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1963-1964 : le premier titre de deuxième division

Thomas Deleglise

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Jean Oleksiak, père de Thierry, en présence de Raymond Kopa - Crédit photo : LOSC

Le LOSC erre en D2 depuis sa descente en 1959 et n’est jamais parvenu à se hisser parmi le peloton de tête pour la montée. Après les échecs Vandooren, Baratte et Poitevin au poste d’entraîneur, c’est Jules Bigot, ancien de la maison, qui prend les rênes de l’équipe.

Jules Bigot arrive à point nommé. Il fallait un « homme fort » pour redresser l’équipe selon le président Jean Denis. Ex-international français, joueur de l’Olympique Lillois entre 1933 et 1939 puis de retour au LOSC entre 1943 et 1950 après des passages à l’OM et à l’ASSE, Jules Bigot avait fait l’unanimité en tant que joueur. Capitaine exemplaire pendant ses années lilloise, il n’en faisait aucun doute : il allait devenir un bon entraîneur. D’abord passé par Lens, il avait ensuite entraîné le Cercle de Bruges et était parti poursuivre une aventure en Belgique en trouvant un accord avec Mouscron. C’était sans compter sur notre cher président Jean-Denis, désireux de l’avoir avec lui, qui l’invite à un dîner au restaurant en compagnie d’autres personnalités du club comme Max Pommerole et Charles Crespin. Après ce repas, Jules Bigot a changé d’avis : il veut retourner au LOSC.

Jules Bigot est un fort caractère et il fait savoir que le recrutement sera la clé de la montée. Le LOSC laisse partir un grand nombre de ses joueurs comme les gardiens Payen et Jacquet, les attaquants Badia, Lion, Hartmann, Konieskia, Tivoli et Lefèvre.

Lille recrute en conséquence : un véritable bataillon arrive dans le Nord, pas moins de 15 recrues. L’arrivée du Charles Samoy au poste de gardien, le buteur Michel Lachot, les attaquants Jean Oleksiak (père de Thierry) et l’international Bernard Lahis. Nancy est en difficulté financière et ne peut faire autrement que de donner deux de ses joueurs, Adamczyk et Gauthier, qui deviendront des incontournables à Lille. Jules Bigot arrive à convaincre Gérard Bourbotte, « l’enfant prodigue » du LOSC, à revenir au club. Buteur d’exception, il avait connu le titre de D1 en 1954 puis la victoire en coupe de France l’année suivante. Poursuivant une belle carrière en D1 à Strasbourg, au Red Star et au Stade Français, il décide de revenir au LOSC en tant que nouveau trentenaire, dans une position un peu plus reculée qu’avant. Bigot en fera son meneur de jeu et son homme à tout faire.

Via tolmi.centerblog.net

Comment le LOSC a réussi à se payer autant de joueur alors que le club était en pleine crise sportive et s’enlisait dans le championnat de D2 ? Tout simplement un sponsor de taille : le premier sponsor de Lille a investi dès l’arrivée de Jules Bigot. British Petroleum est arrivé au début des années 60 et a influencé l’arrivée de Jean Denis à la tête du club. Joseph Huré, président français de la compagnie pétrolière et fan du grand LOSC d’après-guerre, annonce investir financièrement seulement si les Dogues parviennent à se hisser en première division. Après quelques années moroses, BP va faire confiance à Jules Bigot, conseillé par le sélectionneur de l’équipe de France Georges Varriest, alors que Lille n’est pas encore promu. La mairie de Lille s’intéresse au projet et va y mettre du sien en y contribuant économiquement. Tout semble bien parti pour faire une excellente saison.

 

Départ en fanfare

Gérard Bourbotte et ses coéquipiers commencent par un match à domicile face au club lorrain de l’US Forbach. L’entrée en matière est presque parfaite, le LOSC gagne 4-1 avec un triplé de son meneur de jeu Bourbotte. Le seul derby de la région se joue contre Boulogne à la deuxième journée, Bourbotte montre encore la voie en inscrivant un but dans la victoire 2-0 à Henri-Jooris. Après une 3ème victoire de suite à Nancy, les Dogues doivent poursuivre leur bonne dynamique face à Montpellier. Doublé de Bourbotte (2-0), déjà un carton plein et la première place du championnat en poche. Le LOSC se fait accrocher deux fois en 8 journées (0-0 contre l’OM et 1-1 contre Franc-Comtois) et perd une première fois à la J9 contre Grenoble puis une deuxième fois à la J11 contre Metz.

Les Lillois sont clairement au-dessus de tout le monde cette saison. La bonne charnière centrale Adamczyk-Dacquet encaisse peu de but. Le premier deviendra international français grâce à ses bonnes performances et les deux défenseurs seront sélectionnés en équipe de France de deuxième division, constituée des meilleurs joueurs français évoluant en deuxième division sous l’égide de la FFF. Il y aura également Michel Lafranceschina, Orlando Gauthier et Charles Samoy.

 

Lancés vers la D1

Les Dogues étaient en train de perdre 3-0 sur la pelouse de Metz à la 85’. Les buts de Michel Lachot et d’Henri Lewandowicz ont été inscrits trop tard pour espérer revenir (3-2). La hargne lilloise est revenue et ce deuxième faux-pas en championnat est un signal d’alarme pour Jules Bigot. Le LOSC joue le Béziers de René Pleimelding (père de Pierre) à Henri-Jooris et gagne 3-0, manière de rappeler que ce LOSC est un bon leader du championnat. Le trio Lachot-Lafranceschina-Bourbotte plante but sur but et l’équipe nordiste gagne de la 12e à la 21e journée (un seul match nul contre Cannes à la J17). Lille est surtout devenu une forteresse imprenable en gardant sa cage inviolée durant 6 matchs consécutifs à domicile et 14 matchs en tout dans la saison. Henri Jooris n’aura pas connu la défaite en championnat durant tout l’exercice de D2.

Le LOSC est tranquillement installé sur la première marche du championnat et se baladera jusqu’à la fin. Les éliminations précoces face à Reims (3-3 puis 2-1) en Coupe de France et contre Sochaux (5-2) en Coupe Charles Drago, qui permettait aux équipes éliminées avant les quarts de finale de la coupe de France de se disputer un challenge, ont donné l’opportunité de se concentrer uniquement sur la course au titre.

 

Sacré champion de D2

Lille est sereinement en tête du championnat et peut se permettre de le gagner avec 3 journées d’avance. Ce sera contre le Red Star, équipe placée en milieu de tableau, le 27 mai 1964 à Henri-Jooris. Les supporters sont venus en nombre, certains que leur équipe va décrocher le graal ce jour-là. Ils avaient raison. Le LOSC gagne sans difficulté 2-0 devant 12 000 personnes (record depuis 1958), qui envahiront le terrain comme à la belle époque. Ils s’envolent vers la D1 en gagnant leur premier titre de D2, à 6 points de Sochaux (2ème) et 9 points de Metz (3ème). L’écart est notable, la victoire étant encore à 2 points. Les nordistes terminent à 50 points, avec la meilleure attaque et la meilleure défense du championnat.

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