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Interview

Matt Moussilou : « Le LOSC, une grande partie de ma vie »

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Près de quinze ans après son départ, Matt Moussilou est dans le cœur des Lillois l’un des symboles du LOSC des années 2000. En exclusivité pour le Petit Lillois, le meilleur buteur européen des Dogues s’est confié sur son histoire d’amour avec le club nordiste.

 

Ton histoire avec le LOSC a commencé au centre de formation. Comment se sont passées ces premières années ?

Lille est venu me chercher à l’âge de 15 ans dans mon club de région parisienne. J’avais l’impression de partir au bout du monde mais c’était un bon compromis pour moi. Je n’étais pas trop loin de chez moi et je pouvais me concentrer sur le foot, c’était juste ce qu’il me fallait. Les salariés du centre de formation s’occupaient de nous comme de leurs enfants. Ils ont tenu leur rôle à merveille.

 

Tu y as côtoyé la génération de Stéphane Dumont et José Saez, mais aussi de Franck Ribéry. Quels sont tes souvenirs de cette époque ?

Nous avions un bon groupe, avec une bonne mentalité. Franck nous a quittés rapidement mais je me souviens bien de lui. Sans être très proches, on s’entendait bien. À l’époque, on se chambrait souvent sur les survêtements Lacoste, le niveau des uns et des autres au ping-pong, les petits ponts à l’entraînement… C’était déjà un grand boute-en-train dans l’effectif. Sur le terrain, il était très à l’aise techniquement mais très petit, très frêle. Le club s’est séparé de lui suite à une altercation. Ça nous a fait très mal de le voir faire ses valises et partir avec ses parents.

 

Matt MOUSSILOU – Lille / Benfica – 22.11.2005 – 1er tour Champions League 2005 / 2006 – Photo : Newspix / Icon Sport

 

Après des débuts en professionnel à 19 ans, tu as connu une saison 2003-2004 en demi-teinte, avec peu de matchs les premiers mois puis des buts à la pelle après la trêve. Que s’est-il passé ?

Je n’ai quasiment pas joué de la première partie de saison à cause d’une blessure au dos. Au mois de janvier, l’équipe était mal classée et Claude Puel jouait clairement sa place sur le banc. Lors d’un match à Metz, il décide d’aligner tous les jeunes : Makoun, Bodmer, Dernis, Plestan… Il n’avait plus rien à perdre. Nous gagnons 1-0 avec un but de la recrue Acimovic et tout s’enchaîne pour nous dans la saison. Je crois que le LOSC de Puel est véritablement né ce jour-là, avec des valeurs de combativité et de solidarité qui sont chères aux gens du Nord.

 

“Être le dernier buteur à Grimonprez-Jooris, personne ne pourra me l’enlever !”

 

2003-2004 est aussi synonyme de la dernière saison à Grimonprez-Jooris, une enceinte qui a compté dans l’histoire du club et dans le cœur des supporters. Au mois de mai 2004, tu deviens le dernier buteur de ce stade lors d’une victoire contre Bastia (2-0). Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Le club avait prévu des festivités car c’était le dernier match de la saison. Acimovic ouvre le score et j’inscris le deuxième but dans le temps additionnel. Je n’ai pas réalisé sur le moment que j’allais être le dernier buteur à Grimonprez-Jooris. C’est un stade où les Lillois y ont vécu de grands moments. Quand j’étais chez les jeunes, notre dortoir était là-bas. Le fait que ce soit un gamin du centre de formation qui y marque le dernier but, c’est un très beau symbole. Personne ne pourra me l’enlever.

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Lorsque l’on évoque ton nom aux supporters des Dogues, un match d’avril 2005 revient sur toutes les lèvres : la victoire 8-0 face à Istres, où tu t’illustres en inscrivant 4 buts dont 3 en cinq minutes, le hat-trick le plus rapide de la Ligue 1. Raconte-nous cette performance affolante…

J’avais reçu une mauvaise nouvelle avant le match, une de mes amies était décédée dans des conditions tragiques. Le matin de la rencontre, j’avais le présage que je marquerais en sa mémoire. Avant la vingtième minute, je marque trois buts, et j’en inscris un quatrième en deuxième période. C’était le jour pour gonfler les statistiques (il sourit). Je suis fier d’être encore aujourd’hui l’auteur du triplé le plus rapide de la Ligue 1. Je pense que personne ne le battra. Quinze ans plus tard, mes enfants en parlent à leurs copains dans la cour de récré.

 

 

En 2005-2006, l’éclosion de la recrue Peter Odemwingie t’évince peu à peu des plans de Claude Puel. Comment as-tu vécu ce moment ?

Le coach avait l’habitude de faire énormément de turn-over. Nous jouions la coupe d’Europe, il y avait beaucoup de compétitions, alors on arrivait à se répartir les tâches. Mais après la trêve, le calendrier s’est beaucoup allégé. J’étais moins rigide, moins concentré, et Peter a pris une longueur d’avance. Les choses se passaient aussi moins bien avec Claude Puel. C’est à ce moment que j’ai réfléchi à un départ. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû être plus patient.

 

“Je continue à jouer pour ne pas avoir de regrets plus tard…”

 

Tu as ensuite joué à Nice, Saint-Étienne, Marseille, et certains clubs de niveau inférieur en France ou à l’étranger, sans parvenir à afficher les mêmes performances qu’à Lille. Quel regard portes-tu sur ta carrière ?

Quand je croise des amis ou des anciens coéquipiers, tout le monde me dit que j’aurais pu faire mieux. Certains me voyaient même en équipe de France un jour ou l’autre. Je me suis peut-être un peu trop reposé sur mes lauriers, j’en suis conscient. Mais c’est comme ça, c’est mon histoire. J’ai eu une carrière très honorable, qui m’a permis de vivre de grands moments. Je n’ai aucun regret.

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Trois ans après ta dernière expérience au haut niveau avec le club d’Yverdon en Suisse, tu es désormais sorti du sillage professionnel. Où en es-tu avec le football ?

Je suis installé en Suisse depuis cinq ans avec ma famille. Nous vivons à Genève. Je joue toujours au foot, sous les couleurs du FC Meyrin, un club de troisième division. Je veux continuer de jouer tant que c’est possible pour n’avoir aucun regret plus tard. En plus d’être intégré à l’équipe première, qui vise la montée en D2, j’occupe le poste d’entraîneur des attaquants chez les jeunes. Je n’ai pas encore décidé ce que je ferai après ma carrière, mais j’aimerais continuer à transmettre mon vécu. Pas forcément en tant que coach, mais au contact des joueurs. J’aimerais beaucoup créer mon académie de foot en Suisse plus tard.

 

 

De quels coéquipiers gardes-tu le meilleur souvenir ?

J’ai beaucoup aimé jouer avec Makoun et Bodmer. Ils connaissaient par cœur mes qualités, ils savaient me mettre sur orbite. J’ai reçu des sacrés caviars de leur part. En dehors des terrains, je prends beaucoup de plaisir à revoir des anciens. L’invitation du club pour l’anniversaire des 75 ans m’a beaucoup touché. J’aime bien ce genre d’évènements où toutes les générations du LOSC se retrouvent. J’ai croisé quelques visages connus : D’Amico, Cheyrou, Tavlaridis…

 

“Les supporters qui avaient dix ans à l’époque, et qui en ont vingt-cinq aujourd’hui, m’arrêtent souvent dans la rue.”

 

À ton époque, Lille était l’outsider du championnat, aujourd’hui c’est un club installé dans le haut de tableau. Comment juges-tu le LOSC actuel ?

C’est une très bonne équipe, mais je ne pense pas qu’ils gagneraient contre le LOSC de Puel (rires)… Plus sérieusement, je trouve que c’est un très beau projet. Lille commence à devenir un club historique du championnat de France. Je suis content de voir les performances de mon pote Loïc Rémy, que j’ai connu à l’OGC Nice. Il montre toute son importance dans le collectif de Christophe Galtier. J’ai encore le record de buts européens du club (9, ndlr) mais je pense qu’il sera vite battu au vu des joueurs actuels. Je suis encore dans l’histoire du LOSC pour quelques temps…

 


Après le dernier but dans le stade Grimonprez-Jooris en mai 2004, le kop lillois s’embrase en scandant le nom de Moussilou.

 

Que représente le LOSC pour toi quinze ans plus tard ?

C’est mon club de cœur. Je suis fier que les gens en France associent mon nom au LOSC. Je dis souvent que je suis Parisien de naissance, mais Nordiste d’adoption. Lille c’est une grande partie de ma vie. C’est là que je me suis fait en tant que joueur et en tant qu’homme. J’ai énormément d’amis ici. J’ai la chance de faire encore jeune, alors on me reconnaît toujours quand je viens dans la région. Les supporters de vingt-cinq ans, qui en avaient dix à l’époque, m’arrêtent dans la rue. Je me suis rendu compte ces dernières années que notre équipe avait marqué toute une génération de Lillois.

Crédit photo : IconSport

 

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À la découverte de Jo, gardien du Temple et fan des Dogues

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Gérant de quatre établissements sur le parvis du stade Pierre Mauroy (le Village du Panini, le Temple, l’Atelier et le Bar Éphémère Lillois) et grand amoureux du LOSC, Johan Schrynemakers concilie parfaitement travail et passion. Pour le Petit Lillois, il se confie sur cette double-vie si particulière.

 

Que faisais-tu avant de créer Le Village du Panini et le Temple ?
J’ai commencé à bosser très jeune dans des boutiques de sport comme Foot Locker car j’ai arrêté l’école après le lycée. Vers mes 17 ans, on m’a formé dans la famille à faire des pizzas ainsi qu’aux rudiments du commerce. Trois ans plus tard, avec mes parents, nous avons ouvert une pizzeria à emporter sur Mons-en-Baroeul, la Pizza Maria. Je l’ai récupérée  à l’âge de 23 ans pour faire un peu mes armes tout seul, mais j’ai très vite eu envie de partir sur un plus gros projet. Dans les affaires, le plus dur c’est de partir de rien, sans argent ni contact. Mais dès que l’on a la force et l’envie, on peut y arriver.

 

Quelles activités as-tu développé depuis ?
À l’époque, je voulais m’installer autour du Stade Pierre Mauroy, tout juste construit. J’ai ouvert le village du Panini en février 2013, puis la pizzeria a fermé en septembre 2014. J’avais fait le tour. Début 2016, j’ai ouvert le Temple de manière éphémère pour un Lille-Lyon, mais les gens ont tellement adhéré que nous l’avons ouvert définitivement quelques mois plus tard, en mars. Depuis nous avons aussi l’Atelier et le Bar Ephémère Lillois avec ma femme, que nous gérons en évènement. Enfin, on peut nous retrouver sur le marché de Noël de Lille depuis dix ans.

 

Avant d’être le gérant de plusieurs établissements autour du stade, tu es surtout un vrai passionné du LOSC. Comment c’est arrivé ?
Mon père est un grand supporter du LOSC depuis qu’il est petit. Il allait seul au stade Henri-Jooris quand il était jeune, à vélo, et il demandait à des inconnus de lui donner la main pour entrer dans le stade gratuitement. C’était une autre époque, les enfants ne payaient pas leur place. Il m’a donc naturellement transmis sa passion. Mon premier match remonte à la saison 1989-1990, un Lille-Bordeaux. Mon père m’avait dit « Tu verras quand Lille marque, tout le monde saute de joie et s’embrasse… », j’avais hâte de voir ça. Hélas, le match s’est terminé sur un 0-0 bien ennuyeux mais c’est ce jour là que ma passion est née. Je la partage avec mon père encore aujourd’hui. Nous avons une relation père-fils très forte qui tourne beaucoup autour du foot.

 

Arrives-tu à voir les matchs des Dogues lorsque tu travailles ?
Nous avons tous les deux un abonnement. On arrive généralement vers la 20ème minute, quand le coup de feu est passé, et on repart vers la 87ème. Mon équipe et ma femme gèrent les commerces pendant le match. Même si on ne voit pas tout, on a la chance de bosser et voir la rencontre le même soir, on ne va pas se plaindre. Après, ç’a quand même été difficile à certains moments. Par exemple, il y a deux ans, lors de Lille-Guingamp, nous avons quitté le stade à 2-0 et une fois arrivé au Temple, le score était de 2-2. La rage. Il y en a eu pas mal comme ça. Mais aujourd’hui, avec mon père, quand on sort de la tribune Nord pour retourner au Temple, on contourne le stade par la gauche. On a remarqué que ça nous portait plus de chance. Si on le contourne par la droite, on se prend un but. Les fins de matchs du LOSC dépendent de nous (rires).

 

« Aujourd’hui, je ne me vois pas ailleurs qu’au stade. J’ai même déjà refusé plusieurs projets sur Lille »

 

Tu t’es aussi rapproché des DVE, le plus grand groupe de supporters du LOSC… As-tu des liens particuliers avec eux ?
J’étais proche de l’ancien président Fred et de son épouse, avec qui je suis encore en contact. Ce sont des personnes très sympathiques. Fred est quelqu’un de respectueux et humble. Depuis son départ, je n’ai plus trop de liens avec le groupe car beaucoup de jeunes sont arrivés et j’ai moins d’affinités avec eux. Je leur souhaite malgré tout de continuer à bien encourager notre équipe. Il y a encore des DVE qui viennent au Temple mais moins qu’avant. Ceci dit, ça n’enlève rien à l’ambiance festive devant le bar avant ou après la rencontre.

 

Par le passé, as-tu rêvé de tenir la buvette des supporters lillois devant le stade du LOSC ?
Ce n’était pas un rêve, tout est venu par un concours de circonstances. Ma vie est faite de concours de circonstances d’ailleurs, rien n’est calculé à l’avance. On avait déjà remarqué que les Lillois aimaient venir au Village du Panini car ils voyaient que mon père et moi étions de vrais amoureux du LOSC. L’ouverture du Temple était la suite logique car nous n’avions plus assez de place pour recevoir et servir tous les supporters avant le match. Aujourd’hui, je ne me vois pas ailleurs qu’au stade. J’ai même déjà refusé plusieurs projets sur Lille pour rester sur le parvis. Je n’ai pas envie de m’enflammer pour tout perdre derrière.

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Il n’y a pas seulement les matchs du LOSC mais aussi les concerts et d’autres rencontres sportives. C’est autre chose, une clientèle différente ?
A l’Atelier ou au Panini la carte est plus réduite car sur un concert, 100% des gens viennent manger contrairement au mode football où beaucoup mangent chez eux. Du coup on réduit la carte afin de servir encore plus vite les clients. Aussi, quand on ouvre pour le LOSC, certains de nos produits sont un peu moins chers car les supporters lillois viennent au moins 19 fois voir plus au Stade sur la saison, c’est normal dans leur faire des prix plus attractifs.

 

Tu préfères servir un soir de Lille-Marseille ou de concert de Justin Bieber à Pierre Mauroy ?
Lille-Marseille évidemment, et de loin ! De toute façon pendant les concerts je suis rarement au Temple, contrairement aux matchs de foot. Et d’ailleurs, cette année je préférais encore Lille-Paris car il y avait trop de pseudos-Marseillais sur le parvis, c’était bizarre.

 

En 2017, tu crées une bière, “La 96ème”, en hommage au but à la 96ème minute de Manu Bourgaud lors de la dernière journée de Ligue 2, qui permet aux Amiénois de monter à la place de Lens. Comment t’est venue l’idée ?
On a eu ce délire sur ma page Facebook, rien n’était calculé. Dans la foulée, ça commence à buzzer mais tout doucement, du coup on décide de faire cent bouteilles à la vente. On fait des précommandes lors d’un match amical, on en vend quatre-vingts. On se dit tranquille, il en restera vingt à vendre au prochain match. Et là dans la semaine, gros buzz sur la bouteille, des pages commencent à en parler sur internet. Puis ça devient incontrôlable, en faisant mes courses, j’entends qu’on en parle à la radio dans le supermarché. J’ai des demandes d’interview qui arrivent de partout, je refuse tout. Et au moment où ça commence à se calmer, le RC Lens parle de ma bouteille sur Twitter. Il montre carrément la bouteille avec un slogan « à consommer avec modération ». Derrière, le LOSC reprend et écrit « à consommer sans modération », et ça repart de plus belle.

La meilleure sollicitation restera celle de Manu Bourgaud lui même, le joueur d’Amiens. Il était super fier et en voulait pour sa famille. Mais je ne pouvais pas lui en livrer beaucoup tellement j’avais de demandes. Pour me remercier, il m’a invité chez lui. Je me souviens même qu’après son premier match du championnat contre le PSG, Manu Bourgaud est appelé en zone mixte. On lui demande s’il a réellement acheté des bouteilles de 96ème… Pour moi c’était le graal ! Nous avons ensuite déposé le nom afin que ça ne soit pas détourné par méchanceté car nous voulions que ça reste dans la vanne. D’ailleurs, on a arrêté d’en vendre pour ne pas être trop lourds.

 

Le chambrage et les réseaux sociaux te réussissent plutôt bien finalement ?
Oui, la page Facebook du Village du Panini plaisait déjà bien à l’époque. Ensuite avec l’ouverture du Temple, je me suis concentré beaucoup plus sur celle-ci qui regroupe pas mal de supporters lillois. Et ça fait seulement un an et demi que je suis sur Twitter, on est assez suivis pour un bar. En ce moment j’y vais souvent car on y retrouve beaucoup plus de gens proches du LOSC comme Anne-Sophie Roquette ou des gens qui travaillent à la communication du club. Le ton est différent de Facebook, il faut juste s’adapter. Sur Instagram, je publie des contenus plus personnels comme des vidéos de mon fils qui joue au foot.

De base, je suis plutôt chambreur. Avec mes potes, tu avais intérêt à l’être pour répondre à leurs vannes sinon tu étais mort. C’était un bon entraînement en fait. En plus de cela, les Lensois ne sont pas les plus durs à vanner. Ils me facilitent souvent le travail eux-même. Je pense même qu’ils me font même des cadeaux parfois, je les en remercie. Mais plus sérieusement, je crois que tout le monde a compris que c’est de l’humour. Il y a quelques années, on a pris cher aussi.

 

« Une fois, Fernando D’Amico est passé derrière le bar »

 

Hormis Manu Bourgaud, as-tu rencontré d’autres personnes connues grâce au Temple ?
Oui, Grégory Wimbée à l’époque du Village du Panini, ainsi que Sylvain N’Diaye. Greg avait ouvert un Five à Lesquin en même temps que j’ouvrais le Village du Panini, donc on a sorti un panini « Le Five ». Il bossait avec Franck Béria sur ce projet mais celui-ci n’est jamais venu au bar, je ne l’ai rencontré qu’à leur complexe. Depuis le Temple, Fernando D’Amico est venu plusieurs reprises. Une fois, il est carrément passé derrière le bar pour motiver les troupes avant un match important pour le maintien, c’était incroyable. La saison dernière aussi, le dernier match, nous sommes prêts à fermer et là, Fernando arrive avec sa femme. Il tape la bise à tout le monde et ça part en chansons jusque très tard. C’était magique.

 

Il y a aussi eu des moments plus difficiles comme le Lille-Amiens vécu à huis clos après l’envahissement de terrain en 2018. Comment vit-on ça en tant que commerçant dépendant de l’affluence au stade ?
Ç’a été très compliqué à gérer pour nous. Surtout qu’après ça il n’y a eu qu’un match à domicile en cinq semaines. On a eu un gros manque à gagner alors qu’on venait d’investir nos économies dans une maison.
Pour nous, c’est tombé au pire des moments, mais on a l’habitude de ne jamais rien lâcher. Du coup, nous avons quand même diffusé le match avec une tombola, des bières et des croque-monsieurs. Nous étions environ 200 devant le Temple. Le gros lot de la tombola était le maillot porté de Tavlaridis. J’avais réussi à négocier des fûts gratuits pour pallier le manque à gagner. Coca m’avait aussi aidé tout comme mon fournisseur Pomona. Les négociations furent difficiles mais je ne suis pas trop mauvais dans ce domaine heureusement. L’ambiance était plutôt bonne même si Amiens marque sur sa seule occasion.

 

Rebelote en ce moment avec la crise sanitaire et le COVID-19…
Dans le commerce comme dans la vie, il faut apprendre de ce genre d’épreuves. Avec le marché de Noël comme au stade, on a du faire face aux attentats terroristes, aux gilets jaunes, aux grèves… Du coup, ma femme qui gère les comptes a en quelque sorte créé notre propre fond de secours pour ne pas être trop en stress dans ces moments. Par contre, contrairement à ce qu’annonce la région, nous n’avons droit à aucune aide car notre entreprise est bien gérée. Nous vivons donc actuellement sur notre propre fond de secours sans attendre l’aide de qui que ce soit. Il ne faut compter que sur soi-même pour s’en sortir.

 

Pour finir, quel est ton rêve le plus fou en tant que gérant du Temple ?
Le plus fou, et de loin, serait que mon fils joue pour le LOSC au Grand Stade et qu’après les matchs il passe au Temple pour venir y servir des bières avec mon père et moi. À part ça, je n’ai pas vraiment de rêves. Je suis quelqu’un de terre à terre qui sait que la vie n’est pas simple, surtout quand on vient d’en bas.

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Emil Lyng : « Le LOSC a été une étape énorme pour moi »

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Attaquant du LOSC entre 2008 et 2011, Emil Lyng s’est confié en exclusivité au Petit Lillois sur son passage au LOSC.

A 18 ans, tu es passé des équipes jeunes de Arhus (Danemark) au LOSC. Comment as-tu été repéré et quel était ton ressenti face à cet intérêt du LOSC ?

Mon agent, Mikkel Beck (ancien joueur danois du LOSC devenu agent, ndlr), connaissait très bien le club. Grâce à ses contacts, j’ai pu réaliser un essai d’une semaine dans le Nord. Je me suis très bien senti et l’entraîneur, Claude Puel à ce moment-là, a aimé ce qu’il a vu. C’est sur la route du retour, quelques heures plus tard, que nous avons reçu un appel : le LOSC voulait me recruter. Je suis donc rentré chez moi pour parler à mes parents, mais ce fut rapide. C’était une chance pour moi d’aller à l’étranger et dans un si grand club comme le LOSC. Mikkel Beck ne m’avait dit que de bonnes choses sur le club et la ville. J’étais très heureux et fier de signer chez les Dogues.

 

Tu es arrivé à l’été 2008. À ce moment là, Rudi Garcia reprend les rennes du club. Comment se sont déroulés tes débuts ?

Plutôt bien. Je devais commencer avec la CFA, mais Rudi Garcia m’a très vite retenu en équipe A. Même si j’étais sous contrat pro, Claude Puel m’avait demandé d’intégrer le groupe réserve dans un premier temps, ce à quoi je m’étais préparé. Pourtant, à l’arrivée de Garcia, j’ai été convoqué au stage des professionnels lors de la pré-saison.

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Rudi Garcia a donc été un entraîneur important dans ta carrière puisqu’il t’a aussi permis de te lancer en Ligue 1, avec 4 matchs dès la première année…

Je ne m’attendais pas à jouer en Ligue 1 dès la première année. J’avais 19 ans, je ne parlais pas un mot de français. Ce n’était que du bonus pour moi, d’autant que je réalisais en parallèle de bonnes performances avec la CFA. Le niveau en Ligue 1 est bien plus relevé que la Ligue Danoise. C’était vraiment un grand pas pour moi.

 

Comment s’est passée ton intégration dans l’effectif ?

Très bien. Je sentais que tout le monde voulait que je me sente bien et que je fasse partie du groupe, surtout Rio Mavuba. Il m’a beaucoup aidé à m’intégrer. J’étais assis à côté de lui dans le vestiaire dès le premier jour. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec Emerson car nous vivions dans le même quartier, et d’autres jeunes joueurs comme Jerry Vandam, Idrissa Gueye et Eden Hazard. Cela m’a permis de parler français assez vite même si ça été difficile au début. D’ailleurs, durant les entraînements, Rudi Garcia faisait beaucoup d’efforts avec moi, il me parlait en anglais pour s’assurer que je comprenne bien les consignes. 

 

 « Moussa Sow m’a beaucoup impressionné »

 

Malheureusement, en mars, tu as été victime d’une rupture du ligament croisé, ce qui a ralenti ta progression…

C’était une période très difficile, et cela a été très compliqué pour retrouver mon niveau. Je me suis remis tout doucement vers la fin septembre, puis j’ai demandé à être prêté en Belgique durant l’hiver. Après 6 mois et 14 matches en tant que titulaire à Zulte Waregem, Rudi Garcia voulait que je revienne pour la saison 2010-2011.

 

2010-2011, la fameuse saison qui a permis au LOSC de réaliser le doublé Coupe-Championnat !

Je ne m’attendais pas à ce que nous soyons leaders si tôt dans la saison. Mais on avait une super équipe avec des joueurs très talentueux, aux profils très différents. Il me semble que nous n’avons perdu que 2 matchs lors de cette première partie de la saison. L’ambiance dans le groupe était vraiment incroyable.

 

Pourquoi avoir décidé de demander un nouveau prêt lors de la deuxième partie de la saison ?

C’était très difficile d’obtenir du temps de jeu, car j’étais en concurrence avec Gervinho et Eden Hazard. Je suis donc allé dans le bureau de Rudi Garcia pour lui demander si je pouvais être prêté parce que je devais jouer. Je voulais être présent à l’Euro U21 l’été suivant. Malheureusement, c’est peut être la seule chose que je regrette dans ma carrière. Parce que je n’ai joué que 4 matchs lors de mon prêt au FC Nordsjaelland. Je me suis blessé et je n’ai pas atteint l’Euro. Malgré tout, j’ai écrit l’histoire cette année là car j’ai marqué le but le plus rapide de la ligue danoise (8 secondes).

 

Emil LYNG – 10.07.2010 – Bordeaux / Lille – Match amical – Crédit photo : IconSport

 

Malgré le départ de Gervinho, qui aurait pu te libérer une place, tu as décidé de quitter le LOSC…

Comme je n’ai pas beaucoup joué, j’ai décidé de quitter définitivement le club. Avec le recul, je regrette un peu de ne pas être revenu après mon prêt. Mais je pense que LOSC n’était pas intéressé et en plus j’ai eu une bonne opportunité en Suisse à ce moment là.

 

Qui t’a le plus impressionné au LOSC ?

Tout le monde avait un rôle important, mais Moussa Sow m’a beaucoup impressionné. Il a inscrit 25 buts en 2011, c’est colossal. Eden Hazard affichait aussi un niveau de jeu très élevé mais les 25 buts de Moussa m’ont vraiment marqué.

 

Aujourd’hui, que retiens-tu de ton passage à Lille ? Suis-tu toujours le LOSC ?

Après le LOSC, je suis allé en Suisse et au Danemark. Puis j’ai commencé à bouger aussi pour essayer de nouveaux championnats et d’autres cultures (Hongrie, Islande et Ecosse). La France est avec l’Ecosse le pays où j’ai le plus aimé vivre. Evidemment, je suis toujours attentif aux performances du LOSC. Mon passage à Lille a été le meilleur de ma carrière. Je continue de visiter la ville quand j’en ai la possibilité et j’aimerais d’ailleurs découvrir le nouveau stade un jour.

 

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Je joue encore au foot mais au niveau semi-pro. Je travaille aussi comme scout dans une agence de recrutement. À l’avenir, j’aimerais être agent de joueurs et aider les footballeurs dans leur carrière.

Crédit photo : Dundee

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Interview de Thierry, supporter du LOSC à Madagascar

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Pour cette huitième édition de l’interview d’un supporter à l’étranger, nous avons pu interviewer Thierry, supporter du LOSC à Madagascar qui est un pays situé au large de la côte sud-est de l’Afrique. Nous avons pu notamment aborder les différences entre la France et Madagascar (qui a par ailleurs été une colonie française de 1897 à 1946 avant de devenir un territoire d’Outre-mer jusque 1958) ou encore du onze de légende des joueurs passés par le LOSC de Thierry, supporter de longue date de notre club de coeur.

Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Thierry, je suis né à Arras et je vais avoir 62 ans en avril. Je suis retraité d’EDF. La particularité de ma personne est que je suis expatrié à Madagascar à la ville de Mahajanga (Majunga en nom francisé) qui est une ville portuaire de la côte nord-ouest de Madagascar. Cette ville se trouve par ailleurs à l’embouchure du fleuve Betsiboka sur le canal du Mozambique. Son aire urbaine est d’environ 250000 habitants ce qui en fait l’une des villes les plus peuplées de Madagascar ! Outre cela, une de mes passions est bien évidemment le football, j’ai pu y jouer comme beaucoup au niveau district. Je me passionne également pour la photographie lors de randonnées mais c’est un autre sujet.

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Les différences entre la France et Madagascar sont difficiles à résumer. En réalité, ces deux pays ne sont pas comparables : en 2019, Madagascar occupait le cinquième rang du classement des pays qui produisant le moins de richesses par habitant alors que la France est actuellement la 6e puissance économique mondiale selon la banque mondiale et le FMI. À Madagascar, les infrastructures sont en ruines et la corruption est omniprésente : à vrai dire, ce sont les principaux maux des pays pauvres… Néanmoins la population reste optimiste et est très attachée à ses traditions.

Depuis quand supportes-tu le LOSC ? D’où vient cette passion ? 

Je supporte le LOSC depuis un derby Lens – Lille auquel mon père m’avait emmené. Dans les buts on pouvait apercevoir un certain Charly Samoy (joueur du LOSC de 1963 à 1974) et tout est venu de lui. Les années s’écoulent depuis ce match mais je m’en souviens comme si c’était hier. On a tous un match, un joueur qui a pu nous marquer. Moi ce fut surement lui pour une raison que j’ignore encore aujourd’hui !

 

« Quand la connexion fonctionne il n’y a aucun problème à suivre l’actualité du LOSC »

 

Comment le LOSC est-il vu à Madagascar ? Quels sont les joueurs français dont on parle le plus ? 

Le LOSC à Madagascar est malheureusement un club inconnu. Sans surprise, les deux clubs français phares sont l’OM et le PSG. Au final, ce sont souvent les clubs les plus médiatisés qui franchissent les frontières de la France. À Madagascar, le joueur français le plus célèbre est sans aucun doute Mbappé : des maillots floqués à son nom fleurissent de partout ! Sinon on entend beaucoup parler de Zidane et un peu de Platini bien que ce dernier pour les plus jeunes cela commence à devenir un peu abstrait…

Est-il difficile parfois pour toi de suivre l’actualité des Dogues de là où tu habites ?

Quand la connexion fonctionne il n’y a aucun problème à suivre l’actualité du LOSC à Madagascar. Le décalage horaire est de deux heures en hiver et d’une heure en été ce qui fait que si tu as Canal+ tu vois les matchs à 23h généralement. Sinon Facebook reste le moyen de communication le moins cher (à l’heure où tous les journaux sportifs sont payants par exemple) mais surtout le plus pratique. Ici, les coupures et délestages sont fréquents ce qui fait que le smartphone est essentiel à la vie à Madagascar pour diverses raisons, même en brousse !

En tant que supporter, comment as-tu vécu « l’ascenseur émotionnel » entre la survie pour le maintien et la qualification directe en Ligue des Champions ? Quels sont tes souhaits pour la fin de la saison ?

En un mot, je dirais avec flegme. À vrai dire, comme beaucoup j’ai connu les années où le LOSC jouait encore en Ligue 2 : je me souviens encore des pseudos-supporters ayant envahi le terrain pour s’en prendre à Thierry Froger (joueur du LOSC de 1978 à 1986). Rien ne justifie une telle violence et bizarrement, cette scène est encore dans ma mémoire. Même si rien n’allait à ce moment, rien ne pouvait justifier les agissements de certains supporters à la suite du match en 2018 contre Montpellier au Stade Pierre-Mauroy. Personnellement, étant d’un naturel optimiste, je ne les voyais pas descendre, c’était impossible. Au final, nous nous sommes maintenus quasiment à la dernière minute et j’ai bien fait de garder tout au long de la saison ma nature optimiste, ça m’a donné raison !

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Concernant la qualification en Ligue des Champions, pour être honnête avant que le championnat ne commence je n’y croyais pas. Je voyais une année de transition afin de bâtir de solides fondation. Peut-être est-ce l’âge mais le projet d’acheter et revendre me laisse (encore à ce jour) dubitatif. À titre d’exemple, je ne vois pas un seul jeune issu du centre de formation ! Ça me laisse tout de même perplexe : soit ils n’ont pas le niveau pour jouer en Ligue 1 soit il y a un problème de transition entre l’équipe réserve et l’équipe professionnelle. Personnellement, je ne vois pas d’autres solutions…

Concernant le classement du club en fin de saison, c’est difficile de se prononcer. Compte tenu des événements entourant le monde du football depuis quelques jours (COVID-19), il faudrait presque jouer les Mme.Irma pour savoir même si le championnat va reprendre. Sincèrement, je ne sais pas trop. Pour tout de même répondre à la question, je dirais entre la 2e et la 5e place.

Qu’as-tu pensé du parcours des Lillois en Ligue des Champions ?

Honnêtement, nous ne sommes pas encore à ce niveau mais ce n’est pas grâce, il est souvent difficile de construire le toit avant les fondations. Grâce à cette expérience, les joueurs ont pu mesurer le fossé entre la Ligue 1 et les joutes européennes. Ils vont grandir grâce à cela, c’est le principal point positif qu’il faut retenir de cette édition nous concernant !

Pourrais-tu nous donner ton onze des légendes du LOSC ?

C. Samoy (1963 – 1974) – M. Debuchy – M. Somerlinck (1945 – 1957) – C. van der Hart (1950 – 1954) – J. Ecker (1999 – 2002) – R. Mavuba – M. Ačimovič (2004 – 2006) – F. Balmont – J. Baratte (1944 – 1953 puis 1956 – 1957) – P. Pleimelding (1977 – 1981) – E. Hazard avec comme entraîneur José Arribas (1978 – 1982)

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