier match professionnel le 5 février 2017 (à l’âge de 20 ans). Tu joues ensuite deux saisons pleines (15 et 29 matches) en D1 marocaine. Comment as-tu vécu ce début de carrière ?

Mon tout début de carrière n’était pas le meilleur qui soit. Je joue mon premier match en pro et puis juste après je me blesse au ménisque pour une durée assez longue et il a fallu m’opérer. Je n’ai plus joué du tout durant le reste de la saison. Mais j’ai rattrapé tout ça la saison d’après en jouant une quinzaine de matches, et ça m’a fait du bien à moi et à mon début de carrière.

A quel moment est-ce que tu t’es dit : « Ça y est maintenant je suis professionnel » ?

Je me suis dit que j’étais pro dès le moment où j’ai joué mon premier match avec le Kawkab. En tant que footballeur, c’est après ton premier match comme professionnel que tu te dis : « ça y est c’est maintenant que je dois montrer mes qualités, montrer que je suis là et qu’on peut compter sur moi ».

« J’ai dit tout de suite oui à la proposition du LOSC »

Partir à Lille alors que ton équipe n’a pas réussi à se maintenir en D1 marocaine, un sentiment de joie d’atterrir dans un grand club mais aussi une certaine déception de ne pas avoir réussi la mission initiale de sauvetage ?

Bien évidemment, comme je l’ai dit, le Kawkab c’est mon équipe préférée, c’est le club de ma jeunesse. D’un côté j’étais content de venir à Lille parce que c’est un grand club, mais dans le même temps j’étais très triste parce que mon club au Maroc est descendu, et je faisais partie de cette équipe qui a été reléguée. De plus personne n’a envie de voir son club favori descendre.

 

Son arrivée et ses premières galères à Lille

En juillet 2019 tu signes un contrat de 5 ans à Lille. Mais finalement comment as-tu atterri dans le Nord de la France ? Comment a-t-on réussi à te convaincre de rejoindre Lille plutôt qu’un autre club ? Luis Campos était-il impliqué dans le deal ?

Parce que Lille c’est un club qui joue le haut de classement, qui fait partie du top 4 en France. Lille est un grand club. Et je pense sincèrement que c’était le bon choix pour moi. Malheureusement quand je suis arrivé je me suis blessé. A cause de cela je n’ai pas réussi à saisir ma chance pour m’imposer dans le groupe, mais j’espère pouvoir faire mieux dans le futur.

Plusieurs clubs au Maroc étaient intéressés par mon profil, mais c’est mon agent qui s’est occupé de tout. J’avais beaucoup de choses qui me préoccupaient, avec mon club on était dernier et je ne voulais pas descendre. Au moment où mon agent a reçu ces offres, il m’a dit de rester concentré sur la situation de mon club, sur mes prestations, et qu’il allait s’occuper de gérer tout ça. Est-ce que j’ai été en contact avec Luis Campos ? Non, en tout cas pas personnellement. Comme je l’ai dit c’est mon agent qui s’occupait de tout ça. Quand des scouts qui travaillent pour Luis Campos sont venus m’observer au Maroc, je n’étais au courant de rien, même mon agent ne m’avait rien dit. J’ai été au courant de l’offre seulement à partir du moment où le championnat était terminé. Quelques jours après la fin du championnat, il m’a dit que j’avais reçu une offre de Lille. « Tu veux y aller ? ». Je lui ai tout de suite répondu que oui je voulais y aller.

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Arriver dans un autre pays, avec une culture différente, un climat différent aussi, côtoyer des joueurs très connus comme Renato Sanches… Ce n’est pas trop compliqué pour s’adapter, il n’y avait pas trop de pression sur tes épaules ?

Oui c’est vrai que c’était compliqué. Changer de pays, se retrouver seul, laisser ses parents au Maroc… Et puis je me blesse. Ce sont autant de choses qui font mal au moral. A ce moment-là je n’avais pas le moral, au début en tout cas. Après il y a des gens qui sont restés à côté de moi, qui se sont occupés de moi. Luis Campos aussi m’a beaucoup aidé dans cette période compliquée.

« Les infrastructures sont géniales à Luchin »

Quand tu as pu t’entraîner avec l’équipe A du LOSC, qu’est ce qui t’a marqué par rapport à ton club précédent ?

Les infrastructures sont géniales à Luchin. Les terrains d’entraînement ont tout de suite attiré mon attention. Tout le complexe est de qualité. L’ambiance dans le vestiaire était très bonne aussi. C’était une très bonne expérience pour moi de m’entraîner avec de tels joueurs.

Lors de ton arrivée à Lille tu arrives comme doublure de Gabriel mais finalement tu te blesses, tu fais une rechute et le coronavirus arrive. Tu disputes une saison presque blanche. Comment s’est passée ta rééducation et de fait ton intégration a-t-elle été impactée ?

Après ma première blessure je suis allé jouer avec la Nationale 2, le coach Christophe Galtier a parlé avec moi et m’a dit que c’était mieux d’aller évoluer avec la CFA pour avoir du temps de jeu, tellement j’étais en manque de rythme. D’ailleurs le premier match je n’ai joué que la première mi-temps, je n’ai pas disputé toute la partie. Le second match je le dispute intégralement. Mais durant le troisième je me reblesse au début du match. C’était dur et cela est normal, parce que tu viens pour montrer ce que tu sais faire. Mais tu te blesses, puis tu te reblesses. Et au moment où je suis à nouveau en forme le coronavirus est arrivé.

Comment ton prêt vers Mouscron s’est-il décidé ? C’est venu de ton initiative ou bien les dirigeants te l’ont proposé ?

Pour moi c’était un bon choix de venir à Mouscron pour avoir l’occasion de jouer, parce que si j’étais resté à Lille je n’aurais pas joué, étant donné que j’ai été sur la touche pendant un an. Je préférais venir à Mouscron à cette première option. Et puis c’est bien pour moi mais c’est bien aussi pour Lille. Imaginons que je sois resté à Lille et que je ne joue pas de nouveau pendant une saison, ne pas fouler les terrains pendant deux ans aurait été un coup dur pour ma carrière. C’est mieux pour moi d’être à Mouscron, de jouer et de retourner à Lille plus tard. En fait, la décision est venue des deux parties en concertation.

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Es-tu en contact permanent avec des gens de Lille ? Le staff de Christophe Galtier te suit-il ?

Non, ça fait partie des éléments dont mon agent s’occupe. Pendant ce temps-là moi je suis tranquille, je me concentre juste sur mon football. C’est mon agent qui gère tous ces trucs-là. Je lui ai dit : « Je ne veux pas parler de tout ça, c’est mieux que je reste concentré sur mon football ».

Une deuxième saison à Mouscron pour confirmer ou un retour à Lille dans le noyau A ?

On verra avec le temps, c’est encore trop tôt dans la saison pour s’avancer sur le sujet.

 

Un super début de saison individuellement à Mouscron mais moins bon collectivement

Atterrir dans un club très proche de Lille, avec de nombreux autres jeunes Dogues, dans un championnat belge réputé comme un bon tremplin, la destination parfaite ?

C’est vrai que la Belgique a un bon championnat national. Mais non, venir avec d’autres lillois n’a pas été si déterminant que ça. L’équipe elle est comme une famille. Ce ne sont pas d’un côté les joueurs qui étaient déjà à Mouscron et de l’autre côté les joueurs prêtés par Lille. Chacun est content de la présence de l’autre. Ça ne change rien si on vient de Lille ou non.

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Comment décrirais-tu le championnat belge ?

Le niveau du championnat est très bon. C’est très physique ici. La Pro League ressemble au championnat marocain mais en plus difficile.

Cependant ton club et toi avez connu un début de saison très compliqué avec 3 points seulement de pris en 9 matches … Comment était l’ambiance dans le vestiaire à ce moment-là ?

J’espère qu’on va réussir à rattraper ce retard. On travaille pour en tout cas, on bosse pour se sortir de cette situation. L’ambiance n’était pas la meilleure qui soit, forcément. C’est normal quand tu ne fais pas de bons résultats. Mais après les bons résultats qu’on a fait quand Jorge Simao est arrivé, ça a tout de suite été mieux.

« On forme avec Matias Silvestre une belle charnière centrale je trouve »

Alors que le noyau était presque le même (à l’exception de Da Costa et Xadas), qu’est-ce qui explique cela ? Un manque d’expérience, un manque de chance ?

Pour moi c’était dû à un manque de chance. Et puis Bruno (Xadas) et Nuno (Da Costa), qui sont aussi arrivés sur le tard, nous ont beaucoup aidé. Da Costa c’est un joueur d’expérience et un leader tant dans le vestiaire que sur le terrain. Il donne énormément de conseils comme le font Matias (Silvestre) et Dimitri (Mohamed). Ce sont des joueurs d’expérience, on ne peut que les écouter. Et spécifiquement pour moi qui évolue en défense centrale, c’est un plaisir de jouer avec Matias (plus de 300 matches de Serie A à son actif). On forme à deux une belle charnière centrale je trouve.

Avec Koffi, tu étais une des éclaircies dans la grisaille en prestant à un très bon niveau. Comment te décrirais-tu en tant que joueur ?

J’aime bien les duels. Par contre je dois travailler ma vitesse. On a aussi des entraînements spécifiques où l’on travaille secteur par secteur durant la semaine.

Malgré des matches qui s’enchaînent à une allure infernale et le coronavirus qui a touché presque tout le vestiaire, vous avez fait 7/12 avec Simao (l’interview a été réalisée le 4 décembre). Qu’est-ce qui explique cela ? La seule arrivée de l’entraîneur et la mentalité qu’il insuffle, ou y a-t-il d’autres paramètres à prendre en compte ?

C’est juste l’état d’esprit, la mentalité qui ont changé. Chaque coach a ses spécificités, sa façon de travailler. Les points forts de Da Cruz c’était de créer un bloc solide, bien compact. Notre entraîneur actuel a lui réussi à ramener une mentalité positive.

Quelle était ta relation avec Da Cruz ? Et celle que tu entretiens désormais avec Simao ?

J’ai une relation normale avec les deux entraîneurs, il n’y a rien de particulier. Ils sont les coaches et qu’importe lequel des deux entraîne l’équipe je reste un joueur. En tout temps on a cette relation.

On a parlé du coronavirus qui a touché le vestiaire hurlu. Comment ça s’est passé au niveau du club et pour toi personnellement afin de gérer cette période compliquée ?

On a travaillé à domicile, par nous-mêmes, sans staff pour nous encadrer. Ce n’était bien sûr pas évident mais on était focus, on savait ce qu’on attendait de nous et donc on a travaillé dur.

Que peut-on attendre des prochains matches de l’Excel ?

Des bons matches. On va y aller pour chercher les points. Il n’y a pas juste les matches contre nos concurrents qui sont importants, on est concentré sur tous les matches. Le plus important c’est vraiment d’aller chercher des points.

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Objectif Lions de l’Atlas ?

Depuis 2018 tu comptes plusieurs sélections avec le Maroc Olympique (U23). C’était quoi l’objectif avec cette équipe ? C’est une fierté d’être international aussi sûrement non ?

C’est une fierté pour tous les joueurs d’être international. Tu es là pour ton pays, tu le représentes, tu donnes tout pour lui. Avec les U23 on avait pour projet de se qualifier pour les Jeux Olympiques, mais malheureusement on n’a pas réussi.

L’équipe nationale entraînée par Vahid Halilhodžić, ça reste dans un coin de ta tête ?

Oui, d’office tout le monde y pense (il rit). Chaque joueur a ses chances.

Sofiane Boufal, un de tes compatriotes passé par Lille, est-il une inspiration pour toi ?

Oui bien sûr. Il a réussi une très belle saison avec le LOSC en 2015-2016 avant de décrocher un beau transfert en Premier League, à Southampton. Bien évidemment c’est un exemple à suivre pour tout joueur.

Merci Saad, et bonne chance pour la deuxième partie de saison avec l’Excel !

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