Rejoignez nous !

Interview

Nicolas Bonnal : « Seydoux et Puel sont déterminants dans la place qu’occupe le LOSC d’aujourd’hui »

Emile Simon

Publié

le

Nicolas Bonnal (43 ans), sous contrat avec Lille entre juillet 2002 et novembre 2004, n’aura porté le maillot des Dogues que lors de la saison 2002/03 (23 matchs et 2 buts). Pour le Petit Lillois, l’ancien milieu de terrain est revenu sur son parcours de footballeur.

Des débuts dans le Sud (Monaco, Ajaccio)

Vous êtes formé à Monaco entre 15 et 19 ans. Avec la génération Henry, Trezeguet ou Christanval. Pourtant, c’est vous le capitaine des équipes de jeunes ?

Effectivement, j’ai souvent porté le brassard, notamment en U17 Nationaux. Comme les joueurs que vous citez, j’étais identifié comme joueur avec un profil « haut niveau » par les éducateurs de l’ASM. Notre génération était d’un très bon niveau, une grande majorité a réussi une carrière professionnelle, à Monaco ou ailleurs.

 

A peine majeur, vous faites quelques matchs avec les pros de l’ASM. Mais vous êtes prêté puis transféré à l’AC Ajaccio en 1997. Pourquoi ?

A l’issue de mon contrat stagiaire, Monaco ne me propose pas de contrat pro et le groupe de Jean Tigana compte déjà plus de 35 joueurs. Après un prêt réussi d’un an (champion de National NDLR), j’accepte d’être transféré à Ajaccio en Ligue 2, où je me sentais désiré. Ce fut la bonne décision car c’est là-bas que je me suis forgé un mental, j’ai gagné en agressivité dans mon jeu qui était surtout technique jusque-là.

 

Monaco, récent Champion de France, revient finalement vous chercher à l’été 2000. Êtes-vous surpris ?

Je n’étais qu’à moitié surpris. Lors de mon transfert, j’avais encore de nombreux partisans à Monaco, notamment le président Jean-Louis Campora. C’est surtout avec Jean Tigana (le coach des pros de 1995 à 1999 NDLR) que ça ne passait pas. Même s’il m’avait lancé dans le grand bain, il ne comptait pas trop sur moi, ni sur Dado Pršo d’ailleurs. On s’est retrouvé à deux à Ajaccio en prêt, dans une sorte de partenariat. Lui est revenu à l’AS Monaco dès 1999. Et me concernant, Monaco avait inclus une clause de priorité de rachat, ils ont fini par l’activer en 2000.

 

De retour sur le Rocher, vous faites toute la phase aller 2000/01 en tant qu’homme de base de Claude Puel. Ça y est votre carrière décolle ?

Oui, je fais de bonnes prestations en Championnat et en coupe d’Europe, avec un but contre Galatasaray notamment. Je me souviens avoir reçu énormément de sollicitations à partir de l’automne. Plusieurs clubs me faisaient part de leur intérêt, comme Marseille, Sunderland ou Galatasaray justement. Mais je me blesse gravement, ça coupe net ma progression.

 

Ce tournant survient le 02 décembre 2000 à Strasbourg.

C’est ça : je m’y fais une grave blessure au genou. Les médecins mettent du temps à la diagnostiquer, cela m’éloigne des terrains pendant environ 14 mois. En fait, il s’agissait d’une rupture du tendon du biceps fémoral, la même blessure qu’a subi Ousmane Dembelé au Barça. On voit qu’il est difficile de s’en remettre totalement. Pour ma part, j’ai subi plusieurs opérations, mais je ressentais toujours une gêne derrière le genou. Quand Didier Deschamps prend les rênes de l’équipe, je suis encore en convalescence, c’est pour cela que je signe à l’ES Troyes AC.

 

Son arrivée au LOSC 

Vous arrivez à Lille après un prêt à Troyes. Cependant, on ne retrouve aucun match joué avec les pros de l’ESTAC, toujours ce genou ?

Je suis quelqu’un qui fonctionne beaucoup à la confiance. A l’époque, Alain Perrin (coach de l’ESTAC de 1993 à 2002, NDLR), me suit depuis mes années ajacciennes. Quand il m’appelle pour m’inclure dans un échange avec Jérôme Rothen (en partance vers Monaco au mercato d’hiver 2002), je sais que son intérêt est sincère, et je me lance. Notre objectif était que je me remette en forme pendant 6 mois, pour que je sois performant à la reprise 2002/03.

 

« J’ai été agréablement surpris par la ville de Lille »

 

Finalement, Alain Perrin signe à Marseille à l’été 2002, vous vous sentez trahi ?

Pas du tout, quand il me fait venir à Troyes, Alain sait déjà qu’il peut partir à l’OM l’été suivant, il me dit qu’il essayera de me prendre avec lui dans ses bagages. Mais Marseille ne l’a pas suivi. C’était trop risqué pour un joueur sortant de deux saisons vierges. Et puis l’OM et l’agitation qui l’entoure, ça n’était peut-être pas le bon choix pour moi.

 

Vous choisissez Lille, c’est pourtant à l’opposé géographique de Monaco ou Ajaccio. Aviez-vous une appréhension, ou des clichés sur le climat ?

Mon père était militaire, donc j’ai pas mal vadrouillé dans ma jeunesse, nous avons souvent déménagé. Je n’avais aucun cliché sur le climat ou quoi que ce soit à Lille, d’autant que mon rêve était de jouer en Angleterre, encore plus au Nord. A mon arrivée, j’ai été agréablement surpris par la ville de Lille, très jolie, dont je garde un excellent souvenir.

Nicolas BONNAL durant un match de Ligue 1 entre Lille et Girondins Bordeaux le 03 août 2002 – Photo d’Alain Gadoffre pour Icon Sport

 

A Lille, vous retrouvez Eric Abidal (8 matchs en commun du coté de Monaco) et surtout Claude Puel, que vous avez connu à la fois comme joueur, puis comme entraîneur sur le Rocher.

Je signe en tout début de mercato, au mois de juin, alors qu’Eric Abidal signera dans les tous derniers jours de l’été. Pour la petite anecdote, il ne voulait pas dormir à l’hôtel, donc j’ai dû l’héberger quelques temps à son arrivée dans le Nord. Concernant Claude Puel, il joue un rôle évident dans mon arrivée. J’avais disputé mon premier match en pro (à 18 ans, en mai 1995 NDLR), à ses côtés, alors qu’il était encore joueur. Puis une fois coach, il me titularisait souvent avant ma blessure. Je suis donc en confiance, d’autant que la visite médicale nous rassure sur l’état de mon genou.

A lire aussi :  Élisez le but du mois de septembre 2020

 

Un LOSC en pleine reconstruction

Vous êtes titulaire pour le premier match officiel de l’ère Seydoux, le 20 juillet 2002 à Bistrita en Roumanie. Le LOSC vient de perdre Vahid Halilhodzic et plusieurs cadres (Cygan, Ecker, Bruno Cheyrou et Bakari…). Êtes-vous conscient de débuter un nouveau cycle ?

Comment ne pas le ressentir ? La nouvelle équipe dirigeante, les recrues… on se sentait attendus au tournant, après la passion qui avait accompagné le passage de Vahid Halilhodzic. Lille sortait de deux/trois saisons exceptionnelles au niveau des résultats.

 

« J’ai eu un clash avec Claude Puel »

 

Lors du premier mercato de Michel Seydoux, Abidal et vous êtes les seules recrues à avoir l’expérience de la Ligue 1, puisque Chalmé (CFA), Fortuné (National), Baciu (Roumanie), Manchev (Bulgarie) ou Tapia (Chili) l’a découvriront cet été là.  L’attente placée en vous était très importante ?

Je signe 4 ans, et Lille fait un effort pour l’indemnité de transfert (autour de 1,5M€ vers Monaco, NDLR). C’est vrai que cette étiquette de « recrue phare », même si je n’avais qu’une vingtaine de match de Ligue 1 comme expérience, a pesé sur mes épaules.

 

Vous avez joué avec Fernando D’amico et d’autres joueurs historiques du club (Wimbée, Tafforeau, Boutoille…). A votre arrivée, vous faisait-on un cours sur l’histoire du LOSC, son palmarès, ses glorieux anciens… ? Étiez-vous briefé sur la rivalité avec le RC Lens, qui était alors dans une période faste ?

Non, il n’y avait pas de discours officiel ou de cours magistral sur l’histoire du club, ni sur le derby d’ailleurs. Mais les joueurs que vous citez, D’Amico ou Wimbée notamment, c’étaient déjà des passionnés du LOSC, ce sont surtout ces anciens, ainsi que certains salariés (les kinés, l’intendant…) qui faisaient transpirer les valeurs, et qui permettaient de faire perdurer « l’identité club ».

 

Les débuts de Puel sont très compliqués en Ligue 1. Pensez-vous qu’avoir disputé la coupe Intertoto (6 matchs en juillet/aout 2002), en écourtant la préparation estivale, ait hypothéqué le début de saison lillois ?

L’équipe était en reconstruction, jouer des matchs officiels ça n’est pas idéal pour les réglages. Physiquement on y a aussi laissé des plumes. Par ailleurs, la Coupe d’Europe, même si ça n’était que l’Intertoto, nous stimulait surement plus que le championnat. Même inconsciemment, jouer contre Aston Villa ou Stuttgart au mois d’août, entre des matchs contre Nice ou Le Havre, ça a plombé notre début de saison.

Nicolas BONNAL pendant la Coupe Intertoto entre Lille et Aston Villa le 31 juillet 2002 – Photo d’Olivier Prevosto pour Icon Sport

 

Au niveau personnel, vos débuts lillois étaient prometteurs, avec les deux buts en Intertoto, mais vous ne ferait quasiment plus d’apparition dans le groupe sur la phase retour. Vous êtes écarté pour blessure, ou pour une autre raison ?

A titre personnel, cette saison est un échec. Je commence bien, je suis titulaire, je marque… Mais les résultats sont mitigés et la mayonnaise ne prend pas. C’est là qu’un clash intervient avec Claude Puel.

 

Un clash avec Puel, qui vous a pourtant fait venir ? Il était plus dur avec vous, qu’avec le reste du groupe ?

Je pense que tout vient des efforts financiers consentis par le club et le risque qu’a pris Puel en pesant dans mon arrivée. Je pense qu’il attendait trop de moi, et qu’il me reprochait plus qu’aux autres les mauvais résultats. J’entendais aussi quelques sifflets de la part des supporters, même si c’est toujours resté courtois avec eux.

Après avoir été vexé de prendre pour toute l’équipe, j’ai été mis de côté par manque de maturité, ou d’expérience. Nous étions de forts caractères avec Puel, ça a clashé, jusqu’à un point de non-retour. Quelques soutiens, comme Gregory Wimbée m’ont défendu, mais ça n’a pas suffi à ma réintégration.

 

« Si Lille perdait contre le FC Metz, Puel sautait »

 

Avec le recul, on sait que Claude Puel dirigera près de 300 matchs à la tête des Dogues. Mais vu du vestiaire, imaginiez-vous qu’il marquerait d’une telle emprunte le club ? Ou était-il menacé vis-à-vis des résultats compliqués ?

C’était un jeune coach. Il n’était que dans sa troisième année d’entrainement en pro, donc c’est normal qu’il fasse quelques erreurs. Michel Seydoux ne l’a pas menacé en 2002/03. En revanche, il s’en est fallu de peu, lors de sa deuxième saison lilloise. J’étais en prêt à Ajaccio, mais j’étais toujours en contact avec le vestiaire lillois… en janvier 2004, avant un match à Metz, les collègues m’ont confirmé que si Lille perdait, Puel sautait. Finalement, le LOSC l’emporte 1-0 (sur un but de sa recrue Acimovic, NDLR) et enchaînera les bonnes performances. Comme quoi…le foot.

 

Comme vous le dites, vous êtes prêté à Ajaccio en 2003/04, où vous jouez une vingtaine de rencontres en L1. Vous revenez à Lille qui dispute de nouveau l’Intertoto à l’été 2004, mais êtes définitivement mis à l’écart par Puel ?

Dès mon retour, Michel Seydoux a tenté de jouer les entremetteurs, en nous convoquant pour un entretien avec Puel, afin de recoller les morceaux. Mais je ne le sentais pas. Je ne voulais pas d’un nouveau prêt, et mon épouse et les enfants souhaitaient rentrer en Corse. J’ai donc attendu des offres, en vain. Puis j’ai négocié une résiliation (actée en novembre 2004 NDLR). L’AC Ajaccio, où j’étais un peu chez moi, m’a permis de m’entraîner, puis j’y ai signé libre au mercato hivernal.

A lire aussi :  Élisez le but du mois de septembre 2020

 

Le virage pris par le LOSC, avec l’arrivée du duo Seydoux-Puel, posera les bases qui déboucheront, dix ans plus tard sur un doublé coupe-championnat et l’entrée dans le Grand Stade… Michel Seydoux, administrateur de Gaumont ou Pathé, n’était donc pas qu’un homme de cinéma ?

Je m’entendais très bien avec Monsieur Seydoux. C’est vrai qu’il venait de l’extérieur, sans connaissance particulière du milieu. Mais, il avait compris qu’il fallait structurer le club. Le Domaine de Luchin c’est son idée. Je m’y suis entraîné un peu, en 2004, il n’y avait que des vestiaires en préfabriqués et le terrain honneur… c’était avant la rénovation des bâtiments, encore loin du joyau dont le LOSC dispose aujourd’hui.

Claude Puel, à Lille, comme ailleurs, a souvent voulu laisser l’empreinte de son passage. Il a amené quelques innovations pour Luchin également. C’est clair que ces deux hommes sont déterminants dans la place qu’occupe le LOSC d’aujourd’hui, dans le paysage du foot français.

Il y a aussi un homme que je voudrais mettre en valeur. C’est Philippe Lambert, le préparateur physique de l’époque*. Nous n’avions pas d’atomes crochus lors de mon passage, mais c’est la personne la plus compétente que j’ai rencontré dans ma carrière, il faisait un travail remarquable.

* (NDLR : Philippe Lambert fut préparateur physique pour l’ensemble du Centre de Formation de 1997 à 1999, puis préparateur physique et entraineur-adjoint sous Vahid et Puel, avant des expériences en Equipe de France, ou au PSG)

 

Sa vision sur le centre de formation Lillois

Lors de votre passage, l’effectif lillois laissait une place significative aux joueurs formés au club, n’est-ce pas ?

C’était la politique du club, miser sur des jeunes de la région. Avec Claude Puel aux manettes de l’équipe fanion, Lille avait fait la bonne pioche. Puel a toujours eu cette vocation à lancer les carrières.

 

Vous avez croisé une dizaine de joueurs formés au club. Les Landrin, Boutoille, Cheyrou, Delpierre, Makoun et Moussilou avec les pros. Ainsi que Fauvergue, Dumont, Cabaye ou Debuchy à l’entrainement, ou lorsque vous étiez convoqué avec la CFA. Paradoxalement, depuis l’inauguration de Luchin, les pépites régionales se font plus rares.

Il me semble que la politique actuelle du LOSC est plus orientée vers la post-formation ; en recrutant les meilleurs espoirs mondiaux de 16 à 19 ans. Le braquet a changé, on sort des recherches qui étaient limitées à la région Haut de France, jusqu’à certaines tranches d’âges. Pour les supporters de longue date, ça ne doit pas être facile à vivre. C’était important pour l’identité d’avoir quelques locaux.

 

« Thierry Henry parle de moi à Pierre Ménès »

 

Sa fin de carrière

Après Ajaccio, vous avez également joué à Reims, en L2, où vous mettrez un terme à votre carrière. Finalement, vous avez réussi à quitter votre Corse d’adoption ?

A l’été 2005, j’avais compris que je ne ferai pas la carrière que j’avais espéré. Mon rêve étant de jouer en Premier League, je mise tout sur un transfert en Angleterre. Je fais même des tests à Bolton ou Derby County, mais suis extrêmement déçu par la mentalité une fois sur place. Moi qui était habitué aux clubs méditerranéens, ou à « la chaleur du Nord », j’arrive dans des clubs où les gens ne se disent pas bonjour, je suis également choqué par les infrastructures, que je pensais plus développées que cela. Hormis pour les top clubs que je ne pouvais plus espérer, ça n’était pas encore la Premier League d’aujourd’hui. Donc mes plans sont chamboulés. Je pense même arrêter… Finalement, c’est Thierry Henry qui parle de moi à Pierre Ménès.

 

“LE” Pierre Ménès ?

Oui, Henry et lui se sont connus quand le journaliste était correspondant pour L’EQUIPE à Londres. Puis à ce moment là, Pierre Ménès était Directeur du Développement pour le Stade de Reims depuis juin 2005. C’est comme ça, que je me retrouve à Reims en Ligue 2.

A Reims, il s’est passé quelque chose. J’y ai de superbes souvenirs, on fait une demi-finale de coupe, on frôle la Ligue 1. Si la Corse ne m’avait pas manqué autant, j’aurai même aimé m’investir dans le club, après ma carrière de joueur. Il y a quelque chose de mythique autour de ce club. Par exemple, en 2006, on a joué contre le Real Madrid, pour les 50 ans de la première finale de C1. Évidemment ça me fait un grand plaisir qu’ils retrouvent l’Europe cette saison, c’est mérité après tout le travail de Monsieur Caillot (Président du Stade de Reims depuis 2004, NDLR).

 

Depuis votre retraite de joueur, vous êtes désormais conseiller sportif ?

A la fin de ma carrière, j’ai contribué à faire labelliser le centre de formation de l’AC Ajaccio. Qui est aujourd’hui le seul centre certifié de l’île, puisque Bastia a perdu son statut professionnel. J’ai ensuite entraîné Porto-Vecchio, de 2017 à 2019, avec lesquels je monte en Régional 1, mais je n’ai jamais eu l’âme d’un entraîneur. J’aurai préféré être recruteur pour un club, mais je ne voulais plus quitter la Corse.

Comme, je n’ai pas de licence d’agent, je suis conseiller sportif. Je m’occupe exclusivement des frères Tramoni (Matteo 20 ans et Lisandru 17 ans). L’aîné, après trois saisons à l’ACA et des sélections dans les catégories jeunes en Equipe de France, va signer dans un grand championnat européen cet été. C’est aussi une fierté de pouvoir accompagner les talents corses et de les voir réussir au plus haut niveau.

Merci Nicolas !

Cliquez pour commenter

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Populaires

Le Petit Lillois

GRATUIT
VOIR