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Le jour où le LOSC a failli remporter la coupe d’Europe

Thomas Deleglise

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La rencontre Lille - Milan : Illustration de la Gazetta dello Sport en 1951

Les Dogues viennent de terminer la saison 1950-1951 à la deuxième place derrière l’OGC Nice. Les coupes d’Europe n’existent pas encore, sauf pour les leaders de chaque championnat qui s’affrontent dans la Coupe Latine. Suite au refus de Nice de participer à celle-ci, le LOSC se retrouve à jouer contre les 3 autres meilleures équipes d’Europe.

Organisée entre 1949 et 1957, la Coupe Latine EST une sorte de mini Coupe des Champions. Elle se déroule à la fin de saison, au mois de juin, et voyait s’affronter les gagnants des championnats de France, d’Italie, du Portugal et d’Espagne. A la fin de la saison 1950-1951, le Milan AC, le Sporting Lisbonne et l’Atletico de Madrid sont sacrés dans leur championnat respectif. Le 4ème participant est une exception à la règle. Le LOSC n’est pas champion de France mais profite du refus de Nice pour la jouer. Le club doit jouer sa wild-card à fond puisque rares sont les équipes à se qualifier pour cette compétition extrêmement restreinte. Tout reste à jouer en 2 matchs : La demi-finale et la finale.

 

Le LOSC complètement cramé

Les joueurs d’André Cheuva ont terminé le championnat de la meilleure des manières en gagnant 4-3 contre l’ASSE le 27 mai 1951. La prochaine échéance est la demi-finale de Coupe Latine contre le Sporting Lisbonne le 21 juin. Il reste environ un mois pour reposer les organismes d’une longue saison puis pour se préparer à une compétition européenne que les Dogues ne connaissent pas encore. Ils se doutaient que l’intensité physique de ce genre de match à élimination directe allait être décuplé en comparaison de la D1 française. D’autant plus qu’il n’y a qu’un match avant la finale et qu’ils jouent l’équipe championne du Portugal. Mais ils ne pensaient pas jouer plus de 250 minutes pour accéder à la finale qui se déroulait le surlendemain.

Les règles de l’époque étaient assez atypiques : si au bout des 90 minutes les deux équipes n’arrivaient pas à se départager, une prolongation de 30 minutes avait lieu. 10 minutes supplémentaires devaient se rajouter en cas de nouvelle égalité. Et si les 22 joueurs avaient le malheur de terminer sur un match nul malgré ces 130 minutes, le match devait se rejouer en 90 nouvelles minutes le lendemain.

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Eh bien devinez qui a eu cette chance ? Le LOSC et le Sporting se quittent en bon terme (1-1) au bout de 2h10 de jeu lors du premier match et se retrouvent le lendemain dans le même stade. Pas question de refaire un match nul cette fois-ci. Le LOSC marque beaucoup plus que lors du match « aller » en inscrivant 4 buts. Le problème ? Le Sporting en marque 4 aussi. Les mêmes règles s’appliquent que lors du match précédent, l’arbitre rajoute donc 30 minutes… C’est au bout des 250 minutes, soit 4h10 en deux jours, que le LOSC se qualifie en finale contre les Rossoneri du Milan AC. Ce jour-là, André Strappe marque un quintuplé, assez pour faire oublier la blessure de leur attaquant fétiche Jean Baratte le temps d’une soirée.

 

Les débuts du Grand Milan AC

Le Milan AC vient de gagner le championnat d’Italie : une première depuis l’instauration de la poule unique. Les rouges et noirs n’avaient plus gagné de titre depuis 44 ans, et lors de cette année 1951, ils gagnent le championnat juste devant leur rival de l’Inter. A cette époque, Milan est au début de son âge d’or : ce sont les années où le club italien va jouer les premiers rôles dans son pays et va se montrer comme une formidable équipe aux yeux de l’Europe.

Le Milan AC des années 50, c’est 3 syllabes : Gre-No-Li. Populaire en Italie, la Gre-No-Li est une contraction des trois célèbres footballeurs suédois Gunnar Gren, Gunnar Nordahl et Nils Liedholm, qui ont joué dans l’équipe nationale de Suède en plus de jouer ensemble en club à Milan.

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Parmi ce trio d’attaquants, Nordahl est le parfait buteur. Né en Italie, il a marqué l’histoire du pays en obtenant le record de but sur une saison avec 35 réalisations (battu par les 36 de Higuain en 2016). Il est encore aujourd’hui le meilleur buteur de l’histoire du Milan AC et le troisième meilleur buteur de l’histoire du championnat italien avec 225 buts.

Ce ne sont que les débuts de cette machine de guerre offensive, mais elle fera beaucoup de mal à l’Atletico de Madrid et au LOSC. Vainqueur 4-1 des espagnols, les Rossoneris vont se présenter en finale contre un LOSC qui tire la langue.

 

Un dénouement prévisible

Milan n’a bataillé que 90 minutes contre les champions espagnols et ont eu 3 jours pour se reposer avant le grand jour. Loin des 250 minutes jouées par le LOSC en 48h. Le LOSC doit toujours faire sans leur buteur Jean Baratte et sans le milieu récupérateur habituel Jean-Marie Prevost. De quoi nourrir des doutes avant le match qui aura lieu chez les milanais, à San Siro. Les Dogues ne tiennent que 30 minutes avant d’encaisser 3 buts en un quart d’heure. A 3-0 à la mi-temps, les espoirs sont vains et 2 buts supplémentaires viennent s’ajouter à l’addition salée de 5-0. Gunnar Nordahl marque un triplé ce jour-là, fidèle à sa réputation. Les lillois n’arriveront jamais à marquer dans les cages de Lorenzo Buffon, cousin du père de Gianluigi Buffon.

Le LOSC termine donc 2ème lors de leur seule participation en Coupe Latine et mais surtout lors de leur première expérience en compétition européenne officielle. La seule satisfaction restera le prix du meilleur buteur de la compétition décerné à André Strappe auteur de 5 buts en demi-finale.

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