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1984-1985 : Les débuts de Georges Heylens

Thomas Deleglise

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Pascal Guion à lutte avec Patrick Battiston - Crédit photo : LOSC.fr

Les années 80 sont une période de stabilité pour le LOSC. Georges Heylens arrive en début de saison en 1984-1985 et sera l’incarnation de cette constance sportive. Une formidable épopée avec un match mythique contre Bordeaux qui sortira de l’ennui les supporters lillois.

Le football français est en grande forme après avoir gagné l’Euro 84 dans l’hexagone puis les JO 84 à Los Angeles. Pour le LOSC, ce n’est pas vraiment le même son de cloche. Les problèmes financiers sont toujours là, la ville étant l’actionnaire majoritaire. Le mercato ne sera pas très ouvert : il faut acheter avec prudence et vendre au plus offrant.

Un mercato (très) mesuré

On compte les arrivées sur les doigts d’une main. Bernard Lama arrive mais ne fera qu’observer Jean-Pierre Mottet dans les cages lors de sa première saison. Jean-Pierre Meudic fait son retour de Libourne et Philippe Périlleux est la véritable recrue du LOSC, en provenance du voisin valenciennois. Au final, 3 recrues sont à signaler à Lille…

Au niveau des départs, c’est le grand ménage. Jean-Pierre Noel, Sylvain Matrisciano, Othello Carré, Laurent Borysow, Stéphane Morillon et Alain Vandeputte sont en manque de temps de jeu (moins de 700 minutes la saison passée à eux 6) et partent aux 4 coins de la France. Le défenseur Lucien Denis, le milieu de terrain Didier Christophe et les attaquants Patrick Rey et Roger Ricort sont les véritables pertes de l’été.

L’effectif lillois en 1984-1985 :
Gardiens : Mottet, Lauricella, Lama
Défenseurs : Froger, Kourichi, Pléan, Primorac, Prissette, Robin, Thomas
Milieux : Garcia, Perilleux, P.Plancque, S.Plancque, Rohart, Titeca
Attaquants : Bureau, Courson, Guion, Meudic, Savic

Dos Santos est remercié par les dirigeants loscistes et le directeur Charly Samoy est confronté à un casse-tête : qui choisir entre Jean Parisseaux et Georges Heylens. Faut-il faire confiance à un entraîneur libre de la région, qui ne coûtera rien au club, ou un belge qui réussit de belles choses avec le club de Seraing à Liège, mais qui impactera les finances du club ? Lausanne et Benfica sont aussi sur le dossier Heylens, Charly Samoy ne veut pas faire d’histoires et signe le belge avant le début de saison.

 

Lillois en détresse

Le top départ du championnat est lancé, le LOSC est déjà en panne de résultat au bout de quelques matchs. Le premier à l’extérieur contre Brest est encourageant (0-0). La victoire 3-1 contre le PSG à domicile l’est encore plus puisque Savic, meilleur buteur de la saison dernière, recommence sur de bonnes bases en inscrivant un doublé et permet à son équipe de gagner pour la première fois de la saison.

La suite laisse à désirer : une défaite à Bordeaux (2-0), champion de France en titre, marquée par un doublé de Giresse qui est déjà sur 3 buts en 3 matchs. Rebelote contre Bastia et Tours ont les Dogues ne prendront pas de points. Un match nul contre l’Auxerre de Guy Roux plus tard, le LOSC rechute à Metz (2-0) et ne tient qu’une victoire en 7 matchs. Ce n’est pas du tout l’idéal avant accueillir Lens pour le derby du Nord, qui plus est, à l’occasion des 40 ans du club.

 

Philippe Périlleux congratulé par Stéphane Plancque, sous les yeux de Jacques Verhaeghe, lors de Lille – Bordeaux – Crédit photo : LOSC.fr

 

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Bon anniversaire !

Pour la réception du voisin lensois, Grimonprez-Jooris est plein à craquer. Pour fêter l’anniversaire du club, les anciens du LOSC sont présents au stade, les plus célèbres arriveront même en hélicoptère qui se posera dans le rond central. Pour que la fête soit plus belle, il faut surtout que le LOSC gagne ce match. La dynamique n’est pas bonne, et à cette période-là, Lens règne en maître dans le Nord, tant que dans ses résultats en championnat que dans ses confrontations directs avec Lille.

Le match commence… De la meilleure des manières. Dès la 2ème minute, le lensois Jean-Paul Rabier propulse le ballon dans ses propres filets et permet à Lille de commencer le match avec le vent en poupe. Le derby a de vraies allures de combats, Kourichi et Pascal Planque recevront un jaune au cœur de la première mi-temps, tout comme le lensois Philippe Vercruysse. Les Sangs et Or se battent pour revenir dans le match, c’était sans compter sur l’autre Plancque, Stéphane double la mise à 5 minutes de la mi-temps. Quand on mène avant la pause, la suite s’annonce généralement de bonne augure. La victoire se profile déjà dans les vestiaires, Lens ne fera pas le poids face au 11 lillois sur le terrain et face aux milliers de supporters dans les tribunes.

 

La coupe de France comme échappatoire

Que dire d’autre sur une saison où le LOSC finit 15ème ? Après le match contre le RCL, le LOSC ne sera pas du tout régulier. Capable de coups d’éclats comme contre Strasbourg (3-0), Nancy (4-0) et Paris (2-3), Lille s’est aussi pris de sacrées gifles contre Auxerre (3-0), lors du match retour contre Lens qui reste invaincu la 19ème année de suite chez eux (2-0) ou contre le Monaco de Danier Bravo et Claude Puel (6-1).

L’autre satisfaction de cette saison, c’est le parcours du LOSC en Coupe de France. L’aventure commence contre Laval, dans le Stade Jules-Deschaseaux au Havre. Les Dogues franchissent la première marche de l’escalier haut la main en gagnant 4-0 avec des buts de S.Plancque, Primorac, Savic et Meudic.

 

La folie bordelaise

Nous voici en 16ème de finale, à partir de ce cap, les équipes devront jouer une double confrontation pour se défaire de leur adversaire. Lille tire Bordeaux, champion de France en titre et double vainqueur des deux confrontations directes avec les Nordistes cette année. Les probabilités de passer en 8ème sont minces, surtout après le premier match qui se finit sur le score de 3-1 pour les Girondins, malgré le premier but de Primorac.

Le match retour se jouera à Grimonprez, devant plus de 20 000 personnes qui n’attendent qu’un exploit de leurs joueurs. Georges Heylens aligne la même équipe qu’au match aller. Elle se fait cueillir d’entrée, à la 7ème minute par Audrain. Le LOSC est donc à ce moment mené 4-1 sur l’ensemble des deux matchs et doit marquer 3 buts pour revenir au score sans en encaisser un seul. Stéphane Plancque remet les siens dans le droit chemin en marquant à la demi-heure de jeu. Plus que deux buts… Ils vont être plantés aux termes de minutes folles entre la 56’ et la 58’ par Primorac et Guion. Le plus dur est fait, les Dogues doivent faire un dernier effort en marquant un dernier but, mais l’arbitre siffle la fin du temps réglementaire. Ça se fera en prolongation, 30 minutes de bonheur en plus, comme dirait l’autre. Primorac, encore lui… 92’, il ne connaît pas la fatigue et vient inscrire son 4ème but en 3 matchs de CDF, pas mal pour un défenseur. Le LOSC est devant et les Bordelais ne pourront plus les rattraper après la réalisation de Savic à la 118’. Le public est fou : envahissement de terrain et arrêt temporaire du match, lors d’un 16e de finale… En avant les 8e, prochaine étape : Rouen.

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Formidable parcours

Ça ne sera finalement qu’une simple formalité contre Rouen. Lille gagne facilement l’aller 2-1 grâce à Stéphane Plancque et Nourredine Kourichi. A fond la défense lors du match retour en terre Rouennaise : 0-0, le job est accompli et les Lillois filent en quart.

Les joueurs de Heylens vont redécouvrir Geoffroy Guichard ce soir-là. Tout fraîchement rénové à l’occasion de l’Euro en France, le Chaudron connaît des records d’affluence et va même battre le record du stade avec 47 747 spectateurs présents ce soir-là. Les Nordistes s’attendent à un match compliqué dans le Forez, même si les Verts sont descendus en D2 la saison passée. Roger Milla, meilleur buteur de deuxième division marque le seul but du match aller (1-0), tout reste à jouer la semaine d’après à la maison. Les supporters lillois ne feront pas mieux que ceux de Saint-Etienne mais réussissent à remplir leur stade avec 25 000 fans venus voir leur équipe remonter le score pour se qualifier en demi-finale. Le tableau d’affichage reste à 0-0 longtemps, très longtemps… L’aventure semble terminée à 10 minutes de la fin avant que Kourichi fasse trembler les filets adverses à la 84’. Encore des prolongations ? Non, Savic ne semble pas en vouloir et ne laisse aucune chance au gardien dans les dernières secondes du match. 2-0, le LOSC est dans le carré final.

Monaco s’était incliné en finale l’année précédente contre Metz, l’équipe n’a pas beaucoup changé et compte bien remporté le graal qui leur était promis. Sur le rocher, les Monégasques commencent sur les chapeaux de roues en marquant par deux fois en première mi-temps. Ils sont injouables, le score reste à 2-0 et Lille compte bien sur son public pour inverser la donne. Plus de 20 000 personnes seront au rendez-vous, aux portes de la finale. Il ne fallait pas arriver en retard pour admirer le but de Philippe Périlleux, 2 minutes après le coup d’envoi. Le LOSC et ses supporters y croiront pendant 88 minutes…Mais pas d’exploit en fin de match cette fois-ci. Le LOSC peut sortir la tête haute, face au futur vainqueur de la Coupe de France.

Les supporters lillois peuvent être rassurés en cette fin de saison. Le LOSC avait entamé des discussions avec la région pour obtenir des subventions de leur part. Le 28 janvier 1985, le ministre du travail Michel Delebarre et le président du conseil régional  Noël Josephe l’annoncent : la région sera un actionnaire important du club.

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