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Interview

Grégory Tafforeau : « On peut rendre les supporters heureux en gagnant un derby »

Pierrick Moniot

Publié

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Crédit photo : Imago

Durant cette semaine spéciale derby, nous sommes allés prendre des nouvelles de l’ancien défenseur lillois, Grégory Tafforeau, qui a évoqué quelques souvenirs de ces rencontres spéciales, auxquelles il a participé pendant près de huit ans, et même en tant que capitaine. 

Bonjour Grégory Tafforeau. Vous qui n’êtes pas originaire de la région, comment avez-vous fait pour vous imprégner de l’importance et de la culture de la région ?

C’est vrai que je suis né en Normandie, et j’ai vécu mes premières années en Normandie. J’ai joué mes premières années au Stade Malherbe de Caen, mais quand je suis arrivé ici, j’ai découvert beaucoup de choses. Les gens du Nord sont accueillants, simples, et c’est pour cela que je suis revenu habiter ici, à la fin de ma carrière. On se considère comme des Nordistes et cela était le cas dès notre arrivée. Il y a aussi une qualité de vie qu’on ne trouve pas forcément ailleurs avec une proximité évidente avec plusieurs régions d’Europe.

 

« J’ai vraiment pris conscience de la chance de disputer le derby du Nord »

 

Au niveau du derby, comment avez-vous fait, lors de votre arrivée pour comprendre l’engouement pour ce match si particulier. Certains joueurs historiques vous en ont-ils parlé ? 

Déjà avant d’arriver à Lille, j’en avais entendu parler lorsque j’étais encore à Caen. C’est un derby un peu plus chaud que celui entre Caen et Le Havre et qui fait parler. J’ai vraiment pris conscience de la chance ici en arrivant quand je lisais la presse ou quand je discutais avec les supporters et quand je voyais les tribunes lors des matchs. Mais c’est vrai que des joueurs comme Stéphane Dumont et Yohan Cabaye, par exemple, formés au club, m’en ont parlé comme un match important pour toute une ville.

 

Qu’est ce qu’on ressent la semaine du derby ? La veille ? Le jour même ? Est-ce que les gens vous en parlent dans la rue ? 

Lorsque le derby arrivait, on m’en parlait beaucoup dans la rue quand je croisais les supporters. Même tout au long de l’année. Lors de ce match, on peut rendre les supporteurs heureux et cela est important pour nous. En tant que joueur, peu de choses sont différentes. Il y a la préparation des matchs, qui est différente car on sent la tension monter. Mais quand le match est lancé, on oublie tout et on reste concentrés sur le match.

 

Lors de votre arrivée en 2001, Lens est l’équipe en vogue du moment alors que Lille reste une équipe en construction. Mais au fil des années, Lille a pris le dessus sur son voisin jusqu’à devenir européen et jouer le haut de tableau. De plus, Lens n’a plus gagné un derby depuis la saison 2005-2006. Avez-vous senti cette passation de pouvoir ? 

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Oui, c’est clair qu’on a senti un changement. Lens avait une suprématie et une image meilleure que celle de Lille. Mais les deux équipes ont eu des dynamiques différentes. Lens est devenu moins fort et a fini par descendre. Et une relégation, ça fait de gros dégâts. Lille, en revanche, s’est restructuré pour revenir une équipe qui joue le top 5 en France.

 

Vous êtes rapidement devenu un cadre dans le vestiaire des Dogues et dans le cœur des supporteurs. Vous avez également régulièrement porté le brassard lillois et par la suite nommé capitaine en 2006. Disputer un derby avec ce brassard, cela donne beaucoup de responsabilités non ?

Oui, disputer le derby avec un brassard de capitaine, c’est différent. En tant que capitaine, nous sommes le relai des supporters et de l’entraîneur envers les joueurs. Il faut faire passer le message sur l’importance de ce match. Mais ce statut, a changé aujourd’hui par rapport à avant. Aujourd’hui, certains capitaines ont deux ou trois ans d’expérience dans un club quand à l’époque certains avaient huit ou neuf ans d’années au club derrière eux. Cela forge l’identité du club et cela ressort davantage lors de rencontres comme celle du derby.

Aruna Dindane (Lens) et Gregory Tafforeau (Lille) – Crédit photo : Imago

 

Quel est votre meilleur souvenir lors d’un derby ?

Je crois que c’est lors de la réception du voisin en 2006. On gagne 4-0. C’était un match diffusé sur Canal + en plus, tôt dans la saison, il me semble. On pensait ne pas être prêt pour ce derby, et au final, on réalise un match plein. C’est mon meilleur souvenir.

 

Et votre pire souvenir ?  

C’est justement le match retour la saison d’avant, où l’on perd 4-2. On se fait écraser et les Lensois nous mènent dans tous les sens. Un bien mauvais souvenir.

 

Avez-vous une anecdote concernant un des derbies que vous avez vécu ?

C’était lors d’un derby à Bollaert, je me rapproche de la ligne de touche donc proche des tribunes, et j’ai failli recevoir un sandwich en plein visage. Je suis passé pas loin de finir au zapping (rires). Mais cela fait partie du jeu, et c’est pour ça que je n’ai pas réagi de manière disproportionnée. J’en ai même souri.

 

Pour revenir à aujourd’hui, le derby du Nord et enfin de retour. Êtes-vous heureux du retour de ce match ?

Oh oui ! Il me tarde même d’être à dimanche et de regarder le match. D’ailleurs, j’ai beaucoup d’amis lensois, et en ce moment, on se chambre beaucoup. J’espère qu’après le match, je pourrai une nouvelle fois les chambrer comme il le faut.

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« On s’attend à une réponse des supporteurs lillois dans la semaine »

 

Vous pensez-vous que le derby aura la même saveur dans ce contexte actuel ?

Ce sera différent. C’est vraiment dommageable que les supporteurs ne puissent pas venir et participer à la fête. Le stade sera presque vide, mais cela reste une opposition Lille-Lens. Le derby est une rencontre sympa et animée.

 

Ce week-end, le derby a été lancé par l’intrusion de lensois à Luchin ainsi que plusieurs banderoles dans les passages fréquentés, notamment sur l’autoroute. Que pensez-vous de cela ? 

Oui j’ai vu cela. C’est des choses qui font partie du jeu. Je trouve ces agissements plutôt bon enfant. Les supporteurs attendent beaucoup ce match, donc il est normal que les tensions s’intensifient. D’ailleurs, concernant l’affaire du drapeau lensois brandi à Luchin, on s’attend à une réponse des supporteurs lillois dans la semaine.

 

Quel est l’approche dans un derby quand on est dans la peau d’un gros ?

Pour ce qui est des joueurs, on ne pense pas à cela. On pense d’abord à nous et à nos performances, avant de se concentrer sur l’adversaire. On regarde les états de formes, les blessures, les hommes en forme pour bien se préparer. L’important dans un derby est de ne pas sous-estimer son adversaire. Aujourd’hui, par exemple, Lille et Lens réalisent un gros début de saison puisqu’ils sont respectivement deuxième et troisième. Il est donc difficile de réellement se projeter sur cette rencontre.

 

Quel œil avez-vous aujourd’hui sur l’équipe lilloise et sur le projet en général ?

C’est un bon projet. Le club ne cesse de grandir et aujourd’hui, il se bat chaque année pour être dans le top 5 et disputer des compétitions européennes. Le LOSC avance bien et dans la bonne direction avec notamment un recrutement exceptionnel. Certains joueurs, sont revendus cher pour ensuite retrouver une nouvelle révélation qui arrive. Pour l’instant, ça marche, mais on verra par la suite. J’espère que cela va continuer même si c’est vrai que l’identité forte du club se perd un petit peu.

 

Et enfin, pour finir, un petit pronostic pour ce match ?

1-0 pour le LOSC. Je vois un match assez fermé, comme pressenti lors d’un derby, même un match ouvert serait le bienvenu. Je vois un but de Renato Sanches, dans le jeu, à la conclusion d’une belle action.

Merci à Gregory Tafforeau pour sa disponibilité et sa gentillesse. 

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