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Il y a 10 ans, le cauchemar Lorientais

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Crédit photo : IconSport

Le 15 mai 2010, c’est en position de dauphin de Ligue 1 que le LOSC se déplace à Lorient, pour valider son ticket pour la Champions League. Malheureusement, rien ne se passera comme prévu…

 

Déroulement de la saison jusqu’à cet épilogue 

La saison 2009/10 est la deuxième de Rudi Garcia sur le banc lillois. Le technicien, qui a réussi a ramener le LOSC en Europe après une 5ème place en Ligue 1 l’année précédente, est dans un premier temps limogé à l’été 2009 mais sera finalement rappelé.

Après un recrutement conséquent (environ 10M€) pour boucler les arrivées de Gervinho ou de Landreau et une ossature globalement conservée (malgré le transfert de Bastos et les velléités de départ de Rami ou Obraniak), le début de saison est poussif. En effet, le LOSC ne compte qu’un seul point après 4 journées de championnat et se retrouve relégable (18ème). On se demande alors si conserver Rudi était un bon choix… Mais, après s’être remis dans le bon sens, l’équipe va vivre une série incroyable, marquant 23 buts en six rencontres de L1 entre le 28 novembre et le 23 décembre 2009.

L’enchaînement des six victoires étant le suivant : 4-0 contre Valenciennes, 4-3 contre Lyon, 4-0 contre St-Etienne, 0-4 à Monaco, 3-0 contre Le Mans et 0-4 à Nancy. Récent retraité, Florent Balmont a d’ailleurs avoué à la Voix du Nord qu’il s’agissait de l’un de ses meilleurs souvenirs en carrière : « On rentrait sur le terrain, on gagnait 4-0. Ça a duré un mois et demi. Tout fonctionnait. Ça m’a marqué. »

Grâce à ce beau parcours, le LOSC est 2ème à la trêve et débute l’année 2010 par une nouvelle victoire en Ligue 1 (3-1 contre le PSG). Néanmoins la fatigue accumulée dans les coupes (1/4 de finale de Coupe de la Ligue perdue à Marseille, parcours intéressant en Europa Ligue jusqu’en huitième de finale face à Liverpool), conjuguée à une profondeur de banc réduite, va faire glisser Lille jusqu’à la cinquième place en mars.

Défait à Bordeaux au soir de la 29ème journée, le LOSC (5e/51pts) se retrouve alors à 4 points du premier européen (Auxerre 4ème/55pts). Il va donc falloir cravacher dans le sprint final. Mais fort d’une nouvelle série au printemps (6 victoires, 1 nul et 1 seule défaite à Valenciennes), les Dogues retrouvent miraculeusement la 2ème place au soir de la 37ème journée. Un dernier match à Lorient leur permettra de retrouver la Champions League (que le club n’a plus disputé depuis le huitième de finale face à Manchester en 2007).

Classement avant la rencontre 

Avant le coup d’envoi de cette ultime journée, Lille est maître de son destin. S’il gagne, il sera vice-champion de France. S’il fait match nul, il s’assure à minima une place sur le podium. Seule une défaite en terre bretonne, conjuguée à des résultats favorables de Lyon (face au Mans) et d’Auxerre (à Sochaux), peut empêcher les Dogues de retrouver la C1 en 2010-2011.

A noter, les trois adversaires du trio visant le podium n’ont plus rien à jouer lors de la 38e journée.

  • Le Mans est déjà officiellement relégué
  • Lorient est septième à neuf unités du sixième
  • Sochaux (seizième) est sauvé depuis plusieurs journées

Cependant le LOSC n’est pas rassuré car il a déjà perdu un accessit européen au Moustoir deux ans plus tôt (cinquième au coup d’envoi de la 38ème journée 2007-2008, les Lorientais feront chuter les lillois à la septième place en allant chercher le point du match nul).

 

Scénario du match (et évolution du classement) 

Dans ce multiplex final, la « célèbre alerte musicale » annonçant un but sur Canal+ n’a jamais été aussi stressante. Dans cette lutte à trois entre Lille, Lyon et Auxerre, ce sont les bourguignons qui tirent les premiers… Cédric Hengbart ouvre le score dès la 6ème minute de jeu à Auguste-Bonnal (sur une passe de Benoit Pedretti). Les scores étant alors vierges à Lorient et à Lyon, c’est l’OL qui paie cette ouverture du score, basculant à la quatrième place.

Les lillois sont les deuxièmes à se donner de l’air. En ouvrant le score à la 33ème minute. Ricardo Costa (arrivé en prêt en janvier) marque alors son premier but sous la tunique lilloise. Un but qui vaut de l’or ?

Cette situation ne durera pas 5 minutes, puisque Kévin Gameiro égalise pour Lorient à la 37ème, sans changer le classement provisoire pour autant.

C’est désormais à Lyon que la situation se décante, puisque Bafétimbi Gomis ouvre le score, sur un service de Pjanic, juste avant la mi-temps.

A la pause, le LOSC a donc provisoirement perdu une place au détriment de Lyon, mais conserve son strapontin vers la Champions League et a toujours son destin entre les pieds pour la seconde période.

Dès la reprise, les choses s’améliorent. Au même instant, Lille obtient un penalty à Lorient et Ideye Brown égalise pour les Sochaliens. Malheureusement, Yohan Cabaye manque son face à face avec Fabien Audard, mais les Dogues prennent de l’avance sur Auxerre qui repasse à 69 points…

Tout se gâte après l’heure de jeu. Le LOSC se fait renverser par Lorient qui mène désormais 2-1 (après un but de Jouffre à la 66ème). Sochaux vient de perdre Damien Perquis (expulsé à la 61ème) et Auxerre va donc finir la rencontre en supériorité numérique. Quant à Lyon qui a doublé la mise, il finira surement la saison à 72 points. Les lillois se font donc à l’idée de terminer troisième… tout en espérant que Sochaux tienne.

Mais ce qui devait arriver arriva. A la 90ème, Cédric Hengbart double la mise pour Auxerre et relègue le LOSC à la quatrième place, à la dernière seconde de la saison. L’expulsion de Vahirua coté Lorientais, ne changera rien, les Lillois poussent en vain, mais n’égalisent pas… butant notamment sur un Laurent Koscielny des grands soirs. Cruel scénario car les Dogues étaient sur le podium durant tout le temps réglementaire de cette 38ème journée (et durant plus d’un tiers du championnat).

Yohan Cabaye, passeur décisif sur le but de Costa, mais en échec sur pénalty déclare à sa sortie du terrain (au micro de RMC) : « En 90 minutes, on perd tout. C’est sûr que c’est une grosse déception. Encore plus pour moi parce que le penalty que je loupe aurait pu changer le match. Face à Lorient, on n’a pas joué comme d’habitude. » Annoncé partant, à l’issue d’une très belle saison statistique (13 buts et 7 passes décisives), le jeune tourquennois restera finalement un an de plus… pour se faire pardonner ?

 

Conséquences de la défaite

Le classement final est évidemment rageant. Lille termine avec une meilleure attaque que le champion, une différence de but de +32, qu’il n’avait plus atteint en première division depuis 1952, et un total de 70 points (jamais atteint par le club pour une victoire ramenée à 3 points)…

Si terminer hors du podium est une énorme désillusion pour les joueurs, de nombreux supporters lillois n’en dormiront pas cette nuit-là. Dix ans plus tard, cette défaite et ses conséquences laissent un gout amer. Cette chute hors du podium à la 90ème minute d’un marathon de 38 journées reste sûrement la plus grosse déception sportive du LOSC moderne. D’autant que les sprints finaux nous ont plutôt réussi depuis 2000.

C’est donc Lyon et Auxerre qui accompagneront le champion marseillais en C1 2010/11. Lyon et Marseille seront sortis en huitièmes de finale et Auxerre effectuera un parcours honorable, en passant le tour préliminaire face au Zenith Saint-Petersbourg et en récoltant 3 points dans un groupe relevé (Real, Milan AC et Ajax). En revanche, la saison 2010/11 sera la dernière de l’AJA en Ligue 1… En effet, relégué durant la même saison, la saison 2010-2011 est la dernière du club dans l’élite.

Pour le LOSC, cet échec sportif a peut-être été “un mal pour un bien”. Manquer la place de vice-champion de France a sûrement forgé le caractère et l’esprit de groupe d’un collectif au bord de la rupture à l’été 2009… Jouer la Champions League à l’automne 2010, quand Garcia se permettait de faire tourner face au CSKA Sofia ou La Gantoise (en Europa League) n’aurait sûrement pas permis d’aller chercher les trophées nationaux que le club attendait depuis presque 60 ans.

On ne saura jamais si l’échec du Moustoir a accouché du doublé 2011. Mais certainement vexés par le comportement des Lorientais ce soir de mai 2010, les dogues prépareront un accueil particulier aux Merlus en décembre 2010, et le match débouchera sur un fantastique 6-3.

 

« Jamais deux sans trois ? » 

Après avoir subi deux sévères désillusions lors de saisons achevées à Lorient en passant de la cinquième à la septième place en 2007/08 et de second à quatrième en 2009/10, le LOSC se déplace de nouveau au Moustoir en clôture de la saison 2013/14.

Cette fois, il espère conserver sa place sur le podium, que le club occupe de manière ininterrompue depuis la 9e journée. Pourtant, au coup d’envoi, le quatrième (Saint-Etienne) n’est qu’à deux points du LOSC, avec une meilleure différence de buts que les Dogues… et joue à domicile face à la lanterne rouge ajaccienne. La mission s’annonce donc encore plus ardue qu’en 2010, où un nul suffisait pour terminer 3ème. Cette fois, il faut gagner. Et l’affaire est mal embarquée quand Aliadière ouvre la marque pour Lorient (22ème) alors que les Verts mènent déjà à Geoffroy Guichard.

Heureusement, les Dogues inverseront la tendance et il n’y aura pas de “troisième désillusion au Moustoir”… Il faudra tout de même attendre la 65ème minute pour véritablement respirer (but du 1-3 de Salomon Kalou). Le match se terminera par une victoire 4-1 des Dogues, finalement reversés en Europa League après un barrage vers la C1 trop ardu face au FC Porto.

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