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Quand le LOSC a gagné une rencontre sans son entraîneur qui boudait

Thomas Deleglise

Publié

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Nous sommes en février 1946, les hommes de l’entraîneur britannique Georges Berry doivent empocher des points lors d’un déplacement périlleux à Rennes. Ils peuvent s’assurer une place de leader à quelques mois de la fin du championnat.

Ce sont les débuts du nouveau LOSC. Les clubs du SCF (Sporting Club Fivois) et de L’OL (Olympique Lillois) viennent de fusionner. Louis Henno, ex-président du SCF (Sporting Club Fivois) à l’origine défavorable à cette fusion, devient le premier président du LOSC. Henri Kretzschmar, ex-président de l’OL ne se contentera que de celle de vice-président.

Georges Berry et Jean Jacques Kretzschmar

Le premier entraîneur du LOSC se nomme Georges Berry, ancien tacticien de l’Olympique Lillois depuis 1932 et « promu » au LOSC dès la fusion. L’originaire de Gillingham dans le Kent puise sa réussite dans ses méthodes rudes et son sens du travail exigeant. C’est avec celles-ci qu’il va emmener son groupe en finale de coupe dès sa première saison et surtout réaliser le doublé coupe-championnat la deuxième année, ce qui n’avait été accompli que par deux clubs français avant cette date.

Mais son caractère strict et rigoureux n’a sans doute pas été au goût de tout le monde… A l’avant-veille d’un déplacement au Stade Rennais, Jean-Jacques Kretzschmar se prépare à être titularisé à la pointe de l’attaque du LOSC, en l’absence de l’avant-centre René Bihel (qui finira meilleur buteur du championnat avec 28 buts). Une altercation survient entre l’entraîneur anglais et son joueur. Les mots d’oiseaux fusent et Georges Berry annonce qu’il reléguera son attaquant sur la touche. Deux joueurs offensifs en moins avant de se produire devant le Parc des sports de la route de Lorient, ça n’est pas passé auprès hautes instances du club…

Louis Henno, président au plein pouvoir

Aussi, Jean-Jacques Kretzschmar n’était personne d’autre que le fils du président Henri Kretzschmar. C’est aussi sûrement l’une des raisons pour lesquelles Louis Henno est intervenu dans cette affaire. Il a déclaré sans scrupule au staff : « J’ai décidé que Jean-Jacques jouerait à Rennes. Prenez vos dispositions. »

Berry tente de dissuader le président de réintégrer le fils Kretzschmar au groupe en évoquant les origines et la violence de la dispute. Il est surtout inquiet quant à son image auprès de ses joueurs : s’il n’obtient pas raison, il ne sera plus considéré comme l’entraîneur strict et rugueux qu’il est.

Malgré tout cela, Henno reste sur sa position. Le président est maître dans tous les domaines, même sur le rectangle vert. Le manager des nordistes réagit très mal à cette décision et décide ne pas venir en Bretagne avec une équipe qu’il n’a pas entièrement composée lui-même.

Une victoire et le titre en ligne de mire

Même sans leur entraîneur sur le banc, les joueurs du LOSC iront gagner 1-4 facilement et rapporteront deux points importants pour l’accession au titre du championnat de France, qu’ils remporteront avec une seule longueur d’avance seulement sur l’ASSE.

Après cette victoire à l’extérieur, Louis Henno convoqua le comité du club pour décider du sort de son manager et pour que ce dernier présente ses excuses, lui qui était resté dans le nord pour le match. Georges Berry ne viendra jamais, en homme ferme et intraitable. Il sera licencié dans la foulée. Le technicien britannique restera comme l’un des deux seuls coachs du LOSC à avoir réussi le doublé coupe-championnat la même année.

Crédit photo : IconSport
Avec Thomas Deleglise

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