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1969 : Le LOSC perd son statut de club professionnel

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Robert Barbieux - Crédit photo : LOSC Médias

Face à la difficulté sportive de rebâtir une équipe compétitive et face aux problèmes financiers du club qui pèsent depuis plusieurs années, le président Robert Barbieux décide de renoncer au statut de club professionnel.

Le LOSC continue sa descente aux enfers. Après sa relégation en D2 en 1968, Lille finit à une triste 13ème place en deuxième division. L’entraîneur Daniel Langrand ne peut rien faire face aux assauts de départs que subit le club chaque année et voit Henri-Jooris se vider petit à petit, saison après saison… Il est bien temps de donner un nouveau souffle à notre club, qui fête les 25 ans de la fusion cette année-là. Quel drôle d’anniversaire.

Robert Barbieux se démène pour sauver le club. Il a besoin de trouver un remplaçant de l’entraîneur qui devra assurer la montée la saison prochaine. René Gardien, Lucien Jasseron, Celestin Olivier et Jean Strasser sont contactés par le club des Flandres. C’est avec le dernier que le LOSC trouve un accord de principe.

On s’active aussi côté mercato où plusieurs bonnes pistes sont évoquées, dont le défenseur Guy Calleja, triple finaliste de la coupe de France et triple vice-champion de France avec Bordeaux. A 31 ans, il est l’un des piliers des Girondins et ferait le plus grand bien aux Dogues.

 

Les mauvaises nouvelles tombent

Le « Groupement » (ancêtre de la LFP) met des bâtons dans les roues du carrosse lillois. La ligue demande la somme de 250 000 francs pour s’inscrire dans le championnat de l’année suivante. Elle réclame par la même occasion le diplôme manquant de Jean Strasser, qui lui permettrait d’entraîner à ce niveau. Le LOSC ne l’a pas et demande une dérogation qui est directement refusée par le Groupement. Lille se retrouve sans entraîneur.

 « Il faut même un comité de soutien pour organiser une série de matches amicaux et éponger la dette qui atteignait 700 000 nouveaux francs, un record à l’époque. »

La piste Calleja se refroidit puisque la presse l’annonce à Grenoble. Il finit par signer au GFC Ajaccio, en division amateur, preuve que la situation lilloise n’attire pas les foules. L’Assemblée générale du Groupement n’est pas du tout encourageante, comme un air de DNCG en 2016. Les finances du club sont désastreuses et les contrats des joueurs sont surpayés. Le LOSC est endetté, ne peut plus payer les salaires des joueurs et la mairie ne veut pas venir en aide au club de la ville. Jacques Verhaeghe, historien du LOSC, racontait sur Eurosport : « il faut même un comité de soutien pour organiser une série de matches amicaux et éponger la dette qui atteignait 700 000 nouveaux francs, un record à l’époque. »

 

Descente au niveau amateur

Le président Bourbieux ne peut faire autrement, il décide d’abandonner le statut professionnel, incluant une relégation administrative en 3e division française. Le LOSC devient un club amateur le 23 juin 1969.

Lille n’est pourtant pas seul dans ce cas. La même saison, les clubs de Chaumont, Montpellier, Béziers sont relégués au niveau amateur pendant que Toulouse et Le Havre y sont déjà depuis quelques années. Clou du spectacle, le Racing Club de Lens perd aussi son statut de club professionnel. Dans la poule du LOSC, on retrouve de belles équipes comme Valenciennes, Amiens et même le Stade de Reims. Certains estiment que ces derbys régionaux amèneront plus de monde au stade que des LOSC – Béziers ou des LOSC – Laval.

Les Lillois écrivent une nouvelle page de leur histoire qu’ils espèrent plus belle que les dernières années passées. Le club est presque soulagé des charges du niveau professionnel et chamboule son effectif pour l’adapter à cette 3e division française. Du côté de la direction, Barbieux reste en place à son poste de président et l’entraîneur nommé est Joseph Jadrejak, salarié au Café de la Mairie.

 

La lumière dans la nuit

Le LOSC est au fond d’un trou de 10 mètres sans aucun moyen de remonter. Un jour, quelqu’un vient lui lancer une corde pour l’aider à remonter à la surface. C’est un peu ce qu’il s’est passé cette année-là dans le Nord. Les Dogues avaient terminé la saison à la 10ème place (sur 15) et avaient perdu à 13 reprises. Des résultats honteux quand on connait le passé glorieux de l’équipe, qui était en première division quelques années auparavant. Les derbies ne sont pas une grande réussite : Lille reçoit Lens pour le premier match de championnat et concède le nul 1-1. Au match retour, le Racing Club de Lens gagne 7-0, record dans un derby, même encore aujourd’hui.

Puis une occasion s’est présentée. Le Groupement savait qu’elle était en partie responsable du déclin de gros clubs français et a décidé d’équilibrer les championnats en créant un « Championnat national ». C’est une deuxième division de 48 équipes réparties en 3 groupes : Groupe Nord, Groupe Centre, Groupe Sud. L’ancienne D2 pas assez fournie, des clubs amateurs doivent être repêchés. Le LOSC saisit l’occasion et formule un dossier d’inscription au Groupement pour figurer dans le Groupe Nord. Cette demande est acceptée directement par la Ligue le 14 mai 1970. Le Racing Club de Lens fait de même et intègre la division nationale. André Delelis, maire de Lens, avait expliqué dans la Voix du Nord : « Si nous avons été tous les deux repêchés du CFA, c’est parce que les dirigeants de la fédération ne concevaient pas la carte du football professionnel français sans le Nord

Les Dogues sont de retour au niveau professionnel. Barbieux abandonne la présidence et la cède à Max Pommerolle qui fortifie l’économie du club en renouant les liens avec la Mairie. Il fait voter une subvention de 250 000 francs et un prêt de 750 000 francs. Lille fait confiance à un nouvel entraîneur connu au club : René Gardien. Il fera remonter le LOSC dans l’élite du football français en première division.

1 commentaire

1 commentaire

  1. chenu Gilbert

    24 mai 2020 at 18:02

    eh oui c’était l’époque des vaches maigres ey Gérard Lopeze n’exsistait pas je me souviens de cette anecdote c’était un dimanche et le losc se déplaçait a Chaumont a l’époqque les déplacements se faisaient en car R D V GRAND Place face au café de la Paix les joueurs n’avaient pas etè payes depuis un moment et c’est Jean Vangoll le gardien de l’époque qui tenait un café a Marquette qui fit un chéque sur son compte personnel pour débloquer la situation j’ai oublié si lille gagna à Chaumont !!!!!!

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