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Le LOSC fait-il réellement partie des clubs en danger financièrement ?

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Crédit photo : IconSport

Dans une enquête publiée aujourd’hui, Mediapart analyse la situation actuelle en France, accompagnée de documents de la LFP. Un document dans lequel le média suppose que Lille (ainsi que trois autres clubs français) pourrait faire partie des clubs en très grand danger financièrement. Mais qu’en est-il ?

Dans un premier temps, concernant le manque des droits TV à gagner sur la fin de saison, le prêt souscrit par la LFP (PGE) sera versé au mois de juin 2020. Lille devrait ainsi toucher près de 17,2 millions d’euros alors que le club n’avait touché jusque-là que 17,1 millions d’euros (soit 34,3 millions qui seront perçus au total). Ce prêt permettra de subvenir aux besoins de trésorerie des clubs français d’ici au 30 juin 2020.

 

 Document Mediapart

 

De plus, Mediapart révèle un autre document sur les résultats potentiels nets des clubs de Ligue 1 sur l’exercice comptable 2019-2020 (du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020). On y découvre que 17 des 20 clubs seraient potentiellement déficitaires, dont quatre clubs à plus de 50 millions d’euros de pertes. Mais cette simulation a été anonymisée par la Ligue, et réalisé selon plusieurs critères (droits TV arrêtés à la 28ème journée, baisse des revenus sponsors, publicitaires, charges sur les 3 derniers mois de l’exercice) . De plus, aucune rentrée d’argent liée au marché des transferts n’a eu lieu depuis le 1er février 2020.

Document Mediapart

 

Du côté de Lille, qui désormais ferme ses comptes au 30 juin 2020 (31 juillet auparavant), il est difficile d’établir avec certitude la place du club dans ce graphique. La masse salariale n’étant plus encadrée, celle-ci a logiquement augmenté cet été avec la participation en Ligue des Champions. Mais pas de manière significative. Lors de la saison 2017-2018, le club rémunérait son personnel à hauteur de 72 millions d’euros. De même pour les indemnités de mutation où Lille a dépensé près de 90 millions d’euros l’été dernier, même si celles-ci sont amorties sur la durée du contrat des joueurs, souvent de 5 ans. Les charges devraient donc augmenter à Lille mais également les recettes du club. En effet, avec la qualification en Ligue des Champions, Lille a obtenu entre 35 et 40 millions d’euros de recettes supplémentaires, recettes qui permettent dans cette simulation de couvrir les droits TV qui n’ont pas été versés à l’issue de la 28ème journée (17,2 millions d’euros).

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Concernant les recettes billetterie, si Lille avait récupéré près de 10 millions d’euros la saison passée, le total devrait être similaire voire plus élevé, et cela malgré l’arrêt du championnat. Avec 4 matchs qui restaient à disputer à domicile (face à Monaco, Nice, Reims et Amiens), le stade Pierre Mauroy avait déjà accueilli 19 rencontres cette saison, avec une affluence moyenne de plus de 34000 spectateurs. De plus, le club ayant déjà reçu les ténors du championnat (Paris, Marseille, Lyon), soit ceux qui permettent la meilleure affluence au stade, mais aussi disputé 3 matchs de Ligue des Champions avec une moyenne de 48000 spectateurs. De quoi faire monter le total de recettes et minimiser le manque à gagner sur les 4 derniers matchs restants. Concernant les sponsors, les publicités et le merchandising, les prévisions semblent plus compliquées. Si le club a négocié un accord avec Boulanger pour être le sponsor maillot (aucun sponsor maillot la saison passée) cette saison, il semble impossible de savoir ce qu’il s’est passé pour les versements des sponsors sur les derniers mois où aucun match n’a été disputé.

 Extrait des recettes et charges du LOSC lors de la saison 2018-2019 selon les comptes publiés par la DNCG

 

Au final, même s’il semble compliqué d’établir une estimation du résultat net au 30 juin 2020 sur l’exercice, un constat peut néanmoins être fait. En effet, le départ de Nicolas Pépé pour Arsenal (à hauteur de 80 millions d’euros) a été acté sur l’exercice comptable 2019-2020. Ainsi, cette somme (soustrait des dernières charges d’amortissement de son transfert en provenance d’Angers) permet d’affirmer que Lille ne fait pas partie des deux clubs ayant un résultat net déficitaire supérieur à 100 millions d’euros. Seule l’audition par la DNCG et la publication des comptes individuels de chaque club permettront de savoir où Lille se situe finalement sur ce graphique. On notera également que la LFP a fait fi de potentielles transactions sur le marché des transferts d’ici au 30 juin 2020.

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Au niveau de la trésorerie des clubs de Ligue 1, dans un autre document obtenu par Mediapart, on observe que, après versement des dernières sommes de droits TV dues, quatre clubs affichent un solde de trésorerie négatif au 30 juin 2020, ce qui implique une potentielle cessation de paiement. Difficile de savoir quels sont ces fameux clubs, même si Mediapart suppose qu’il s’agit de Marseille, Bordeaux, Saint-Etienne et … Lille. Pourtant, le 30 mars dernier, L’Equipe révélait que le LOSC disposait d’une trésorerie d’environ 40 millions d’euros d’ici à la fin de saison. A priori suffisant pour terminer la saison.

Document Mediapart

Si le LOSC fait partie des 4 clubs dans le rouge, cela serait néanmoins beaucoup moins grave que laisse croire Médiapart. En effet, selon Pierre Rondeau, expert en économie du sport, « cela n’est pas vraiment dangereux, dans la mesure où ces choses arrivent depuis quasiment toujours en France, comme l’avait montré l’économiste Nicolas Scelles, avec plus de 90% des clubs déficitaires “subventionnés” par leurs actionnaires. Sauf qu’ici, Mediapart relance la panique en disant que cela pourrait cesser en indiquant que le renforcement des pertes devrait faire fuir les investisseurs. La crise du coronavirus va renforcer les faillites. Mais pour l’instant, aucune certitude. »

Si une inquiétude devait avoir lieu à ce jour, c’est au niveau du remboursement du prêt contracté par la LFP. Ce remboursement sera étalé sur l’intégralité du contrat des droits TV de 2020 à 2024, avec une augmentation significative notamment avec l’arrivée Mediapro. Mais à ce jour, cela reste des données superflues.

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