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Interview

A la rencontre d’Etienne, supporter lillois exilé au Pérou

Pierrick Moniot

Publié

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Pour cette nouvelle saison, Le Petit Lillois continue de vous faire découvrir, tous les mois, un supporter des Dogues vivant au-delà de nos frontières. Ce mois-ci, partons à la découverte d’Etienne, fan des hommes de Galtier depuis le continent sud-américain et le Pérou. 

Pour commencer cette interview, peux-tu te présenter aux supporteurs lillois en quelques lignes ?

Bonjour Lilloises, Lillois, je m’appelle Etienne, j’ai 30 ans, je suis templeuvois et cela fait quatre ans que je suis parti vivre au Pérou. Plus exactement à Lima, la capitale, dans le district de Miraflores, qui est le quartier touristique de la capitale. Ma profession est brasseur ainsi que responsable draft dans le bar de mon ami Mario, qui est également lillois. Il se situe en plein cœur de Miraflores, donc tout près de chez moi. Dans la vie, j’aime sortir, voyager dans le pays, marcher au bord de l’océan et profiter des spécialités culinaires du pays qui sont riches et variées.

 

Quelles sont les principales différences de vie que tu remarques chez toi au Pérou par rapport à la France ?

Il y a beaucoup de différences avec la France, car nous parlons d’une puissance économique et le Pérou est encore qu’un pays en voie de développement. Il est encore taché par des problèmes politiques et de corruption, qui privent le pays de se développer correctement. Sinon, c’est un magnifique pays, un des pays les plus variés au monde. Il est multiculturel, riche en traditions (Fête du seigneur des miracles, fête danse typique la marinera, fête de L’inti raymi …). Il a une gastronomie reconnue mondialement et détient douze sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO dont le plus connu qui est le Machu Picchu. Son grand territoire comprend trois régions : la bande côtière, la Cordillère des Andes et la forêt vierge amazonienne.

Le climat est toujours ensoleillé. L’hiver, il fait 15 degrés donc je suis principalement en short. Les gens sont chaleureux, ils aiment faire la fête, il y a toujours quelque chose à célébrer. La routine n’existe pas, il se passe toujours quelque chose dans la journée que ça soit positif ou négatif. J’aime ce pays également car il a quelque chose en commun avec le LOSC, les couleurs du drapeau rouge et blanc.

 

Comment la crise sanitaire a-t-elle été vécue et gérée dans ton pays ? Comment cela s’est passé pour toi et les habitants ?     

Le Pérou a eu un train d’avance, car l’Asie et l’Europe étaient touchés avant lui. Dès le premier cas positif au mois de mars, nous étions mis en quarantaine tout de suite pendant un peu plus de 100 jours. Ce fut difficile car, dans cette période, le pays s’est vraiment rendu compte des défaillances et du retard à tous les niveaux. Que ça soit sanitaire, économique ou politique, ce fut une période difficile pour tout le monde.

A l’heure actuelle malheureusement nous sommes le pays le plus touché de la planète par nombre d’habitants. Pour ma part, j’ai dû me réinventer et j’ai donc crée une marque de vêtements avec ma copine qui s’appelle Polyvalent.

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« Lors d’un match de la sélection nationale, le pays est paralysé »

 

Les Péruviens sont-ils des mordus de foot ? 

Le Péruvien de base est un mordu de football, c’est dans son sang et depuis tout petit. C’est impressionnant. Le plus fou, c’est lors d’un match de la sélection nationale. Le pays est paralysé, ils se regroupent tous dans les bars ou entre amis à regarder le match. On ne croise presque personne dans les rues.

 

Quelles sont leurs idoles ? Farfan, Guerrero, ou les idoles classiques que sont Messi, Ronaldo, Zidane, Ronaldinho… ?

Leurs idoles, c’est comme en Europe. Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, R9, Ronaldinho et les grands joueurs d’Amérique du Sud. Pour la France, les noms qui reviennent sont souvent les mêmes. Zidane, Mbappe, Griezmann, Pogba, Kante, également Platini. Ensuite, ici, au Pérou, c’est Guerrero bien sûr mais Pizarro, Farfan, Solano et Flores sont des idoles également.

 

Suis-tu le football péruvien et la sélection nationale ? Si oui, il y a-t-il un joueur susceptible d’être reconnu en Europe dans quelques années ?

J’aime le football, donc je regarde le foot péruvien. J’ai lancé une chaîne YouTube (CanaldeTiroLibreOfficial) avec deux amis dont un ancien joueur brésilien Marquinho, qui a fait carrière dans le football péruvien. Il a même été élu plusieurs fois meilleur étranger de l’année. Le but est de faire des interviews avec des anciens joueurs du championnat péruvien. Je regarde presque tous les matchs dans la mesure du possible, que ça soit de la sélection ou le championnat.

Concernant un joueur susceptible d’être reconnu en Europe, à l’heure actuelle, le niveau du championnat n’est vraiment pas bon par rapport aux autres donc je pense qu’un joueur du championnat péruvien doit d’abord s’aguerrir au Brésil ou alors dans des championnats de deuxième division en Europe pour peut-être percer.

 

L’ambiance est reconnue comme festive dans les stades en Amérique du Sud, notamment au Brésil, en Argentine ou au Chili. Est-ce la même chose au Pérou ?

Les latinos savent mettre l’ambiance, ils allient leurs clubs à la religion et sont à fond derrière leurs équipes. Voir un match en Amérique du Sud, c’est quand même quelque chose, le douzième homme est vraiment important. Au Pérou ou ailleurs en Amérique du Sud, la culture foot est incroyable.

Stade Alejandro Villanueva, du Club Alianza Lima (D1) où Etienne à l’habitude de se rendre.

 

 Les Péruviens connaissent-ils la Ligue 1 et quelques joueurs du LOSC ?

Oui, ils connaissent la Ligue 1 car il y a de nombreux joueurs de leur continent. Et depuis peu, il y a un joueur péruvien actuellement à Saint Etienne, le latéral gauche Miguel Trauco.

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Les Péruviens connaissent le PSG, Saint Etienne et Lyon. Concernant le LOSC, je dis à mes amis que je suis supporter d’une équipe du Nord de la France, là où a débuté Eden Hazard donc ils se renseignent un peu plus sur notre club et également lorsque nous sommes qualifiés pour les coupes européennes. Sinon le club reste encore méconnu.

 

« Les matchs sont à 13h en France et 6h du matin pour moi au Pérou »

 

Peux-tu nous raconter d’où vient ta passion pour le LOSC ?

Ma passion au LOSC est venue lorsque mon père m’a emmené pour la première fois voir un match, LOSC – Wasquehal, l’ambiance m’a beaucoup plu et par la suite, nous nous sommes abonnes au stade Grimonprez-Jooris où j’ai passé des soirées mémorables. Le LOSC a su me faire vibrer.

 

Arrives-tu à suivre les matchs des Dogues ? Comment y arrives-tu ?

Oui, je regarde les matchs via des liens streaming ou alors en résumé car, depuis le début du championnat, les matchs sont à 13h en France et 6h du matin pour moi au Pérou.

 

« Quand je reviens à Lille, je vais voir un match, c’est une obligation pour moi »

 

As-tu déjà rendu visite au Stade Pierre Mauroy le temps d’un match ? Comptes-tu y revenir occasionnellement ?

J’ai eu la chance d’être abonné durant les deux premières années au Stade Pierre Mauroy. Quand je reviens, je vais voir un match. C’est une obligation pour moi, j’en ai besoin. La dernière fois, c’était l’an passé pour le Fan Day contre L’AS Roma.

 

Quel œil as-tu sur le début de saison lillois ?

Un bon début de saison après une préparation estivale difficile. Une défense solide et une attaque qui doit encore trouver ses marques et être plus efficace pour se mettre à l’abri plus vite, car les victoires ne sont pas larges et les adversaires peuvent revenir à tout moment.

 

Et sur le projet en général ?

Le projet est intéressant avec des points positifs et d’autres points négatifs. Sportivement parlant, on a appris de nos erreurs lors de l’époque Bielsa. Il y a du bon travail, Lille est européen presque tous les ans, c’est super. Le point négatif pour moi, c’est que l’on devient un club tremplin. On fait progresser les jeunes pour qu’ils s’en aillent dans d’autres clubs. Avant, on avait des joueurs qui restaient quatre saisons voire plus. On avait une attache pour les joueurs. Aujourd’hui, c’est plus difficile.

 

Quel joueur rêverais-tu de voir au LOSC dans la mesure du possible ?

J’aime beaucoup Cavani et j’aimerais le voir débarquer à Lille.

 

Et pour finir, peux-tu nous donner ton onze de légende du LOSC ?

Dans un 4-3-3, je proposerais : Mike Maignan – Debuchy, Cygan, Kjaer, Ecker – Hitoto, Mavuba, Fernando D’Amico – Hazard, Osimhen, Pepe.

 

Merci à Etienne pour sa disponibilité et sa gentillesse. 

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