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Interview

A la découverte de Florian, supporter lillois exilé en Corée

Pierrick Moniot

Publié

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En cette nouvelle saison, après avoir été à la rencontre d’un supporter lillois au Canada puis au Pérou ces mois précédents, direction la Corée du Sud pour rencontrer Florian. Il nous raconte sa nouvelle vie, les différences culturelles qu’il a pu remarquer, le football en Corée du Sud et bien évidemment sa passion pour le LOSC, qu’il vit différemment depuis son exil.  

Pour commencer cette interview, peux-tu te présenter aux supporters lillois en quelques lignes ?

Bonjour, je m’appelle Florian, j’ai 24 ans et je suis né dans notre belle ville de Lille. Depuis plus d’un an maintenant (octobre 2019), je vis à Séoul en Corée du Sud. Lorsque je suis arrivé, j’ai commencé à travailler en tant que professeur d’anglais pour des enfants d’environ 3 à 13 ans. Mais par la suite, j’ai décidé de démissionner pour améliorer mon coréen à l’université. Je suis donc passé de professeur à étudiant.

On sait que la Corée du Sud est un pays avec une forte identité. Peux-tu nous parler un peu de la culture de ce pays et des différences avec la France ?

C’est vrai, la Corée est un pays qui possède une forte identité. Ici, on est fier d’où l’on vient et de ce que le pays accomplit. Ca se voit notamment au niveau du football, où ici l’équipe nationale est très populaire, contrairement à la K-League (championnat de D1 coréenne), qui a du mal a trouver des spectateurs ces derniers temps.

En Corée, tout est beaucoup plus rapide, plus simple. Ce qui m’a frappé en premier, c’est l’administration. En France, quand tu crées un compte en banque, tu dois attendre un peu avant d’avoir ta carte. En Corée, il fait ta carte devant toi ! L’administration est à l’image du pays, tout est très rapide. Autre différence, ce sont les taxis. Ils roulent comme des malades. C’est pas cher, certes, mais la conduite est davantage brutale. Cela secoue quoi. Quand je suis arrivé en Corée, plus je prenais le taxi, plus je tombais malade.

Au niveau du football, comment cela se passe en Corée ? Sont-ils des mordus de football ou ce dernier reste dans les sports secondaires ?

Ici, comme dit précédemment, l’équipe nationale prime sur la K-League. J’ai assisté à plusieurs matchs dans plusieurs stades différents et la plus grosse affluence que j’ai vu ne dépassait pas les 12 000 spectateurs – c’était au stade de Jeonbuk, triple champion en titre – ce qui était un petit exploit, car la moyenne de l’affluence du championnat est assez basse. Mais l’équipe nationale est très suivie. Lorsqu’ils jouent en Corée, le stade est souvent plein aux trois quarts. Mais malheureusement le football n’est pas le sport le plus populaire ici. Les stades de baseball sont très souvent pleins à craquer, que ce soit en semaine ou pendant le weekend.

 

« Pépé est le joueur dont on m’a le plus parlé ces derniers temps »

 

Etant sur place, suis-tu les performances du championnat coréen et celles de l’équipe nationale ?

Oui, je suis le championnat coréen. Je vais au stade quand c’est possible (saloperie de virus) et j’avais même l’intention de faire un Grand Chelem en suivant le FC Séoul, ce qui est largement faisable, car la K-League ne compte que douze club. Je suis le championnat car je suis un accro des stades, j’en ai besoin pour vivre. Le niveau n’est pas fou, mais l’alcool est autorisé dans les stades.

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Pour ce qui est de l’équipe nationale, je regarde les résultats lorsqu’ils jouent, mais ça s’arrête là. J’espère aller voir un match de l’équipe nationale un jour et qui sait, peut être un Corée – France ?

En Corée, est-ce qu’on parle du football français en général ? Connaissent-ils le LOSC ?

En Corée, quand on parle de Ligue 1, on parle très, très souvent du PSG. Mbappé, tout ça… Le PSG a même une boutique officielle en plein milieu de Séoul. Ils connaissent aussi Bordeaux, car Hwang Ui Jo y joue. Et évidemment que les coréens qui suivent le football connaissent le LOSC. Ils se souviennent de l’épisode Park Chu Young qui s’est envolé pour Londres juste avant de signer son contrat à Lille… Pour ce qui est de choses plus récentes, ils connaissent le LOSC par le biais des bons joueurs qu’on vend. Pépé est le joueur dont on m’a le plus parlé ces derniers temps.

Sinon ici, le championnat le plus suivi est La Premier League, notamment grace à Son Heung Min. Il y a énormément de fans de Tottenham, de Manchester United – Grâce à la periode Park Ji Sung – ainsi que des fans d’Arsenal.

Pour revenir à tes racines lilloises, comment t’es venue cette passion pour le club lillois ?

Le LOSC, c’est une histoire de famille et ça se transmet de père en fils. Mon grand père a emmené mon père a Henri-Jooris lorsqu’il était petit. Il m’a raconté que mon grand-père était en mobylette tandis que mon père le suivait à vélo. Moi, j’ai eu la chance de pouvoir monter dans une voiture ! J’avais quatre ans environ (en 2000), et on était chez mes grands-parents, à Faches-Thumesnil.

Mon père partait pour le stade avec mon oncle et j’ai demandé à ma mère où est-ce qu’ils allaient. Chose que je n’avais jamais demandé auparavant. Ma mère m’a donc demandé si je voulais y aller, j’ai répondu oui (qui sait quel chemin aurait pris ma vie si j’avais dit non !) et me voilà en direction du stade. Les matchs étaient gratuits en-dessous d’un certain âge, j’ai donc pris place en tribune première derrière les buts, sur les genoux de mon père. Ne me demandez pas contre qui c’était, car je ne m’en rappelle plus du tout. C’est donc comme ça que tout a commencé.

 

« Le décalage horaire ? C’est assez embêtant oui, mais c’est un sacrifice qui vaut le coup »

 

Sur Twitter, tu es très actif sur l’actualité lilloise et notamment lors des matchs. Cela n’est pas trop difficile à suivre avec le décalage horaire ?

Je n’ai malheureusement pas encore trouvé d’autres supporters Lillois en Corée. Parler sur LOSC sur Twitter avec d’autres supporters, ça me permet d’être moins seul lorsque je regarde les matchs. Après des années d’abonnement au stade, c’est difficile de se retrouver seul devant la télé.

Le décalage horaire ? C’est assez embêtant oui, mais c’est un sacrifice qui vaut le coup, surtout cette année ! Je m’en serais voulu si j’avais loupé la victoire à Milan. On joue bien en ce moment, c’est motivant. Ici, j’ai sept heures de décalage horaire, huit en heure d’hiver. Par exemple, lorsqu’on a joué contre Milan, le coup d’envoi a été donné vendredi à 5h du matin ici. Je ne vais pas le cacher, c’est assez épuisant, ça m’arrive de faire la sieste l’après-midi. Mais bon, la passion prime. Et je ne pourrais pas dormir la nuit en sachant que je vais rater un match du LOSC !

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Pour parler du LOSC 2020-2021, tu es content de ce début de saison ?

Comment ne pas être content ? Les recrues sont bonnes, Tonton Burak porte l’équipe du haut de ses trente-cinq ans, Botman et José sont au top et Yusuf enchaîne les triplés en Europa League. Cerise sur le gâteau, on est deuxième en championnat. On pratique un très bon football, on a une profondeur de banc plus que plaisante et un effectif de qualité. On a de grandes chances de retrouver la Ligue des Champions a la fin de la saison.

Un joueur t’a marqué durant ce début de saison ?

Burak. Lorsque le transfert a été annoncé, je n’ai pas compris, j’étais très sceptique, dubitatif. Je savais déjà qui il était, mais je ne comprenais pas ce choix de l’acheter. Après le match contre Reims, j’étais presque convaincu que ce n’était pas le bon choix pour nous. Mais match après match, il s’est intégré, il a tiré l’équipe vers le haut et a marqué de jolis buts. De plus, c’est un gars qui ne lâche rien, qui n’a peur de rien et qui est prêt à tout. En l’espace de quelques mois, c’est devenu un vrai Dogue.

Depuis tes débuts en tant que supporteur dogue, quelle est l’équipe qui t’a davantage fait vibrer ?

C’est difficile comme question ! Comme beaucoup d’entre nous, je dirais bien évidemment la période du doublé. On jouait un jeu magnifique, on était imbattables. Eden nous mettait des étoiles dans les yeux à chaque match, c’était fou. Je donne quand même une mention spéciale à la période des débuts des années 2000. La qualification contre Parme, la première participation en ligue des champions. C’était beau.

Quel joueur rêverais-tu de voir au LOSC dans la mesure du possible ?

Pourquoi pas un coréen ? J’aime beaucoup Lee Kang In. C’est un milieu offensif de dix-neuf ans qui joue à Valence. Il est percutant et créateur, j’aime beaucoup son style. Son prix est un peu élevé – 20 millions d’euros – mais pourquoi pas rêver un peu ?

Et pour finir, quelle est ton onze de légende du LOSC ? 

Une photo vaut mieux que des mots. J’avais fait ceci, il y a un petit moment. Mon onze de légende ainsi que le banc des remplaçants, mon entraîneur ainsi que mon stade de légende.

Un montage réalisé par Florian lui même

Merci à Florian d’avoir répondu à nos questions. Vous pouvez le suivre sur Twitter.

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