Rejoignez nous !

Interview

À la rencontre de Simon, supporter lillois exilé au Québec

Pierrick Moniot

Publié

le

Pour cette nouvelle saison, Le Petit Lillois continue de vous faire découvrir, tous les mois, un supporter des Dogues vivant au-delà de nos frontières. Ce mois-ci, partons à la découverte de Simon, supporter lillois vivant au Canada, et qui a accepté d’en dire plus sur son pays et sa passion pour le LOSC. 

Pour commencer cette interview, peux-tu te présenter aux supporteurs lillois en quelques lignes ?

Bonjour. Je m’appelle Simon, j’ai 40 ans et je vis à Montréal dans la province du Québec au Canada, depuis 2013. Je suis manutentionnaire dans la vente de détail mais, ma passion reste avant tout le dessin, le graphisme ainsi que l’écriture et bien évidemment le LOSC ! Je suis né à Lille, où j’ai vécu les premières années de ma vie dans le quartier de Moulin puis Wazemmes. Je n’ai déménagé qu’une fois ensuite à Lambersart avec mes parents puis je suis revenu m’installer à Lille, dès mon départ du domicile familial.

 

Quelles sont les principales différences culturelles que tu remarques chez toi au Canada par rapport à la France ?

Le Canada est une confédération composée de 10 provinces et de 3 territoires. Pour ma part, je ne connais que le Québec. Et en ce qui concerne les québécois, ils sont à l’origine des immigrants français, colonisés et assimilés par les britanniques et vivant en Amérique du nord. De ce fait, à part la langue, il n’y a que très peu de point commun avec les français.

Alors que les français sont plutôt grandes gueules, tactiles et cyniques, les Québécois sont assez introvertis, cherchant avant tout à ne pas importuner les autres. Ils gardent, sûrement inconsciemment, certains bons côtés de la religion catholique qui a dicté la loi dans la province jusque dans les années 1960, comme par exemple le fait d’aider son prochain ou de faire preuve de beaucoup de générosité. Les québécois sont accueillants et surtout très civiques, ils font même la queue lorsqu’ils attendent le bus ! Bien évidemment, ils ont malheureusement ce côté nord-américain qui les poussent à la surconsommation et à l’endettement.

Niveau culinaire, les plats flamands que j’ai importés ont beaucoup de succès chez mes amis québécois. Les hivers étant rudes, un welsh ou une carbonnade flamande s’accommode parfaitement à ce climat et permettra de trouver du réconfort durant cette saison interminable.

 

Comment le Canada ou le Québec plus précisément a-t-il géré la crise sanitaire du COVID-19 ? Comment l’as-tu vécu personnellement ?

Au Québec, la crise a été gérée de façon catastrophique (comme d’ailleurs pas mal de pays dans le monde) et la province compte plus de 50% des cas de COVID au Canada. Le Québec arrive dans le groupe de tête des provinces ayant eu le plus de morts par millions d’habitants.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau s’est contenté de faire chauffer la carte de crédit et a versé des chèques de 2000$ à tous les canadiens ou résidents permanents qui avaient subi des mises à pied à cause du confinement, ainsi qu’aux étudiants. Cette aide était mensuelle. Pour ma part, j’ai touché 3 chèques, ce qui fait 6000$. Je ne porte pas particulièrement Trudeau dans mon cœur, mais sur le coup, je tiens à le remercier quand même. Le confinement s’est bien passé de mon côté, j’étais tranquille avec mes enfants, nous n’avons manqué de rien.

 

« Le maillot du LOSC fait partie de ceux que j’ai le plus vu à Montréal »

 

Les canadiens s’intéressent ou connaissent-ils beaucoup le football ?

Pour commencer, si tu parles de football au Canada, on pensera que tu parles du sport qui se joue avec un casque et un ballon ovale (le football américain). Ici on parle de soccer et de plus en plus de québécois commencent à s’y intéresser par le biais de la Ligue des Champions ou de la Premier League. Les fans de soccer commencent à être de plus en plus nombreux, surtout à Montréal et principalement dans les jeunes populations immigrées (maghrébins, latinos, français….) et ce n’est plus rare de voir des gens arborant des maillots de soccer. À ce propos, parmi les maillots de Ligue 1 que portent les gens que j’ai pu apercevoir en ville (à Montréal), et bien celui du LOSC fait partie de ceux que j’ai le plus vu.

A lire aussi :  Élisez le but du mois de septembre 2020

 

Suis-tu le football canadien ou les divisions présentes là-bas ? Si oui, que peux-tu nous en dire ? As-tu un œil sur la sélection nationale ?

Non. Des équipes canadiennes sont présentes en MLS, comme Toronto, Vancouver ou Montréal, mais le niveau de cette ligue est globalement assez faible. J’ai eu l’occasion d’aller deux fois voir jouer l’Impact de Montréal et j’ai plutôt passé un bon moment, car malgré le manque flagrant de technique, il y a un certain engagement qui peut rendre les partie agréables à voir jouer.

La sélection nationale est très faible et peu de monde en parle. J’ai le souvenir qu’il y a quelques années le Canada s’était rendu en 1/2 finale de la Gold Cup, mais pour être franc cette compétition n’avait pas transcendé les foules, surtout qu’elle se jouait en pleine saison du baseball, qui est un sport très populaire dans tout le Canada.

 

Peux-tu nous en dire plus sur Jonathan David ou ses débuts au Canada ou en sélection nationale ?

Dans mon entourage, même si certains s’intéressent au soccer, personne ne connaissait ce joueur. Seuls les grands fans de soccer doivent suivre l’actualité des joueurs évoluant en équipe nationale du Canada. Il faut comprendre que le hockey et le baseball ne laissent pas beaucoup de place aux autres sports.

 

« Jonathan David est considéré comme un grand espoir du soccer au Canada »

 

Pour en revenir au LOSC, depuis quand es-tu passionné du club et d’où vient cette passion ?

J’ai vraiment commencé à me passionner pour le LOSC au début des années 1990. Pourtant, ce n’était pas facile à l’époque de réussir à aimer cette équipe qui était incapable de finir au-dessus du ventre mou et qui jouait à domicile devant moins de 10 000 personnes. Il fallait vraiment le vouloir pour se passionner pour ce club, mais la fierté régionale que j’ai pour les Flandres et l’amour que j’ai pour cette ville ont pris le dessus sur les dégagements en tribune de Thierry Rabat et les purges du Samedi soir. Mon premier match à Grimonprez-Jooris fut un Lille-Martigues pour une victoire 1-0 sur un but d’Eric Assadourian. C’était le 29 octobre 1994.

 

Depuis Montréal, comment fais-tu pour suivre l’actualité ou les matchs des Dogues ?

Internet ! Plus précisément Twitter, où je trouve toutes les infos nécessaires en ce qui concerne le LOSC. Pour les matchs, je regarde en streaming, et il faut avouer que cela me convient parfaitement, car les horaires des rencontres de Ligue 1 collent bien avec les miens. De plus, la qualité est au rendez-vous, ce qui m’a permis de voir un grand nombre de match depuis que je suis au Canada. Il y a aussi TV5 Monde, sur le câble, qui diffuse tous les samedis à 11H un match de Ligue 1, et j’ai ainsi pu voir plusieurs fois du LOSC sur cette chaîne. Par contre, c’était un peu plus compliqué pour la LDC, car les matchs avaient lieu en pleine semaine pendant que je travaillais. J’ai tout de même pu voir la deuxième mi-temps du match à Valence ainsi que la réception de l’Ajax. Toujours en streaming.

 

Que connaissent les Canadiens du LOSC ?

Hazard. Et je pense que c’est à peu près tout. Peu de québécois connaissent les équipes de Ligue 1 à part bien sûr le PSG et un degré moindre l’OM. Mais avec l’arrivée de Jonathan David, c’est certain que ça parlera des Dogues outre-Altantique ! Ce joueur est considéré par les connaisseurs comme un grand espoir du soccer au Canada et s’il vient à faire de bonnes performances, le LOSC aura logiquement de la visibilité dans les médias.

A lire aussi :  Élisez le but du mois de septembre 2020

 

Malgré la distance, as-tu deja pu découvrir le stade Pierre-Mauroy ? Et t’y rends-tu occasionnellement ?

Bien sûr ! Je suis allé au stade Pierre Mauroy l’année de son inauguration pour un Lille-Reims (3-0, 10 mai 2013), avec au passage un superbe but de Payet, le copier/coller de celui qu’il a marqué trois ans plus tard contre la Roumanie lors de l’Euro. Ce stade est magnifique, un vrai bijou. De plus, j’avais trouvé l’ambiance excellente et ce stade garde un côté convivial malgré sa grande taille. J’espère retourner voir un match au Pierre Mauroy mais malheureusement lorsque je reviens en France en vacances, nous sommes en pleine trêve estivale.

 

« Ce que je veux avant tout, c’est de voir le LOSC compétitif »

 

Comment juges-tu le projet du LOSC et l’équipe actuelle dont elle dispose ?

Je pars du principe que les clubs doivent s’adapter à la réalité économique actuelle. Le LOSC a choisi un modèle basé sur le trading de joueurs, qui a pour certains un côté négatif mais qui nous permet de voir de bons joueurs sous nos couleurs. Ce qui peut engendrer de bons résultats et ainsi faire venir du monde au stade. Ce que je veux avant tout, c’est de voir le LOSC compétitif, et même si les joueurs ne font que passer, je serais capable de dealer avec ça si les résultats ainsi que la qualité de jeu sont au rendez-vous.

L’équipe actuelle me paraît pétrie de talent, nous avons beaucoup de cartouches en attaque avec des joueurs comme Yazici, Ikoné, Bamba sans oublier Weah qui je l’espère fera une saison pleine. De plus, les noms qui circulent actuellement pour venir garnir le front de l’attaque sont plutôt intéressants. En défense J’ai beaucoup d’attente envers Bradaric, qui je suis sûr fera une grosse saison. Au milieu, André fait parti des meilleurs joueurs à son poste, sans parler de Renato Sanches, monstrueux en deuxième partie de saison, qui sera sûrement au rendez-vous lors de l’exercice à venir. Nous avons une belle équipe bien coaché et Campos fait un travail remarquable. Derrière le PSG, ça reste très ouvert et nous avons selon moi le meilleur effectif du championnat après celui des parisiens.

 

Quel est le joueur que tu rêverais de voir au LOSC dans la mesure du possible actuellement et pourquoi ?

Pourquoi pas Cavani ? Il habite déjà en France et connaît la Ligue 1. Le salaire paraît évidemment hors de portée, mais avec un génie comme Campos, on peut s’attendre à tout.

 

Quelle est l’équipe qui t’a le plus marqué depuis que tu suis le LOSC ?

Évidemment, impossible de ne pas citer l’équipe qui réalisa le doublé en 2011 ! Mais celle de Vahid m’a tout de même profondément marqué. Nous sortions de plus de 20 années de galères, et ce coach a transformé ce club désillusionné en véritable machine de guerre, capable d’aller gagner ses matches avec ses tripes. Nous sommes passés de 18e de D2 à une équipe de chiens enragées allant chercher une victoire à Parme en barrage de la LDC. Beaucoup de lillois ont retrouvé la fierté de supporter le LOSC grâce à Vahid.

 

Si tu avais une baguette magique, et tu pouvais faire revenir un ancien Dogue, qui choisirais-tu et pourquoi ?

Hazard ! C’est le meilleur joueur qui a évolué sous nos couleurs….enfin pour l’instant.

 

Et pour finir, ton XI de légende du LOSC ?

Ce serait celui ci : Landreau – Angloma, Basa, Somerlinck, Abidal – Mavuba, D’Amico, Cabaye – Hazard, Pépé, Baratte.
Et les remplaçant seraient Lama, Lichtsteiner, Balmont, Obraniak, A.Pelé, Boutoille.

Cliquez pour commenter

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Populaires

Le Petit Lillois

GRATUIT
VOIR