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Interview

Johan Audel : « J’étais très content de ma première saison à Lille »

Emile Simon

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Passé par le LOSC entre 2004 et 2007, Johan Audel a ensuite poursuivi sa carrière jusqu’en 2017, cumulant plus de 150 matchs et une trentaine de buts en Ligue 1. Pour Le Petit Lillois, l’ancien attaquant est revenu sur son parcours.

Sa formation dans le sud

Vous êtes formé à l’OGC Nice (1994-2004), mais n’y signez pas votre premier contrat professionnel. Pourquoi ?

J’étais plutôt performant à Nice dans les catégories de jeunes, j’y ai gravis toutes les étapes, en partant des U11 jusqu’en CFA. Au début des années 2000, les Aiglons sont en deuxième division, c’est Sandro Salvioni, qui dirige l’équipe première, et il me convoque plusieurs fois aux entrainements des professionnels. Je fais même quelques apparitions sur le banc en championnat, et une entrée en jeu en Coupe de France (en décembre 2001 contre Troyes, NDLR).

En revanche, une fois la montée en L1 acquise (à l’été 2002), c’est Gernot Rohr qui prend la tête de l’équipe, plusieurs joueurs arrivent en prêt, dont Adékanmi Olufadé (Lille) ou Kaba Diawara (PSG) dans mon secteur offensif. L’année suivante, c’est Marco Simone ou Lilian Laslandes qui arrivent en attaque. A 20 ans, c’était difficile d’avoir sa chance face à ces joueurs expérimentés.

 

Un premier contrat pro au LOSC et des débuts prometteurs 

C’est donc Lille, qui vous fait signer votre premier contrat à l’été 2004. Est-ce Claude Puel, ou la cellule de recrutement qui vous a repéré ?

C’est la cellule de recrutement, via Jean-Luc Buisine qui m’avait repéré et qui me contacte. Même si Claude Puel, qui avait toujours une résidence sur la côte d’Azur, était encore bien au courant de ce qui se passait dans le Sud en 2004. A l’époque, j’avais aussi une offre d’essai à Millwall en Angleterre, mais j’ai choisi le LOSC.

Dès vos premières semaines à Lille, vous intégrez le fameux « turnover » du coach et profitez de la campagne victorieuse en Intertoto pour accumuler du temps de jeu :

Oui, je suis très content de ma première saison à Lille. J’avais l’impression de faire partie intégrante du projet. Plusieurs joueurs étaient comme moi au début de leur carrière, comme Bodmer, Debuchy ou Makoun, on avait un groupe solide et plein d’envie.

En 2004/05, le LOSC joue quasiment 60 matchs, vous êtes titulaire ou entrez en jeu à 26 reprises et marquait deux fois. Une bonne première saison donc. Vous êtes tout de même prêté à Lorient (en L2), l’année suivante ?

A Lille, le secteur offensif était bien pourvu. Moi à la base, je préfère le poste d’avant-centre, et Claude Puel me faisait plutôt jouer milieu gauche. Le deal fut donc de prolonger mon contrat d’un an, puis de partir en prêt à Lorient, où Christian Gourcuff me faisait des appels du pied depuis plusieurs saisons. En Bretagne, je me suis éclaté. Je termine meilleur passeur du championnat, je marque une dizaine de buts, et on obtient la montée. Je sentais que j’étais dans les plans de l’entraineur, le système de jeu en 4-4-2 me convenait mieux, je voulais rester…

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« Nous avons eu un entretien “musclé” avec Claude Puel dans son bureau »

 

Pourtant, vous êtes bien de retour dans le Nord en 2006/07…

Oui, lors de mon retour de prêt, j’ai tenté de faire le forcing pour signer à Lorient, mais Claude Puel a été intransigeant. Nous avons eu un entretien « musclé » dans son bureau. Il m’a fait savoir qu’il voulait me conserver vu le nombre de compétitions que le LOSC allait disputer, j’étais sous contrat… je suis resté. Malheureusement, je me blesse rapidement à l’épaule. Et la concurrence en attaque est féroce, avec cinq joueurs (Odemwingie, Fauvergue, Mirallas, Youla et moi-même), capables d’évoluer en pointe. Avec un entraineur réputé « défensif », je n’ai pas eu le temps de jeu escompté. Néanmoins, je n’en veux pas du tout à Monsieur Puel. C’est le coach qui m’a donné ma chance au haut niveau, alors que je n’avais encore rien prouvé. J’en suis conscient… et reconnaissant.

Cette saison là, vous marquez en barrage retour de C1. Et vous disputez l’unique huitième de finale du LOSC en Champions League. Ce sont les meilleurs souvenirs de votre carrière ?

La Ligue des Champions, c’est une compétition que tout joueur professionnel souhaite jouer. J’ai eu la chance d’y participer, alors que ça n’est pas donné à tout le monde. Mais ces rencontres ne sont pas pour autant les meilleurs souvenirs de ma carrière. A l’époque, je rentrais pour des bouts de matchs, et était loin d’être titulaire. Mes meilleurs souvenirs, sont plus à chercher du côté de Valenciennes… quand mes prestations permettaient de faire gagner des points, et d’avoir la reconnaissance du public.

 

Le déclic à Valenciennes

Effectivement, vous quittez Lille en 2007, mais vous restez dans le Nord à Valenciennes. On se souvient de vos débuts en fanfare (triplé lors de la première journée 2007/08, NDLR)

Comme je vous l’ai dit, c’est à Valenciennes que j’ai mes meilleurs souvenirs de joueur. J’y ai passé trois superbes saisons. Le club venait de monter de National en Ligue 1 en très peu de temps, le défi était de s’y stabiliser. Finalement VA restera dans l’élite de 2006 à 2014, c’est beau ! Je suis d’ailleurs très fier de pouvoir figurer dans l’équipe type de la décennie, ça démontre mon implication. Le fait qu’on se rappelle de moi là-bas… ça me touche.

Duel entre Mathieu DEBUCHY et Johan AUDEL en 2009 – Crédit photo : Imago

 

L’expérience étrangère

A la suite de vos belles prestations à Valenciennes (trois saisons successives à plus de 7 buts), Stuttgart qui joue alors les premiers rôles en Bundesliga vous recrute en aout 2010. Malgré deux matchs en Europa League, vous disparaissez rapidement du groupe pro, que s’est-il passé ?

A la fin de mon aventure valenciennoise, on me découvre une excroissance à la cheville. L’opération bénigne se passe bien et je joue effectivement quelques matchs en coupe d’Europe avec Stuttgart. Mais en réalité, j’ai contracté un staphylocoque doré lors de l’acte chirurgical, ce qui va allonger mon indisponibilité. Et quand je reviens (en décembre 2010), je me blesse grièvement, en me faisant les croisés et le ménisque. Ça été très long pour revenir.

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En Allemagne, vous jouez 6 matchs en 3 ans, et apparaissez même en équipe B, avant d’être prêté à Nantes (en septembre 2013). Cela doit être un soulagement de revenir en France ?

A Nantes, nous avions un groupe extra, qui venait de monter. Pas de grands noms. Je me suis bien intégré, et le club fera le nécessaire pour me transférer définitivement. Je garde tout de même un gout d’inachevé de mes trois saisons à La Beaujoire. En effet, la vitesse a toujours été ma qualité première, et là je n’étais pas toujours à 100% de mes capacités physiques. Après 3 ans sans jouer, mes prestations étaient un peu en « dents de scie ». Je devais aussi passer chez l’ostéopathe chaque semaine, mais j’ai quand même apporté ma pierre à l’édifice (74 matchs, 8 buts et 7 passes décisives chez les canaris NDLR). J’ai adoré la vie à Nantes, la ville me plaisait énormément.

 

« La disparition d’Emiliano Sala m’a beaucoup peiné »

 

A Nantes, vous avez joué une vingtaine de matchs avec Emiliano Sala en 2015/16. On imagine que vous avez été encore plus secoué que toute la planète foot, lors de son décès en janvier 2019.

Emiliano c’était mon compère d’attaque, un combattant. Sa disparition m’a beaucoup peiné. D’autant que je sais qu’il avait la phobie de l’avion. Pour tout vous dire, avec Yacine Bammou, nous avions l’habitude de lui faire peur en faisant trembler son siège lors des déplacements. Les circonstances de l’accident sont donc affreuses. Je préfère garder de lui les bons souvenirs, les soirées où il nous invitait, avec ses cousins… c’était une sacrée ambiance, il avait toujours le sourire. Pour moi, il est toujours là, je parle souvent de lui au présent.

Après un court passage au Beitar Jerusalem, vous faites honneur à vos origines en devenant international pour la Martinique, et en participant à la Gold Cup 2017.

A la base, ça n’était pas forcément dans mes projets de jouer pour la sélection. Mais des joueurs comme Julien Faubert m’ont convaincu de participer à l’aventure. Dans un premier temps, j’y suis allé pour voir si nous pourrions bien figurer en compétition. J’ai été agréablement surpris par le professionnalisme qui régnait. Jean-Marc Civault, le sélectionneur, avait posé un cadre, et nous avons réussi à nous qualifier en Gold Cup, puis à prendre trois points en poule (victoire contre le Nicaragua NDLR). Je me souviens qu’on perd de justesse contre le pays-hôte, les USA (3-2 dans le dernier quart d’heure NDLR)… et que je termine meilleur passeur du groupe.

Johan Audel (11) avec le maillot de la Martinique durant la Gold Cup en 2017 – Crédit photo : Imago

 

Puis la retraite en 2017

A la suite de cette Gold Cup, vous êtes de retour à l’OGC Nice en N2, puis entraineur en jeunes.

Oui, je suis revenu dans ma ville natale. Je suis actuellement sous contrat avec l’OGC Nice. J’y entraine les 14 ans, et je suis responsable des attaquants en préformation (U12 à U15).

Un grand merci à toi Johan !

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