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Interview

Paul de Bel-Air : « Travailler ensemble, c’est la force du LOSC »

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Vous ne connaissez pas forcément son visage, pourtant, il est l’un des acteurs incontournables de vos soirées LOSC : à 28 ans, Paul de Bel-Air est pour la troisième saison à la tête de la cellule « fan expérience » du club. Si les matchs des Dogues sont aujourd’hui des événements à part entière, c’est en grande partie grâce à son équipe.

 

Bonjour Paul, comment est née ton histoire avec le LOSC ?

Je suis originaire de Normandie, entre Rennes et Caen. Toutefois ma mère est nordiste, ce qui explique que je suis souvent venu à Lille dans mon enfance. Après le lycée, j’ai étudié à l’école de commerce de Rennes avec l’ambition de travailler dans le marketing sportif. J’ai fait mes premiers pas chez Lagardère, une agence parisienne, puis j’ai travaillé au Canada pour la coupe du monde féminine de football en 2015. Après cette superbe expérience, j’ai cherché à rejoindre un club et Lille m’a ouvert ses portes. Je suis donc devenu en 2017 responsable de la « Fan Experience » au LOSC.

 

En quoi consiste ce métier ?

C’est un domaine qui prend de plus en plus d’importance dans le sport et en France notamment. Au LOSC, il se décline en plusieurs volets : il y a tout d’abord les animations au stade en marge des matchs, qui nécessitent beaucoup de réflexion. Il y a aussi ce que l’on appelle le développement des produits expériences. Cela a pour but de renforcer nos liens et la satisfaction de tous nos publics et d’en attirer de nouveaux, comme ce qui se fait depuis trois ans avec la tribune famille ou les After School Party à destination des étudiants. En dehors des matchs, nous travaillons aussi sur des événements de proximité avec le public, comme des séances de dédicaces ou les présentations de maillots. Enfin, la relation entre club et sections de supporters est également au cœur de nos enjeux.

 

Avant chaque rencontre à domicile, les fans peuvent désormais assister à l’arrivée des joueurs au stade (© LOSC).

 

C’est une profession nouvelle dans le monde du football. Qu’a-t-elle apporté au LOSC ces dernières années ?

Le but du jeu est simple : optimiser l’ambiance et l’atmosphère du stade et ainsi maximiser l’expérience de notre public. Certains projets ont vu le jour et plaisent énormément aux supporters, comme l’arrivée du bus des joueurs sur le parvis. C’est la deuxième année que nous faisons cela au LOSC. De plus, la construction d’une relation intelligente et étroite avec les groupes de supporters a aussi permis de belles réalisations : lorsque je vois un tifo géant réussi par les DVE ou les Go Rijsel Spirit (GRS), je ne peux qu’être content !

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Y a-t-il des stades ou des clubs qui t’inspirent dans ce que tu voudrais voir à Lille ?

Il est important d’avoir sa propre identité, mais il nous arrive de regarder ce qui se fait ailleurs pour trouver des éléments d’inspiration. J’ai été impressionné à Amsterdam lors du match face à l’Ajax en septembre. La communion créée avec le public est incroyable, ça fait rêver. On ne se prendra jamais pour ce que l’on n’est pas, mais il ne faut pas s’interdire de tester des choses nouvelles et bénéfiques pour l’ambiance au stade. En France, certains clubs commencent à bien travailler aussi à ce niveau-là, avec des animations qui se multiplient, des shows lumière, des tifos spectaculaires… Cela donne une bonne image du football et le fait gagner en sympathie.

 

« On ne peut pas imaginer ne pas travailler avec les sections de supporters. »

 

Grâce aux équipes de “fan expérience” du LOSC, les matchs des Dogues ont pris une toute autre tournure (© LOSC).

 

Comment votre travail est-il perçu par les sections de supporters ?

Je pense que la collaboration est bonne et productive. De notre côté, on ne peut pas imaginer ne pas travailler avec eux. Si je me dis « tiens, on va essayer ça… » et que cela a un rapport ou un impact avec les supporters actifs, on les consulte et on se coordonne. Nous ne faisons pas chacun de notre côté, nous sommes tous le LOSC. Tout passe par la communication. Si l’on veut une grosse ambiance à Pierre-Mauroy, on doit pouvoir collaborer avec les supporters actifs, avec les DVE et les GRS et toutes les autres sections. Ils sont le poumon du stade. Nous sommes régulièrement en contact afin d’échanger sur les animations, les nouveautés. Nous avons un référent supporters depuis quelques saisons qui s’occupe de cela. Il y a un lien permanent entre lui et moi. Si quelque chose ne fonctionne pas, on en discute et on trouve une solution. Je suis convaincu qu’en travaillant tous ensemble, on est plus forts.

 

 

Lorsque tu es arrivé au LOSC, le club traversait une longue crise des résultats. Comment redonner le sourire aux gens alors qu’ils ne passent pas forcément un bon moment au stade ?

Il est clair que c’est plus dur dans ces moments-là, mais notre rôle est de nous adapter à la situation. Sans pour autant faire abstraction du sportif, il faut décorréler les résultats de nos animations. Nous essayons justement d’améliorer la soirée de nos fans, c’est pour cela que je dois rester en alerte et avoir le feeling le plus précis sur ce qui se passe.

 

« Nous voulons que les spectateurs deviennent supporters. »

 

Les matchs des Dogues sont aujourd’hui un spectacle géant qui va bien au-delà du sportif. Cette évolution ne risque-t-elle pas d’aseptiser certaines tribunes ?

Je ne suis pas de cet avis. Notre but est de trouver tous les leviers possibles pour que des gens se sentent Lillois et participent à l’ambiance du stade. Il y a plein de manières de soutenir son club : depuis les kops, les latérales, les espaces VIP, la tribune famille… Il est important d’écouter tous les publics. En leur faisant passer un bon moment en tribune, nous voulons que des spectateurs deviennent supporters, et que ceux qui l’étaient déjà le soient encore plus. L’ambiance passera par un travail collectif et la prise en considération de toutes les typologies de supporters et spectateurs.

 

 

Paul de Bel-Air avec Anne Sophie Roquette et Charlee, l’ancien duo de speakerines du Stade Pierre Mauroy (© PDBA).

 

Après le départ d’Anne-Sophie Roquette, le club a lancé un grand casting pour dénicher son nouveau speaker. Raconte-nous cette aventure…

Tout a démarré avec l’annonce de son départ. Anne-So, c’est quelqu’un d’important au LOSC. Je me souviens être arrivé au club, à peine sorti d’école, face à elle et ses 30 ans de micro… Il fallait d’abord que l’on réussisse un hommage à la hauteur de son investissement pour le club et je pense qu’on l’a fait. Ensuite, nous voulions vraiment continuer sur la base d’un duo car c’est unique en France. Mais l’idée était de trouver quelqu’un qui, en plus de coller avec Charlee, pourrait représenter le LOSC, quelqu’un en qui le public s’identifierait. Nous avons donc lancé ce casting ouvert à tous, qui a débouché sur plus d’une centaine de candidatures. Lors d’une deuxième sélection en conditions réelles à Pierre-Mauroy, toutefois sans le public, un jury composé de tous les acteurs du stade dont les représentants de sections de supporters était réuni. Notre choix s’est unanimement porté sur François, car même sans être un speaker “de métier”, il avait un vrai amour du LOSC.

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De nouveaux projets vont-ils voir le jour prochainement au stade ?

On réfléchit à beaucoup de choses, certaines arrivent, certaines sont en cours. Je ne peux pas en dire trop (il sourit)… Il y a des éléments existants que l’on peut améliorer, comme la sonorisation du stade, un habillage plus poussé à nos couleurs… Mais ces sujets prennent du temps car ce sont des investissements importants. Bien sûr, tout n’est pas parfait et il y a encore du travail pour améliorer l’expérience vécue par nos supporters. Nous avons une équipe compétente, motivée, qui a la pêche, et je suis convaincu que l’on va dans le bon sens. Quoiqu’il arrive, il faut rester soudés et s’unir pour faire avancer le club. Je me battrai toujours pour que l’on puisse travailler et faire des choses tous ensemble car c’est la force du LOSC.

 

 

Twitter : @pauldebelair

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Interview

À la découverte de Jo, gardien du Temple et fan des Dogues

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Gérant de quatre établissements sur le parvis du stade Pierre Mauroy (le Village du Panini, le Temple, l’Atelier et le Bar Éphémère Lillois) et grand amoureux du LOSC, Johan Schrynemakers concilie parfaitement travail et passion. Pour le Petit Lillois, il se confie sur cette double-vie si particulière.

 

Que faisais-tu avant de créer Le Village du Panini et le Temple ?
J’ai commencé à bosser très jeune dans des boutiques de sport comme Foot Locker car j’ai arrêté l’école après le lycée. Vers mes 17 ans, on m’a formé dans la famille à faire des pizzas ainsi qu’aux rudiments du commerce. Trois ans plus tard, avec mes parents, nous avons ouvert une pizzeria à emporter sur Mons-en-Baroeul, la Pizza Maria. Je l’ai récupérée  à l’âge de 23 ans pour faire un peu mes armes tout seul, mais j’ai très vite eu envie de partir sur un plus gros projet. Dans les affaires, le plus dur c’est de partir de rien, sans argent ni contact. Mais dès que l’on a la force et l’envie, on peut y arriver.

 

Quelles activités as-tu développé depuis ?
À l’époque, je voulais m’installer autour du Stade Pierre Mauroy, tout juste construit. J’ai ouvert le village du Panini en février 2013, puis la pizzeria a fermé en septembre 2014. J’avais fait le tour. Début 2016, j’ai ouvert le Temple de manière éphémère pour un Lille-Lyon, mais les gens ont tellement adhéré que nous l’avons ouvert définitivement quelques mois plus tard, en mars. Depuis nous avons aussi l’Atelier et le Bar Ephémère Lillois avec ma femme, que nous gérons en évènement. Enfin, on peut nous retrouver sur le marché de Noël de Lille depuis dix ans.

 

Avant d’être le gérant de plusieurs établissements autour du stade, tu es surtout un vrai passionné du LOSC. Comment c’est arrivé ?
Mon père est un grand supporter du LOSC depuis qu’il est petit. Il allait seul au stade Henri-Jooris quand il était jeune, à vélo, et il demandait à des inconnus de lui donner la main pour entrer dans le stade gratuitement. C’était une autre époque, les enfants ne payaient pas leur place. Il m’a donc naturellement transmis sa passion. Mon premier match remonte à la saison 1989-1990, un Lille-Bordeaux. Mon père m’avait dit « Tu verras quand Lille marque, tout le monde saute de joie et s’embrasse… », j’avais hâte de voir ça. Hélas, le match s’est terminé sur un 0-0 bien ennuyeux mais c’est ce jour là que ma passion est née. Je la partage avec mon père encore aujourd’hui. Nous avons une relation père-fils très forte qui tourne beaucoup autour du foot.

 

Arrives-tu à voir les matchs des Dogues lorsque tu travailles ?
Nous avons tous les deux un abonnement. On arrive généralement vers la 20ème minute, quand le coup de feu est passé, et on repart vers la 87ème. Mon équipe et ma femme gèrent les commerces pendant le match. Même si on ne voit pas tout, on a la chance de bosser et voir la rencontre le même soir, on ne va pas se plaindre. Après, ç’a quand même été difficile à certains moments. Par exemple, il y a deux ans, lors de Lille-Guingamp, nous avons quitté le stade à 2-0 et une fois arrivé au Temple, le score était de 2-2. La rage. Il y en a eu pas mal comme ça. Mais aujourd’hui, avec mon père, quand on sort de la tribune Nord pour retourner au Temple, on contourne le stade par la gauche. On a remarqué que ça nous portait plus de chance. Si on le contourne par la droite, on se prend un but. Les fins de matchs du LOSC dépendent de nous (rires).

 

« Aujourd’hui, je ne me vois pas ailleurs qu’au stade. J’ai même déjà refusé plusieurs projets sur Lille »

 

Tu t’es aussi rapproché des DVE, le plus grand groupe de supporters du LOSC… As-tu des liens particuliers avec eux ?
J’étais proche de l’ancien président Fred et de son épouse, avec qui je suis encore en contact. Ce sont des personnes très sympathiques. Fred est quelqu’un de respectueux et humble. Depuis son départ, je n’ai plus trop de liens avec le groupe car beaucoup de jeunes sont arrivés et j’ai moins d’affinités avec eux. Je leur souhaite malgré tout de continuer à bien encourager notre équipe. Il y a encore des DVE qui viennent au Temple mais moins qu’avant. Ceci dit, ça n’enlève rien à l’ambiance festive devant le bar avant ou après la rencontre.

 

Par le passé, as-tu rêvé de tenir la buvette des supporters lillois devant le stade du LOSC ?
Ce n’était pas un rêve, tout est venu par un concours de circonstances. Ma vie est faite de concours de circonstances d’ailleurs, rien n’est calculé à l’avance. On avait déjà remarqué que les Lillois aimaient venir au Village du Panini car ils voyaient que mon père et moi étions de vrais amoureux du LOSC. L’ouverture du Temple était la suite logique car nous n’avions plus assez de place pour recevoir et servir tous les supporters avant le match. Aujourd’hui, je ne me vois pas ailleurs qu’au stade. J’ai même déjà refusé plusieurs projets sur Lille pour rester sur le parvis. Je n’ai pas envie de m’enflammer pour tout perdre derrière.

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Il n’y a pas seulement les matchs du LOSC mais aussi les concerts et d’autres rencontres sportives. C’est autre chose, une clientèle différente ?
A l’Atelier ou au Panini la carte est plus réduite car sur un concert, 100% des gens viennent manger contrairement au mode football où beaucoup mangent chez eux. Du coup on réduit la carte afin de servir encore plus vite les clients. Aussi, quand on ouvre pour le LOSC, certains de nos produits sont un peu moins chers car les supporters lillois viennent au moins 19 fois voir plus au Stade sur la saison, c’est normal dans leur faire des prix plus attractifs.

 

Tu préfères servir un soir de Lille-Marseille ou de concert de Justin Bieber à Pierre Mauroy ?
Lille-Marseille évidemment, et de loin ! De toute façon pendant les concerts je suis rarement au Temple, contrairement aux matchs de foot. Et d’ailleurs, cette année je préférais encore Lille-Paris car il y avait trop de pseudos-Marseillais sur le parvis, c’était bizarre.

 

En 2017, tu crées une bière, “La 96ème”, en hommage au but à la 96ème minute de Manu Bourgaud lors de la dernière journée de Ligue 2, qui permet aux Amiénois de monter à la place de Lens. Comment t’est venue l’idée ?
On a eu ce délire sur ma page Facebook, rien n’était calculé. Dans la foulée, ça commence à buzzer mais tout doucement, du coup on décide de faire cent bouteilles à la vente. On fait des précommandes lors d’un match amical, on en vend quatre-vingts. On se dit tranquille, il en restera vingt à vendre au prochain match. Et là dans la semaine, gros buzz sur la bouteille, des pages commencent à en parler sur internet. Puis ça devient incontrôlable, en faisant mes courses, j’entends qu’on en parle à la radio dans le supermarché. J’ai des demandes d’interview qui arrivent de partout, je refuse tout. Et au moment où ça commence à se calmer, le RC Lens parle de ma bouteille sur Twitter. Il montre carrément la bouteille avec un slogan « à consommer avec modération ». Derrière, le LOSC reprend et écrit « à consommer sans modération », et ça repart de plus belle.

La meilleure sollicitation restera celle de Manu Bourgaud lui même, le joueur d’Amiens. Il était super fier et en voulait pour sa famille. Mais je ne pouvais pas lui en livrer beaucoup tellement j’avais de demandes. Pour me remercier, il m’a invité chez lui. Je me souviens même qu’après son premier match du championnat contre le PSG, Manu Bourgaud est appelé en zone mixte. On lui demande s’il a réellement acheté des bouteilles de 96ème… Pour moi c’était le graal ! Nous avons ensuite déposé le nom afin que ça ne soit pas détourné par méchanceté car nous voulions que ça reste dans la vanne. D’ailleurs, on a arrêté d’en vendre pour ne pas être trop lourds.

 

Le chambrage et les réseaux sociaux te réussissent plutôt bien finalement ?
Oui, la page Facebook du Village du Panini plaisait déjà bien à l’époque. Ensuite avec l’ouverture du Temple, je me suis concentré beaucoup plus sur celle-ci qui regroupe pas mal de supporters lillois. Et ça fait seulement un an et demi que je suis sur Twitter, on est assez suivis pour un bar. En ce moment j’y vais souvent car on y retrouve beaucoup plus de gens proches du LOSC comme Anne-Sophie Roquette ou des gens qui travaillent à la communication du club. Le ton est différent de Facebook, il faut juste s’adapter. Sur Instagram, je publie des contenus plus personnels comme des vidéos de mon fils qui joue au foot.

De base, je suis plutôt chambreur. Avec mes potes, tu avais intérêt à l’être pour répondre à leurs vannes sinon tu étais mort. C’était un bon entraînement en fait. En plus de cela, les Lensois ne sont pas les plus durs à vanner. Ils me facilitent souvent le travail eux-même. Je pense même qu’ils me font même des cadeaux parfois, je les en remercie. Mais plus sérieusement, je crois que tout le monde a compris que c’est de l’humour. Il y a quelques années, on a pris cher aussi.

 

« Une fois, Fernando D’Amico est passé derrière le bar »

 

Hormis Manu Bourgaud, as-tu rencontré d’autres personnes connues grâce au Temple ?
Oui, Grégory Wimbée à l’époque du Village du Panini, ainsi que Sylvain N’Diaye. Greg avait ouvert un Five à Lesquin en même temps que j’ouvrais le Village du Panini, donc on a sorti un panini « Le Five ». Il bossait avec Franck Béria sur ce projet mais celui-ci n’est jamais venu au bar, je ne l’ai rencontré qu’à leur complexe. Depuis le Temple, Fernando D’Amico est venu plusieurs reprises. Une fois, il est carrément passé derrière le bar pour motiver les troupes avant un match important pour le maintien, c’était incroyable. La saison dernière aussi, le dernier match, nous sommes prêts à fermer et là, Fernando arrive avec sa femme. Il tape la bise à tout le monde et ça part en chansons jusque très tard. C’était magique.

 

Il y a aussi eu des moments plus difficiles comme le Lille-Amiens vécu à huis clos après l’envahissement de terrain en 2018. Comment vit-on ça en tant que commerçant dépendant de l’affluence au stade ?
Ç’a été très compliqué à gérer pour nous. Surtout qu’après ça il n’y a eu qu’un match à domicile en cinq semaines. On a eu un gros manque à gagner alors qu’on venait d’investir nos économies dans une maison.
Pour nous, c’est tombé au pire des moments, mais on a l’habitude de ne jamais rien lâcher. Du coup, nous avons quand même diffusé le match avec une tombola, des bières et des croque-monsieurs. Nous étions environ 200 devant le Temple. Le gros lot de la tombola était le maillot porté de Tavlaridis. J’avais réussi à négocier des fûts gratuits pour pallier le manque à gagner. Coca m’avait aussi aidé tout comme mon fournisseur Pomona. Les négociations furent difficiles mais je ne suis pas trop mauvais dans ce domaine heureusement. L’ambiance était plutôt bonne même si Amiens marque sur sa seule occasion.

 

Rebelote en ce moment avec la crise sanitaire et le COVID-19…
Dans le commerce comme dans la vie, il faut apprendre de ce genre d’épreuves. Avec le marché de Noël comme au stade, on a du faire face aux attentats terroristes, aux gilets jaunes, aux grèves… Du coup, ma femme qui gère les comptes a en quelque sorte créé notre propre fond de secours pour ne pas être trop en stress dans ces moments. Par contre, contrairement à ce qu’annonce la région, nous n’avons droit à aucune aide car notre entreprise est bien gérée. Nous vivons donc actuellement sur notre propre fond de secours sans attendre l’aide de qui que ce soit. Il ne faut compter que sur soi-même pour s’en sortir.

 

Pour finir, quel est ton rêve le plus fou en tant que gérant du Temple ?
Le plus fou, et de loin, serait que mon fils joue pour le LOSC au Grand Stade et qu’après les matchs il passe au Temple pour venir y servir des bières avec mon père et moi. À part ça, je n’ai pas vraiment de rêves. Je suis quelqu’un de terre à terre qui sait que la vie n’est pas simple, surtout quand on vient d’en bas.

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Emil Lyng : « Le LOSC a été une étape énorme pour moi »

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Attaquant du LOSC entre 2008 et 2011, Emil Lyng s’est confié en exclusivité au Petit Lillois sur son passage au LOSC.

A 18 ans, tu es passé des équipes jeunes de Arhus (Danemark) au LOSC. Comment as-tu été repéré et quel était ton ressenti face à cet intérêt du LOSC ?

Mon agent, Mikkel Beck (ancien joueur danois du LOSC devenu agent, ndlr), connaissait très bien le club. Grâce à ses contacts, j’ai pu réaliser un essai d’une semaine dans le Nord. Je me suis très bien senti et l’entraîneur, Claude Puel à ce moment-là, a aimé ce qu’il a vu. C’est sur la route du retour, quelques heures plus tard, que nous avons reçu un appel : le LOSC voulait me recruter. Je suis donc rentré chez moi pour parler à mes parents, mais ce fut rapide. C’était une chance pour moi d’aller à l’étranger et dans un si grand club comme le LOSC. Mikkel Beck ne m’avait dit que de bonnes choses sur le club et la ville. J’étais très heureux et fier de signer chez les Dogues.

 

Tu es arrivé à l’été 2008. À ce moment là, Rudi Garcia reprend les rennes du club. Comment se sont déroulés tes débuts ?

Plutôt bien. Je devais commencer avec la CFA, mais Rudi Garcia m’a très vite retenu en équipe A. Même si j’étais sous contrat pro, Claude Puel m’avait demandé d’intégrer le groupe réserve dans un premier temps, ce à quoi je m’étais préparé. Pourtant, à l’arrivée de Garcia, j’ai été convoqué au stage des professionnels lors de la pré-saison.

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Rudi Garcia a donc été un entraîneur important dans ta carrière puisqu’il t’a aussi permis de te lancer en Ligue 1, avec 4 matchs dès la première année…

Je ne m’attendais pas à jouer en Ligue 1 dès la première année. J’avais 19 ans, je ne parlais pas un mot de français. Ce n’était que du bonus pour moi, d’autant que je réalisais en parallèle de bonnes performances avec la CFA. Le niveau en Ligue 1 est bien plus relevé que la Ligue Danoise. C’était vraiment un grand pas pour moi.

 

Comment s’est passée ton intégration dans l’effectif ?

Très bien. Je sentais que tout le monde voulait que je me sente bien et que je fasse partie du groupe, surtout Rio Mavuba. Il m’a beaucoup aidé à m’intégrer. J’étais assis à côté de lui dans le vestiaire dès le premier jour. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec Emerson car nous vivions dans le même quartier, et d’autres jeunes joueurs comme Jerry Vandam, Idrissa Gueye et Eden Hazard. Cela m’a permis de parler français assez vite même si ça été difficile au début. D’ailleurs, durant les entraînements, Rudi Garcia faisait beaucoup d’efforts avec moi, il me parlait en anglais pour s’assurer que je comprenne bien les consignes. 

 

 « Moussa Sow m’a beaucoup impressionné »

 

Malheureusement, en mars, tu as été victime d’une rupture du ligament croisé, ce qui a ralenti ta progression…

C’était une période très difficile, et cela a été très compliqué pour retrouver mon niveau. Je me suis remis tout doucement vers la fin septembre, puis j’ai demandé à être prêté en Belgique durant l’hiver. Après 6 mois et 14 matches en tant que titulaire à Zulte Waregem, Rudi Garcia voulait que je revienne pour la saison 2010-2011.

 

2010-2011, la fameuse saison qui a permis au LOSC de réaliser le doublé Coupe-Championnat !

Je ne m’attendais pas à ce que nous soyons leaders si tôt dans la saison. Mais on avait une super équipe avec des joueurs très talentueux, aux profils très différents. Il me semble que nous n’avons perdu que 2 matchs lors de cette première partie de la saison. L’ambiance dans le groupe était vraiment incroyable.

 

Pourquoi avoir décidé de demander un nouveau prêt lors de la deuxième partie de la saison ?

C’était très difficile d’obtenir du temps de jeu, car j’étais en concurrence avec Gervinho et Eden Hazard. Je suis donc allé dans le bureau de Rudi Garcia pour lui demander si je pouvais être prêté parce que je devais jouer. Je voulais être présent à l’Euro U21 l’été suivant. Malheureusement, c’est peut être la seule chose que je regrette dans ma carrière. Parce que je n’ai joué que 4 matchs lors de mon prêt au FC Nordsjaelland. Je me suis blessé et je n’ai pas atteint l’Euro. Malgré tout, j’ai écrit l’histoire cette année là car j’ai marqué le but le plus rapide de la ligue danoise (8 secondes).

 

Emil LYNG – 10.07.2010 – Bordeaux / Lille – Match amical – Crédit photo : IconSport

 

Malgré le départ de Gervinho, qui aurait pu te libérer une place, tu as décidé de quitter le LOSC…

Comme je n’ai pas beaucoup joué, j’ai décidé de quitter définitivement le club. Avec le recul, je regrette un peu de ne pas être revenu après mon prêt. Mais je pense que LOSC n’était pas intéressé et en plus j’ai eu une bonne opportunité en Suisse à ce moment là.

 

Qui t’a le plus impressionné au LOSC ?

Tout le monde avait un rôle important, mais Moussa Sow m’a beaucoup impressionné. Il a inscrit 25 buts en 2011, c’est colossal. Eden Hazard affichait aussi un niveau de jeu très élevé mais les 25 buts de Moussa m’ont vraiment marqué.

 

Aujourd’hui, que retiens-tu de ton passage à Lille ? Suis-tu toujours le LOSC ?

Après le LOSC, je suis allé en Suisse et au Danemark. Puis j’ai commencé à bouger aussi pour essayer de nouveaux championnats et d’autres cultures (Hongrie, Islande et Ecosse). La France est avec l’Ecosse le pays où j’ai le plus aimé vivre. Evidemment, je suis toujours attentif aux performances du LOSC. Mon passage à Lille a été le meilleur de ma carrière. Je continue de visiter la ville quand j’en ai la possibilité et j’aimerais d’ailleurs découvrir le nouveau stade un jour.

 

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Je joue encore au foot mais au niveau semi-pro. Je travaille aussi comme scout dans une agence de recrutement. À l’avenir, j’aimerais être agent de joueurs et aider les footballeurs dans leur carrière.

Crédit photo : Dundee

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Interview de Thierry, supporter du LOSC à Madagascar

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Pour cette huitième édition de l’interview d’un supporter à l’étranger, nous avons pu interviewer Thierry, supporter du LOSC à Madagascar qui est un pays situé au large de la côte sud-est de l’Afrique. Nous avons pu notamment aborder les différences entre la France et Madagascar (qui a par ailleurs été une colonie française de 1897 à 1946 avant de devenir un territoire d’Outre-mer jusque 1958) ou encore du onze de légende des joueurs passés par le LOSC de Thierry, supporter de longue date de notre club de coeur.

Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Thierry, je suis né à Arras et je vais avoir 62 ans en avril. Je suis retraité d’EDF. La particularité de ma personne est que je suis expatrié à Madagascar à la ville de Mahajanga (Majunga en nom francisé) qui est une ville portuaire de la côte nord-ouest de Madagascar. Cette ville se trouve par ailleurs à l’embouchure du fleuve Betsiboka sur le canal du Mozambique. Son aire urbaine est d’environ 250000 habitants ce qui en fait l’une des villes les plus peuplées de Madagascar ! Outre cela, une de mes passions est bien évidemment le football, j’ai pu y jouer comme beaucoup au niveau district. Je me passionne également pour la photographie lors de randonnées mais c’est un autre sujet.

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Les différences entre la France et Madagascar sont difficiles à résumer. En réalité, ces deux pays ne sont pas comparables : en 2019, Madagascar occupait le cinquième rang du classement des pays qui produisant le moins de richesses par habitant alors que la France est actuellement la 6e puissance économique mondiale selon la banque mondiale et le FMI. À Madagascar, les infrastructures sont en ruines et la corruption est omniprésente : à vrai dire, ce sont les principaux maux des pays pauvres… Néanmoins la population reste optimiste et est très attachée à ses traditions.

Depuis quand supportes-tu le LOSC ? D’où vient cette passion ? 

Je supporte le LOSC depuis un derby Lens – Lille auquel mon père m’avait emmené. Dans les buts on pouvait apercevoir un certain Charly Samoy (joueur du LOSC de 1963 à 1974) et tout est venu de lui. Les années s’écoulent depuis ce match mais je m’en souviens comme si c’était hier. On a tous un match, un joueur qui a pu nous marquer. Moi ce fut surement lui pour une raison que j’ignore encore aujourd’hui !

 

« Quand la connexion fonctionne il n’y a aucun problème à suivre l’actualité du LOSC »

 

Comment le LOSC est-il vu à Madagascar ? Quels sont les joueurs français dont on parle le plus ? 

Le LOSC à Madagascar est malheureusement un club inconnu. Sans surprise, les deux clubs français phares sont l’OM et le PSG. Au final, ce sont souvent les clubs les plus médiatisés qui franchissent les frontières de la France. À Madagascar, le joueur français le plus célèbre est sans aucun doute Mbappé : des maillots floqués à son nom fleurissent de partout ! Sinon on entend beaucoup parler de Zidane et un peu de Platini bien que ce dernier pour les plus jeunes cela commence à devenir un peu abstrait…

Est-il difficile parfois pour toi de suivre l’actualité des Dogues de là où tu habites ?

Quand la connexion fonctionne il n’y a aucun problème à suivre l’actualité du LOSC à Madagascar. Le décalage horaire est de deux heures en hiver et d’une heure en été ce qui fait que si tu as Canal+ tu vois les matchs à 23h généralement. Sinon Facebook reste le moyen de communication le moins cher (à l’heure où tous les journaux sportifs sont payants par exemple) mais surtout le plus pratique. Ici, les coupures et délestages sont fréquents ce qui fait que le smartphone est essentiel à la vie à Madagascar pour diverses raisons, même en brousse !

En tant que supporter, comment as-tu vécu « l’ascenseur émotionnel » entre la survie pour le maintien et la qualification directe en Ligue des Champions ? Quels sont tes souhaits pour la fin de la saison ?

En un mot, je dirais avec flegme. À vrai dire, comme beaucoup j’ai connu les années où le LOSC jouait encore en Ligue 2 : je me souviens encore des pseudos-supporters ayant envahi le terrain pour s’en prendre à Thierry Froger (joueur du LOSC de 1978 à 1986). Rien ne justifie une telle violence et bizarrement, cette scène est encore dans ma mémoire. Même si rien n’allait à ce moment, rien ne pouvait justifier les agissements de certains supporters à la suite du match en 2018 contre Montpellier au Stade Pierre-Mauroy. Personnellement, étant d’un naturel optimiste, je ne les voyais pas descendre, c’était impossible. Au final, nous nous sommes maintenus quasiment à la dernière minute et j’ai bien fait de garder tout au long de la saison ma nature optimiste, ça m’a donné raison !

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Concernant la qualification en Ligue des Champions, pour être honnête avant que le championnat ne commence je n’y croyais pas. Je voyais une année de transition afin de bâtir de solides fondation. Peut-être est-ce l’âge mais le projet d’acheter et revendre me laisse (encore à ce jour) dubitatif. À titre d’exemple, je ne vois pas un seul jeune issu du centre de formation ! Ça me laisse tout de même perplexe : soit ils n’ont pas le niveau pour jouer en Ligue 1 soit il y a un problème de transition entre l’équipe réserve et l’équipe professionnelle. Personnellement, je ne vois pas d’autres solutions…

Concernant le classement du club en fin de saison, c’est difficile de se prononcer. Compte tenu des événements entourant le monde du football depuis quelques jours (COVID-19), il faudrait presque jouer les Mme.Irma pour savoir même si le championnat va reprendre. Sincèrement, je ne sais pas trop. Pour tout de même répondre à la question, je dirais entre la 2e et la 5e place.

Qu’as-tu pensé du parcours des Lillois en Ligue des Champions ?

Honnêtement, nous ne sommes pas encore à ce niveau mais ce n’est pas grâce, il est souvent difficile de construire le toit avant les fondations. Grâce à cette expérience, les joueurs ont pu mesurer le fossé entre la Ligue 1 et les joutes européennes. Ils vont grandir grâce à cela, c’est le principal point positif qu’il faut retenir de cette édition nous concernant !

Pourrais-tu nous donner ton onze des légendes du LOSC ?

C. Samoy (1963 – 1974) – M. Debuchy – M. Somerlinck (1945 – 1957) – C. van der Hart (1950 – 1954) – J. Ecker (1999 – 2002) – R. Mavuba – M. Ačimovič (2004 – 2006) – F. Balmont – J. Baratte (1944 – 1953 puis 1956 – 1957) – P. Pleimelding (1977 – 1981) – E. Hazard avec comme entraîneur José Arribas (1978 – 1982)

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