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2003-2004 : Une saison charnière malgré la 10ème place

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Crédit photo : IconSport

Un an après l’arrivée de Claude Puel au poste d’entraîneur, le LOSC doit retrouver des couleurs à la suite d’une saison plus que moyenne (14ème). Emmenés par l’emblématique Grégory Wimbée, les Dogues vont réaliser une saison très étrange en terminant à la 10ème place en championnat tout réussissant à gagner son premier titre européen et à se qualifier pour la Coupe UEFA.

Connaissez-vous le fameux effet Puel ? Quand Claude Puel arrive dans un club, il met quelques mois à trouver ses repères et à préparer le terrain pour la suite. Au bout d’une ou deux saisons, l’équipe qu’il entraîne progresse nettement et peut jouer les premiers rôles en championnat. Il a d’ailleurs fait le bonheur de Nice et de Leicester récemment. Mais c’est au LOSC qu’il a vécu ses meilleures années (2002-2008). La saison 2003-2004 est sa deuxième dans le Nord de la France. Ce n’est pas la meilleure mais c’est sans doute celle qui marque un tournant pour le club nordiste dans son histoire européenne.

 

Des victoires à domicile contre les gros

C’est bien le paradoxe de la saison lilloise. Le LOSC a gagné 13 points sur 15 possibles contre les 5 premiers du championnat. De petits scores mais un seul but encaissé contre le Monaco de Ludovic Giuly, buteur lors du seul match nul du LOSC à domicile ci-dessous.

Domicile Extérieur
Lille-Lyon 1-0 Lyon-Lille 3-0
Lille-Paris 1-0 Paris-Lille 1-0
Lille-Monaco 1-1 Monaco-Lille 0-1
Lille-Auxerre 1-0 Auxerre-Lille 3-0
Lille-Sochaux 2-0 Sochaux-Lille 2-1

 

Lors des deux premières journées, les lillois ont gagné 2 fois 1-0 contre les cadors du championnat : d’abord contre Lyon puis contre Paris. Puis ils se sont déplacés à Toulouse où ils sont revenus avec un 3ème clean-sheet consécutif et une victoire étincelante de 3-0. On pouvait croire que le LOSC était sur une bonne lancée puis…12 matchs sans la moindre victoire. 6 matchs nuls et 6 défaites de la 4ème  à la 15ème journée. C’est contre Nantes que nos Dogues vont sortir la tête de l’eau. Philippe Brunel est à la baguette sur le premier but. Il reprend d’une volée un ballon perdu au point de penalty. Puis Tapia, entré en jeu à la 84ème, permet aux siens de célébrer une victoire méritée dans le temps additionnel en gagnant son face à face avec le gardien.

 

Certains supporters se souviennent de l’enthousiasme du début de saison et du naufrage qui a suivi. C’est le cas de Guillaume Delanoy, supporter du LOSC depuis son enfance. Il avait 18 ans lorsque Claude Puel entamait sa deuxième saison avec le LOSC : « Un départ en fanfare dans la chaleur de l’été, où l’on bat coup sur coup l’OL et le PSG à domicile avant d’étriller Toulouse au Stadium 3-0 avec un Manchev en feu. À ce moment-là, on est leader et je nous vois déjà champion… avant de très vite déchanter. Un automne interminable sans victoire s’en suit. Je me souviens en particulier d’un soir de novembre à se tailler les veines contre Guingamp, défaite 1-3 avec ma prof de fac australienne juste à mes côtés… Ça gronde dans les tribunes ce soir-là avec des chants réclamant la démission de Claude Puel et du président Seydoux. Même topo juste derrière, on s’incline contre Marseille dans la même torpeur avec une mémorable embrouille entre un DVE et Greg Malicki »

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Des poignées de défaites, des encouragements et de la malchance

Le LOSC terminera avec un bilan négatif de 14 victoires, 9 nuls et 15 défaites. Parmi cette poignée de défaites, on a pu voir que les Lillois n’étaient pas vraiment en réussite face au but adverse et plutôt maladroit devant le leur. Le match à Gimonprez-Jooris contre Guingamp est sûrement le plus représentatif de ces nombreux échecs. Un ballon repoussé sur la ligne par un guingampais, un but concédé sur la première occasion bretonne alors qu’Eric Abidal était blessé sur la touche, une frappe qui rebondi deux fois sur la barre, des arrêts à répétitions du gardien Le Crom : c’est le scénario du match contre l’En Avant. Nos Dogues auront tout de même réussi à trouver une ouverture tardive dans le temps additionnel grâce à Benoît Cheyrou, mais le score restera à 1-3.

 

Passés à côté des derbies

Le LOSC aurait pu passer devant son éternel rival lensois au classement si le club des Flandres avait gagné ne serait-ce qu’un derby sur les deux joués. Le 25 octobre 2003, les lensois gagnent chez eux 2-1 après avoir été mené 1-0 sur un but de Manchev. Les Sangs et Or réussissent à inverser la tendance du match en 2 minutes seulement. John Utaka a d’abord inscrit le but de l’égalisation et Dagui Bakari jouant un mauvais tour à ses anciens coéquipiers, marque dans la foulée à la 76ème.

Les Lillois ont à cœur de gagner ce match retour devant leurs supporters mais tout ne se passe pas comme prévu, et ce, dès le début du match. A la 6ème minute, Charles-Edouard Coridon se jette pour marquer dans le but vide après une frappe de Yoann Lachor repoussé par Wimbée devant une défense lilloise attentiste. Gimonprez-Jooris se refroidit : quand ils encaissent le premier but, les Dogues gagnent rarement. Matt Moussilou, en forme sur le moment, répond aux lensois en plaçant une mine au premier poteau d’Itandje. Les supporters lillois sont soulagés avant la mi-temps et peuvent se permettre d’espérer à la 55ème, quand Papa Bouba Diop manque de tuer Jean II Makoun sur un tacle ravageur. L’arbitre dégaine le deuxième carton jaune, Diop est exclu. Rigobert Song râle auprès de monsieur Layec et écope lui aussi d’un deuxième jaune : le RC Lens est réduit à 9.

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Malgré sa supériorité numérique, Lille ne réussira pas à marquer ce deuxième but. Les joueurs de Claude Puel sont passés complètement à côté des deux derbys du Nord. Ils terminent à 51 points à la fin du championnat tandis que les lensois sont 8ème à 53 points.

 

La dernière à Gimonprez-Jooris

LOSC – SC Bastia, 15 mai 2004

L’affiche n’a rien de spécial. Le 10ème contre le 17ème au classement sans aucun enjeu particulier, juste un dernier effort pour se classer le mieux possible. Pourtant, le contexte est complètement différent pour les supporters du LOSC. C’est la dernière à Gimonprez-Jooris, il faut marquer le coup. Et quand Matt Moussilou marque le deuxième but à la 90ème pour clore le score à 2-0 et assurer la victoire, les DVE se doivent eux aussi de faire le spectacle. Les écharpes sont jetées sur la pelouse, les fumigènes recouvrent la tribune Est d’une épaisse fumée rouge tandis que de nombreux supporters envahissent le terrain pour profiter d’un denier instant à Gimonprez. C’était la dernière. Une belle dernière.

 

La Coupe Intertoto pour se consoler

Malgré sa 10ème place, le LOSC est qualifié pour la C4 grâce au refus de Marseille, Lens et Rennes qui ont préféré se concentrer sur le championnat de la saison suivante. Le club nordiste entre alors au 3ème tour de la compétition et se retrouve à 6 matchs d’une qualification en Coupe UEFA (C3).

Lille passe d’abord difficilement contre les Biélorusses du Dynamo Minsk (4-3 cumulé), se débarrasse aisément des croates du Slaven Belupo (4-1 cumulé) avant de filer en finale contre l’UD Leiria. Les hommes de Claude Puel vont devoir attendre les prolongations du match retour pour marquer par deux fois grâce à Matt Moussilou (105ème) et Milenko Ačimovič. Le LOSC remporte son premier titre de son histoire sur la scène européenne.

Club Aller Cumulé Retour Club
3ème tour LOSC 2-1 4-3 2-2 Dynamo Minsk (BLR)
Demi-finale LOSC 3-0 4-1 1-1 Slaven Belupo (CRO)
Finale LOSC 0-0 2-0 2-0 UD Leiria (POR)

 

 

« Quand on y repense, ces deux douloureuses saisons de transition post-Vahid ont accouché d’une merveilleuse équipe, vice-championne la saison suivante, donnant ainsi raison au président Seydoux, auquel nous devons tant » Guillaume, Supporter du LOSC.

Cette finale de C4 gagnée va permettre par la suite au LOSC de finir premier de son groupe en C3, en battant dans un premier temps Shelbourne (Irlande) lors des barrages, puis en affrontant le Zenith de St Pétersbourg (Russie), le FC Séville (Espagne), Aix-la-Chapelle (Allemagne) et l’AEK Athènes (Grêce), rien que ça.

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